11/02/2026
LA SITUATION ABRACADABRANTE DE BOBEAU : Le Patron et sa secrétaire (PARTIE 1/2)
Au 15ème étage de l’immeuble Roche au quartier Plateau, se trouvait un grand bureau. Dans ce bureau, il y avait un homme grand de par son talent de trader et un peu plus loin, presque dans un endroit isolé, une petite belle dame qui jetait son dévolu sur des piles de dossiers toute la journée. L’homme est monsieur Forcetin et la dame, madame Faustin. Il est primordial de préciser que monsieur Forcetin et madame Faustin ne sont pas mari et femme, mais patron et secrétaire, une simple coïncidence de la vie. Chacun est marié et vit avec son conjoint. Alors, pour sortir de cet amalgame, nous appellerons Madame Faustin par son nom de jeune fille, Vanessa.
Celui qui passerait une journée dans ce bureau du 15ème étage verrait une complicité fraternelle de huit ans liant ces deux êtres au point de rendre le travail doux et efficace. On aurait dit une sœur et son frère. Cependant, celui qui aurait un odorat plus poussé, une sorte de sixième sens, reniflerait des particules d’amour indolore flottant dans l’air du bureau. Huit ans de travail fraternel et acharné n’était pas huit jours. Obligatoirement, beaucoup d’eau a coulé sous le pont ; des habitudes fusionnelles se sont installées et les regards ont changé. Nous ne dirons pas qu’il existe une relation amoureuse entre ces deux êtres mais qu’il existe deux amours non reliés, sans pont. Chacun aimait chacun dans le silence, dans le travail. Cet amour, c’étaient par exemple Vanessa qui apportait au bureau un ragout d’igname chargé de bons morceaux de poulet et le partageait au déjeuner avec son patron OU ENCORE, le patron qui invitait Vanessa les midis dans les restaurants chics de la capitale OU ENCORE Vanessa qui massait les pieds du patron quand les journées semblaient interminables OU ENCORE le patron qui donnait beaucoup de sourires à sa secrétaire les fins de mois quand il remplissait, sans compter, une enveloppe de billets de banques de dix-milles ETC…
Dans ce bureau du 15ème étage, il y avait de l’affection, des sourires, du travail, et beaucoup de silence. Il ne manquait qu’une étincelle pour glisser ce tout dans les abimes de la jouissance. Cette étincelle, c’est l’homme qui l’allumera. D’ailleurs, pourrait-il en être autrement ? Peut-on compter sur la duplicité de la femme pour enflammer l’amour ? La réponse est simplement non.
Ce jour-là, en début de matinée, Monsieur Forcetin épinglé dans un costume rouge vif appela vigoureusement Vanessa et lui jeta au visage, comme pour se débarrasser d’un f***t resté trop longtemps sur sa tête : « Aujourd’hui soir, nous irons travailler sur un dossier au Golf Hôtel d’Abidjan. Nous y travaillerons toute la nuit jusqu’au matin. Prends tes dispositions ».
A suivre …..
BOBEAU
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