10/09/2026
J'ai longtemps pensé que mieux me connaître, c'était savoir qui je suis, mettre des mots sur mes blocages, mes fonctionnements, mes besoins, mes valeurs, mes envies, mes talents, etc.
Mais plus j'avance et plus je réalise que ce n'est qu'une partie de la question. Me connaître, ce n'est pas juste en apprendre plus sur moi, c'est aussi questionner tout ce que je crois être et devoir être.
Les phrases que je me répète depuis des années à propos de moi, les étiquettes que je me suis collées, celles que les autres m'ont données et que j'ai adoptées, les rôles que je pense devoir garder (la femme gentille, forte, autonome, parfaite, qui ne fait pas de vague).
Parce qu'avec les années, on se construit une identité, et sans s'en rendre compte, on passe notre temps à la confirmer sans jamais la remettre en question.
Et ce qui est fou, c'est de voir à quel point on peut rester fidèle à des parts de soi qui ne nous correspondent plus juste parce qu'elles sont familières, qu'elles nous ont aidées ou protégées à une époque, qu'elles sont "confortables", "rassurantes" et nous assurent de rester aimées et validées.
Quelque part, les garder, c'est conserver une certaine sécurité. C'est éviter de se regarder en face, les inconforts du changement, d'avoir le sentiment de "trahir" une ancienne version de soi et de se prendre des "t'as changé" par ceux qui préféraient cette ancienne version de nous.
Parce que changer, évoluer, ce n'est pas juste devenir quelqu'un et incarner une nouvelle identité. C'est aussi accepter de perdre des repères, de ne plus pouvoir dire avec certitude "ça, c'est moi" et de ne plus plaire à tout le monde.
Et au final, peut-être que le plus difficile et le plus inconfortable, ce n'est pas de savoir ou de trouver qui on est, mais d'avoir le courage de laisser partir ce qu'on n'est plus et ce qui ne nous sert plus.