Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,1.11-18.
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau.
Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.
Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »
Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.
Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. »
Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.
Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.
Bulle Saint Augustin (354-430)
évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermons sur l'évangile de Jean, n°121, 3; PL 35, 1955
Toucher le Christ spirituellement
« Jésus lui dit : Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père. » Ces paroles contiennent une vérité que nous devons examiner avec beaucoup d'attention. Jésus enseigne la foi à cette femme qui l'avait reconnu comme maître et lui avait donné ce titre. Le divin jardinier semait une graine de moutarde dans le cœur de Marie Madeleine, comme il l'aurait fait dans un jardin (Mt 13,31). Mais que signifie donc : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père » ?…
On peut dire que par ces mots Jésus a voulu que la foi qu'on a en lui, foi par laquelle on le touche spirituellement, aille jusqu'à croire que lui et son Père sont un (Jn 10,30). Car celui qui progresse en lui jusqu'à reconnaître qu'il est l'égal du Père monte en quelque sorte jusqu'au Père dans le secret de son âme. Autrement, on ne touche pas le Christ comme il le veut, c'est-à-dire on n'a pas en lui la foi qu'il demande.
Marie pouvait croire en lui tout en pensant qu'il n'était pas l'égal du Père : voilà l'erreur que le Seigneur écarte en disant : « Ne me touche pas. » C'est-à-dire : « Ne crois pas en moi dans l'esprit où tu es encore. N'en reste pas à penser à ce que je me suis fait pour toi sans aller jusqu'à penser à cette nature divine qui t'a faite toi-même. » Comment pouvait-elle ne pas croire encore de façon tout humaine en celui qu'elle pleurait comme un homme ? « Je ne suis pas encore monté vers mon Père, lui dit-il. Tu me toucheras quand tu croiras que je suis Dieu, parfaitement égal au Père. »
💚Le Semeur 💚
💚Que Dieu Tout-Puissant dans sa grande miséricordieux bénisse abondamment votre vie, votre famille et toutes vos entreprises 💚
!💚Que Bse Marie Inés Thérèse du très Saint Sacrement vous bénisse !💚
Marie Wilfried Vinakpo
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17/07/2023
Tout choc subi dans votre vie est une occasion pour le Diable de vous attraper, une voie de passage au Démon.
En effet, lors de la perte d'un être cher, les esprits démoniaques profitent de votre déchirement, de la fissure dans votre cœur pour s'y infiltrer, et pour ensuite prendre possession de votre corps.
Comment le Diable s'y prend-il ?
1 — Il entretiendra votre état de tristesse.
2 — Il vous inspirera la haine de Dieu.
L'homme a la fâcheuse tendance de s'en prendre à Dieu quand cela ne va pas... — « Homme de peu de foi ! » — sauf qu'il y a l'Adversaire, le Satan, qui ne chôme pas pour faire tomber et mourir les hommes. Persuader les hommes qu'il n'existe pas et que Dieu est responsable de tout mal est son passe-temps favori.
3 — Il vous amènera à rencontrer des médiums.
C'est sur ce dernier point que nous voulons nous attarder. C'est malheureusement suite au décès d'un être cher que l'on se pose des questions sur la mort, que l'on cherche à savoir ce qu'il y a après. La mort, avant, c'est à peine si l'on se sentait concerné par elle... Il faut pourtant s'y préparer et préparer sa place au Ciel pour ne pas se retrouver soit en enfer, soit au Purgatoire...
Et souvent, plutôt que d'aller vers la Vérité de l'enseignement du Christ, on va chercher des réponses du côté du Diable.
Il y aura toujours suite à un décès quelqu'un de votre entourage qui viendra vous conseiller un médium, ou un livre qui parle de communication avec l'au-delà, certains déposent même anonymement des livres de témoignages sur le contact avec l'au-delà sur la tombe du défunt à l'attention de la famille...
Et on se met à parler avec des démons en pensant converser avec l'âme du défunt...
"Lorsque je suis retournée sur la tombe de mon mari après son enterrement, il y avait un livre posé là. Il s'agissait du témoignage d'une femme qui communiquait avec les morts. Je me suis demandée d'abord qui avait bien pu le déposer sur la tombe. Puis, le soir même, j'ai commencé à le lire. Cela m'a fait un bien fou de penser que je pouvais rester en contact avec mon époux. Mais, au fil de ma lecture, des bruits survenaient dans la maison, il y avait comme une présence. Au départ, je pensais que c'était mon mari qui voulait me dire qu'il était là, auprès de moi. J'étais dévastée et je me suis accrochée à cette possibilité que c'était lui. J'ai voulu entretenir le contact en suivant le conseil d'une amie qui m'avait parlé d'un médium. Avec le temps, la présence est devenue agressive, je me faisais agresser dans mon sommeil et j'entendais proférer des menaces à mon égard. C'est un prêtre qui m'a aidée à m'en sortir. Et grâce au Christ, j'ai trouvé la paix intérieure."
Sachez que toute lecture mauvaise vous éloignera de Dieu et offrira un point d'accroche au Démon . Il vous testera en vous inspirant des mauvaises actions et surveillera votre résistance à la tentation.
Généralement, des phénomènes surnaturels se produisent presque immédiatement après le décès du conjoint, du fils ou de la fille, du père ou de la mère, etc. C'est une des tactiques du Malin pour que vous croyiez que le défunt souhaite prendre contact avec vous et que vous vous rendiez chez un médium. Ces phénomènes ne sont que la manifestation des esprits impurs qui tentent de vous faire tomber dans leurs filets, et ainsi vous damner. Car qui cherche à parler avec les morts, parle avec le Diable et offense Dieu.
On ne trouvera chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui scrute les présages, ou pratique astrologie, incantation, enchantement, personne qui use de magie, personne qui interroge les spectres et les esprits, ou consulte les morts. Car quiconque fait cela est en abomination pour le Seigneur ton Dieu, et c'est à cause de telles abominations que le Seigneur ton Dieu dépossède les nations devant toi. Toi, tu seras parfait à l'égard du Seigneur ton Dieu. Ces nations que tu vas déposséder écoutent les astrologues et ceux qui scrutent les présages. Mais à toi, ce n'est pas cela que t'a donné le Seigneur ton Dieu. (Deutéronome 18,10)
Ne cherchez pas à parler au défunt ; cette démarche ne vous fera que du mal. Priez plutôt pour lui afin qu'il trouve la paix, afin de l'aider à trouver les bras et le cœur de Jésus-Christ. Offrez vos souffrances à Dieu en réparation des péchés du défunt afin que son temps au Purgatoire soit écourté . Priez Marie pour qu'elle le protège durant sa Purification. Une fois au Ciel, il pourra prier pour vous à son tour. Priez Saint-Michel Archange pour qu'il le défende contre les démons. Car ils sont là, à l'heure de la mort, présents au jugement de son âme.
Le riche répliqua : « Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père.
En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture ! »
Abraham lui dit : « Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent !
– Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront. »
Abraham répondit : « S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus. » (Lc 16, 27-31)
Le seul comportement à avoir, c'est de continuer à aller à l'église, de demander à être suivi par un prêtre, de venir à la messe (au moins le dimanche), de refuser toute invitation à vous approcher de l'ésotérisme, de l'occultisme et des médiums, et de vous rapprocher plutôt de Jésus-Christ, Celui qui est l'Amour et qui portera avec vous vos peines et vos doutes, puisque sa croix est la vôtre et que votre croix est sa croix.
Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. (Mt 11,28)
16/07/2023
L’ANTICHRIST DÉMASQUÉ
Le seul rédacteur biblique à utiliser le terme « antichrist » est l’apôtre Jean. Comment le présente-t-il ? Notez ce qu’il en dit dans la première lettre qui porte son nom : « Petits enfants, c’est la dernière heure, et, tout comme vous avez entendu dire que l’antichrist vient, dès maintenant beaucoup d’antichrists ont paru ; d’où nous pouvons savoir que c’est la dernière heure. Ils sont sortis de chez nous, mais ils n’étaient pas de notre genre [...]. Qui est le menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ? Voilà l’antichrist, celui qui nie le Père et le Fils » (1 Jean 2:18, 19, 22).
L’apôtre Jean avait compris que l’antichrist englobe tous ceux qui propagent délibérément des mensonges religieux sur Jésus Christ et ses enseignements.
Que nous apprennent ces versets ? Jean parle de « beaucoup d’antichrists ». Cela montre que l’antichrist n’est pas un individu, mais un groupe d’individus. Les personnes et les organisations composant l’antichrist répandent des mensonges, nient que Jésus est le Christ, ou Messie, et tentent de déformer la nature de la relation entre Dieu et son Fils, Jésus Christ. Ceux qui constituent l’antichrist prétendent être le Christ ou ses représentants, mais ils se sont éloignés des véritables enseignements de la Bible. Jean précise en effet qu’« ils sont sortis de chez nous ». De plus, ce groupe existait à l’époque où l’apôtre a écrit sa lettre, durant « la dernière heure », vraisemblablement la fin de la période apostolique.
Qu’a encore écrit Jean au sujet de l’antichrist ? Parlant de faux prophètes, il fait cette mise en garde : « Toute parole inspirée qui confesse Jésus Christ comme étant venu dans la chair vient de Dieu, mais toute parole inspirée qui ne confesse pas Jésus ne vient pas de Dieu. C’est là, en outre, la parole inspirée de l’antichrist dont vous avez entendu dire qu’elle venait, et maintenant elle est déjà dans le monde » (1 Jean 4:2, 3). Puis, dans sa deuxième lettre, Jean explique à nouveau : « Beaucoup de trompeurs sont sortis dans le monde, des gens qui ne confessent pas Jésus Christ comme venant dans la chair. Voilà le trompeur et l’antichrist » (2 Jean 7). Incontestablement, Jean avait compris que l’antichrist englobe tous ceux qui propagent délibérément des mensonges religieux sur Jésus Christ et ses enseignements.
« LES FAUX PROPHÈTES » ET « L’HOMME D’ILLÉGALITÉ »
Un loup en vêtements de brebis
Jésus a annoncé que des faux prophètes, « des loups rapaces », viendraient en « vêtements de brebis ».
Bien avant que Jean n’écrive au sujet de tels imposteurs religieux, Jésus Christ avait recommandé à ses disciples : « Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous en vêtements de brebis, mais qui au-dedans sont des loups rapaces » (Matthieu 7:15). L’apôtre Paul avait aussi averti les chrétiens de Thessalonique : « Que personne ne vous séduise d’aucune manière, parce que [le jour de Jéhovah] ne viendra que si l’apostasie arrive d’abord et que l’homme d’illégalité se révèle, le fils de destruction » (2 Thessaloniciens 2:3).
Ainsi, au Ier siècle, des faux prophètes et des apostats étaient déjà actifs et s’efforçaient d’affaiblir la congrégation chrétienne. Le terme « antichrist » employé par Jean comprenait tous ceux qui répandaient des mensonges et des tromperies religieuses sur Jésus Christ et ses enseignements. Le point de vue de Jéhovah sur ces individus ressort des propos de Paul, qui les qualifie de « fils de destruction ».
ATTENTION À L’ANTICHRIST AUJOURD’HUI
Qu’en est-il de nos jours ? Les individus et les organisations qui constituent l’antichrist s’opposent toujours au Christ et à ses enseignements. Ils propagent volontairement des mensonges et des idées trompeuses dans le but de rendre obscures l’identité du Père, Jéhovah, et celle de son Fils, Jésus Christ. Nous avons de bonnes raisons de nous méfier de ces mensonges religieux. Examinons-en deux exemples.
Pendant des siècles, les religions chrétiennes ont propagé le dogme de la Trinité, affirmant que le Père et le Fils font partie d’une même entité. L’antichrist a ainsi enveloppé de mystère l’identité de Jéhovah et de Jésus Christ. Ce mystère empêche les personnes sincères d’imiter Jésus Christ et de s’approcher de Dieu, ce que la Bible les encourage à faire (1 Corinthiens 11:1 ; Jacques 4:8).
Les religions chrétiennes ont ajouté à la confusion en encourageant l’utilisation de versions de la Bible qui omettent le nom personnel de Dieu, Jéhovah. Elles ont agi de la sorte alors que le nom Jéhovah apparaît environ 7 000 fois dans le texte original de la Bible. Résultat, l’identité du vrai Dieu est devenue encore plus obscure.
Cependant, beaucoup de ceux qui adorent Dieu sincèrement se rapprochent de lui une fois qu’ils connaissent son nom .
Depuis des siècles, l’antichrist maintient des millions de personnes dans des ténèbres spirituelles. Mais grâce à l’étude de la Parole de Dieu, la Bible, nous pouvons découvrir la véritable identité de l’antichrist et être libérés des mensonges religieux et des enseignements trompeurs qu’il a répandus (Jean 17:17).
Point de presse du Cardinal Jean-Pierre Kutwa sur la situation sociopolitique de la Côte d’Ivoire
Jean Pierre Cardinal KUTWA
Archevêque d’Abidjan:
APPEL AU RESPECT DU DROIT DANS LA CONCERTATION
Dans certaines circonstances, le silence peut être synonyme de lâcheté et de complicité avec l’iniquité !
Chers compatriotes,
1. Dans la Bible, lorsque Caïn tua son frère Abel et que Dieu lui demanda où était son frère, il répondit qu’il ne savait pas et qu’il n’était pas le gardien de son frère (Gn.4,25). Qu’ils le confessent ou non, les disciples de Caïn sont ceux qui refusent de veiller sur leurs frères, ceux qui se montrent indifférents face à la détresse ou à la souffrance d’autrui. Dans ces circonstances, le silence peut être synonyme de lâcheté et de complicité avec l’iniquité !
2. Ma présente démarche qui consiste à nous interpeller, face à la crise que nous vivons actuellement s’inscrit dans un souci de contribuer à la recherche des voies et moyens, non seulement d’un vivre ensemble, mais d’un vivre ensemble dans l’unité. C’est bien ce que suggèrent les paroles du psalmiste quand il affirme : « qu’il est bon qu’il est doux pour des frères, de vivre ensemble et d’être unis » (Ps 133,1)
3. La vie socio-politique de notre pays aborde un virage dangereux. Au fur et à mesure que s’approche l’échéance des élections présidentielles, force nous est donné de constater la radicalisation des positions de part et d’autre. Celles-ci se sont d’autant plus accentuées depuis la déclaration de candidature du Président de la République le 06 août 2020.
4. Certains citoyens ont pris les rues pour appeler au respect de la Constitution, qui, selon eux, venait ainsi d’être violée. D’autre ont pris à contrepied ces manifestations. Cette situation a conduit à des violences inacceptables. Des citoyens d’un même pays, armés de gourdins, de pierres, de machettes et d’armes à feu, se sont livrés à des massacres d’un autre âge, causant, comme il fallait s’y attendre, des morts et d’innombrables blessés, sans compter des dégâts matériels.
5. Devant un tel spectacle désolant et déshonorant pour notre pays et pour l’Afrique, peut-on honnêtement rester inactif et passif, pour ne pas dire indifférent? Peut-on garder le silence et laisser le présent et l’avenir de notre pays être dévorés par l’épée et le feu ? J’ai cependant gardé un long temps de silence, dans le recueillement et la prière. Je me suis contenu dans l’espoir que la sagesse habite les uns et les autres. Mais l’allure que prennent les événements, avec les incertitudes qu’ils cachent, m’oblige à sortir de ma réserve pour ne pas être complice des graves dérapages que nous avons connus en si peu de jours, et que nous ne souhaitons pas revivre.
6. Ma responsabilité de pasteur se trouve engagée devant la nation, devant l’histoire de notre pays, devant le monde entier. Il s’impose donc à moi de dire une parole de consolation, qui en même temps, invite à la non-violence, au dialogue, au respect du droit et des lois, toutes choses sans lesquelles l’on ne peut bâtir un État moderne et paisible. On ne le dira jamais assez, il n’ya pas de paix sans justice et il n’ya pas de justice sans pardon. Voilà ce que je veux rappeler à ceux qui ont entre leurs mains le sort de nos populations, afin qu’ils se laissent toujours guider dans les choix graves et difficiles qu’ils doivent faire par la lumière du bien véritable de l’homme, dans la perspective du bien commun.
7. Le cœur meurtri de douleur, je me tourne vers les villes, les villages, les familles dont les membres ont été victimes d’atrocités. Certaines personnes ont trouvé la mort, d’autres grièvement blessés ; des biens acquis depuis de longues années ont été détruits. Je prie pour que les morts reposent en paix et que le Dieu en qui nous croyons, nous console ! Qu’il donne la guérison aux blessés et à ceux qui ont subit un traumatisme psychologique dû à l’inhumanité des actes dont ils ont été témoins ou même victimes.
8. Comment peut-on s’accommoder d’une telle tragédie, au point de ne pas s’indigner devant une violence qui a pris l’allure d’une norme ? Je ne puis me taire plus longtemps. J’en appelle solennellement à la conscience individuelle et collective afin qu’un terme soit mis à la violence et que place soit faite au dialogue.
9. La Côte d’Ivoire notre pays, est un pays de dialogue par tradition. Rappelons-le-nous ! Ne mettons pas le dialogue sous éteignoir pour emprunter des chemins qui n’honorent pas notre cher pays. Tout dialogue suppose deux individus ou des groupes d’individus. Tout dialogue implique le courage de regarder l’autre en face pour entrer en communication avec lui. L’on ne peut dialoguer sans faire un pas pour rejoindre l’autre. J’invite instamment tous les ivoiriens à renouer avec le dialogue pour que la parole, respectueuse des différences, prenne le pas sur les velléités d’embraser le pays.
Chers compatriotes,
10. Vous m’êtes témoins que je n’ai eu de cesse d’élever la voix pour nous supplier de nous accorder les uns aux autres, le pardon, chemin de réconciliation. La réconciliation est, nous le croyons tous, l’acte qui, après une crise, permet aux antagonistes de se retrouver et de repartir sur de nouvelles bases. Sans elle, aucune cohésion sociale n’est possible, puisque la rancœur, blottie dans notre subconscient, n’attend qu’une occasion pour refaire surface et briser la cohésion sociale tant recherchée.
11. Vous conviendrez avec moi qu’un environnement délétère n’augure rien de bon quant à l’organisation des élections. Comment, en effet, dans une ambiance perturbée par des récriminations et des malentendus autour des questions fondamentales, pourrait-on aller à des élections dignes de ce nom ? En vérité, la réconciliation est plus importante que les élections. Voilà pourquoi, il est totalement erroné de penser qu’il suffit d’organiser des élections, d’en déclarer un vainqueur, pour que les cœurs meurtris soient guéris et que la paix s’installe. J’ose encore une fois nous supplier : laissons-nous réconcilier les uns avec les autres ! Tout le reste ira de soi.
12. L’un des moyens pour aller à la réconciliation, est le respect des lois que l’on se donne bien plus que les élections. C’est ici que la maxime latine prend tout son sens : « Dura lex, sed lex : la loi est dure mais c’est la loi ». Cette pensée invite au respect de la loi même quand elle nous contrarie et va à l’encontre de nos intérêts du moment. Des explications des rédacteurs de la Constitution ont été suffisamment abondantes et partagées avec la population. De même, des communications par l’exécutif sur les sites officiels ont été faites pour expliquer la Constitution. A notre avis, il ne devrait pas avoir de lectures différentes, sources des affrontements actuels. Malheureusement la loi fondamentale de notre pays semble nourrir les violences, en ce que des écoles d’interprétations s’opposent et influencent la population qui s’engouffre dans des actes de revendications ou contre-revendications violentes. Pour ma part je crois que de tels conflits ne devraient pas avoir leur raison d’être.
13. En tout état de cause, qu’il me soit permis d’inviter tous les ivoiriens à emprunter les chemins scientifiques pour sortir de cette crise née de la compréhension de la loi qui fonde toutes les autres. Cela ne peut se faire à coup d’invectives, de machettes et de canons. En parlant de chemins scientifiques, je fais ici référence aux intellectuels, hommes de science capables d’indépendance intellectuelle et d’exégèse méthodique des textes, et notre pays n’en manque pas, pour que la lecture de sa loi fondamentale soit livrée à des courants politiques, au point qu’elle signifie à la fois une chose et son contraire, selon l’intérêt que l’on défend. A quoi servirait une boussole qui indique un jour le Nord, et un autre jour le Sud, selon les lunettes que l’on porte ? La loi fondamentale, qui peut être regardée comme une boussole, ne peut signifier, à la fois, une chose et son contraire.
14. Je voudrais inviter les uns et les autres à aller au dialogue et à la concertation, dans la recherche de solutions à cette crise qui n’augure pas d’un lendemain meilleur quant à l’organisation paisible des élections. J’insiste encore une fois pour vous rappeler que le respect de la loi est plus important que les élections.
15. La loi fondamentale de la Côte d’Ivoire s’ouvre par la reconnaissance des droits, des libertés et des devoirs par l’État (Cf art 1). Quel commentaire en faire sinon que, pour le législateur, ce triptyque forme un corps dont découle tout le reste. Le droit, les libertés et devoirs sont primordiaux dans toute société moderne, et l’État de Côte d’Ivoire s’est engagé à prendre les mesures pour son application effective. Les évènements de ces jours-ci laissent entrevoir que beaucoup restent à faire dans le rappel à tous des droits, des libertés et des devoirs, des individus et des collectivités. Cela ne peut se faire que loin des bruits d’intérêts électoralistes.
16. Seule la recherche du bien commun permettra à l’Etat et à ceux qui l’incarnent d’aider les citoyens à la connaissance et au respect des droits, des libertés et des devoirs de tous. Si le droit de la personne humaine, en général, et à la vie en particulier, est inviolable (Cf art 1-2), l’on ne peut le sacrifier sur l’autel des intérêts particuliers et des élections censées nous apporter la paix et le développement. Ma conviction profonde reste que le respect des lois est plus important et honore plus que la victoire à une élection.
Chers compatriotes,
17. Il est de notoriété que la force de la loi est et sera toujours à préférer à la loi de la force. Le premier est un chemin vers la paix dans le respect des droits, des libertés et des devoirs quand le second lui, est une voie qui éloigne de nous la paix et installe le désordre. Puissions-nous, dans un esprit civique et de concertation, donner à la loi toute sa force pour qu’elle nous aide à vivre dans la justice, la réconciliation et la paix, en vue d’une organisation consensuelle d’élection sans violence.
18. Je ne peux pas ne pas me tourner avec respect vers le Président de la République, chef de l’Etat dont la candidature à ces prochaines élections, n’est pas nécessaire à mon humble avis. Son devoir régalien de garant de la Constitution et de l’unité nationale appelle son implication courageuse, en vue de ramener le calme dans le pays, de rassembler les ivoiriens, de prendre le temps d’organiser les élections dans un environnement pacifié par la réconciliation. Comme le dit si bien un adage de chez nous : « on ne reste pas dans les magnans pour enlever les magnans. »
19. Je prie pour que chacun, dans l’exercice de sa responsabilité, ait la sagesse pour tout accomplir dans le strict respect des lois : que les appuis et les revendications se fassent dans le strict respect de la Constitution, particulièrement en ce qui concerne le respect du droit à la vie, droit inviolable selon notre Constitution (Cf art 3). Toute injustice sous quelque forme qu’elle se présente provoquera le désordre. Seule la justice qui reconnait à chacun ses droits et devoirs nous apportera la paix.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire et nous accorde sa paix !
Donné à Abidjan, le 31 août 2020
+ Jean Pierre Cardinal KUTWA
Archevêque d’Abidjan.
Le dogme de l'Assomption expliqué
Dans cette étude que je vous propose, j’aimerais mener un balbutiement pour situer bibliquement et théologiquement la doctrine de la montée de Marie au ciel.
L’Assomption est liée à l’immaculée conception
D’un point de vue biblique, nous affirmons que Marie est montée au ciel simplement parce qu’elle est sans péché. En effet, dans les deux récits de la création dans le livre de la Genèse, nous sommes tous d’accord que tout ce que Dieu a fait est bon et même très bon (Gn 1 et 2).
La mort est survenue lorsque l’homme et la femme ont péché. C’est le péché qui est à l’origine de la mort (Gn 2). C’est pourquoi saint Paul dira : « le salaire du péché c’est la mort » (Rm 6, 23). Si Marie, mère de Dieu n’a pas péché, elle ne peut donc pas mourir puisque le salaire du péché c’est la mort. De même si le Fils a détruit le péché et la mort, l’une des conséquences de la victoire du Fils sur le mal, c’est l’assomption de sa mère. Il faut préciser que le Fils est mort parce qu'il a porté nos péchés mais lui, il n'a commis aucun péché.
Si nous croyons que Jésus a pris la chair de la Vierge Marie, nous croyons de facto que cette chair est pure et sans péché car Dieu ne peut pas naître d'une chair marquée par le péché. La sainteté de Dieu et le péché sont incompatibles.
Si nous croyons que Jésus a pris la chair de la jeune fille de Sion et est devenu homme, nous croyons donc que cette chair n’a pas été terrassée par la corruption, elle est montée au ciel sans passer par la tombe.
Par conséquent, celui qui croit à l’incarnation, celui qui croit que Marie est mère de Dieu, proclame sans le savoir, l’immaculée conception de Marie et son assomption. Dès lors celui qui refuse l’immaculée conception et l’assomption, s’oppose de manière implicite à l’incarnation de Notre Seigneur Jésus-Christ. Donc, si l’incarnation est une vérité de foi, c’est que l’immaculée conception et l’assomption sont aussi des vérités puisqu’elles sont liées.
L’Assomption dans la Bible
Dans la culture juive, l’Assomption est présente puisque selon la tradition juive, Moïse a connu l’Assomption. Car après son ensevelissement en Dt 34, selon la tradition orale juive, l’archange Michel a emporté le corps de Moïse au ciel. De manière explicite nous avons l’Assomption d’Elie avec la théophanie à travers le char de feu et des chevaux (2 R 2,1-14). Les évangiles apocryphes, parlent aussi de l’Assomption d’Enoch. Donc dans l’Ancien Testament, Moïse fondateur du peuple Juif et Elie le plus grand prophète ont connu une Assomption.
Dans le Nouveau Testament, on ne parle pas de la mort de Marie, on ne parle pas de manière explicite de la fin de la vie de Marie. Il faut noter que le Nouveau Testament est surtout christocentrique, pneumocentrique et trinitaire. Les auteurs ont centré leur message sur Jésus et sur l’Esprit Saint sans oublier le Père. Le message qui est important c’est croire en Jésus Christ. Mais, la Tradition de l’Eglise qui interprète objectivement la Bible parce qu’elle est aussi à l’origine de la Bible comme livre, nous aide à comprendre certains événements qui ne sont pas nommément cité dans la Bible mais dont les faits sont réels dans les Écritures. C’est le cas de la Trinité, l’Assomption et autres. Le vocabulaire n’est pas dans la Bible mais les faits y existent. Dans le livre de l’Apocalypse, l’auteur a rassemblé au chapitre 11 les différentes figures qui ont connu l’Assomption.
Il ne cite pas Moïse et Elie de manière explicite mais, il énumère les actes qu’ils ont posés pour permettre au lecteur de remonter à eux. C’est dans cette dynamique qu’à la fin de ce chapitre, il cite l’Arche de l’Alliance qui apparaît dans le ciel. A partir de là on comprend qu’il veut nous renvoyer à Marie qui est en fait l’Arche de la Nouvelle Alliance. Voilà pourquoi la première lecture de la messe de l’Assomption commence par Ap 11,19 qui nous introduit directement à la figure de la femme de l’Apocalypse 12.
La dimension eschatologique de l’Assomption
Par sa mort, sa résurrection et son ascension, Jésus nous ouvre le ciel qui a été fermé après le péché d’Adam et Ève. En effet après leur expulsion du jardin, Dieu le Père a fermé le paradis et remis sa garde aux Chérubins (Gn 3,23). Jésus, Fils de Dieu, Vrai Dieu et Vrai homme, celui qui a été obéissant à son Père jusqu’à la mort, est le seul qui est digne de gravir la montagne et d’habiter dans le lieu saint, il est l’homme au cœur pur et aux mains innocentes (Ps 23). C’est lui qui peut entrer dans la gloire.
Voilà pourquoi dans la deuxième lecture de la messe de l’Assomption, saint Paul affirme que le Christ est le premier né d’entre les morts (1 Co 15,20-27). Avec sa mort, sa résurrection et son ascension, le Christ détruit la mort, il monte, ouvre le ciel et permet à l’homme de bénéficier de la rétribution céleste. Et la première qui est digne de bénéficier de ce privilège est la Vierge Marie. Comme son Fils, elle monte non parce qu’elle est dans la divinité, mais simplement parce que son Fils l’associe à sa propre montée.
Quand elle monte au ciel, Marie qui est une créature, montre à tout homme le chemin. Elle qui est la première en chemin, la première qui a dit oui, nous montre la fin du chemin, qu’est l’eschaton, le ciel. L’Assomption nous rassure et nous permet d’espérer. L’Assomption nous montre que la fin du chrétien n’est pas terrestre, le salut ne se résume pas au materiel, le salut ce n’est pas ce que nous voyons et nous avons, le salut c’est le ciel, c’est la nouvelle patrie. Par l’Assomption, Marie nous montre que notre oui au baptême doit continuer jusuq’au ciel.
La dimension ecclésiologique
Dans la Préface de la messe de l’Assomption, il est dit qu’en Marie au ciel nous trouvons l’Eglise triomphante, l’espérance de l’Eglise souffrante et l’Eglise pérégrinante. Marie anticipe en elle ce que doit être l’Eglise. Voilà pourquoi elle est la forme achevée de l’Eglise, elle est la figure eschatologique de l’Eglise, c’est-à-dire que ce que l’Eglise doit être à la fin des temps, c’est-à-dire sans ride, sans péché, Marie l’est déjà. Marie est à la fois membre de l’Eglise, mère de l’Eglise et la figure achevée de l’Eglise.
Que retenir ?
L’Assomption n’est donc pas une invention de l’Eglise. Dès les premiers siècles, les chrétiens célébraient la fin de la vie de Marie. Les Eglises orthodoxes conçoivent cette fin dans la dormition, c’est-à-dire que Marie s’est endormie dans la douceur dans la mort, entourée des apôtres soit à Ephèse ou à Jérusalem et son âme a été recueillie par un ange. Son corps a été déposé dans un tombeau caché et attend encore la fin des temps, le retour de son Fils. Alors que dans l’Eglise catholique, nous ne parlons pas de la mort de Marie et de son ensevelissement.
L’Assomption n’implique pas la mort, l’Assomption n’est pas une sorte de mort. L’Eglise catholique affirme que : « l’Immaculée conception Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste » (Constitution Apostolique « Munificentissimus DEUS» de Pie XII, le 1er novembre 1950.
La mort ne pouvait pas vaincre la Vierge Marie parce qu’elle est Celle qui a dénoué le nœud du péché et de la mort par la naissance du Christ. La doctrine de l’Assomption ne se comprend pas dans une sola scriptura radicale ni dans une spiritualité de : « l’Esprit m’a dit ». L’Assomption de Marie se comprend à partir de la Bible, de la Tradition et du Magistère de l’Eglise catholique. Donc Marie vit, elle n’est pas morte, voilà pourquoi celui qui casse les statues de Marie, ne tue pas Marie car elle est déjà au ciel.
Père Marius Hervé Djadji
Docteur en théologie dogmatique
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