31/05/2026
LE CINÉMA DÉPASSE LES ARMES À F.EU.
Le jour où les Africains comprendront que le cinéma n'est pas seulement un divertissement mais aussi un puissant outil de programmation mentale, d'éducation, de transmission culturelle et de construction identitaire, ils commenceront à résoudre une grande partie de leurs problèmes, notamment cette pauvreté mentale qui continue de freiner leur développement.
Il existe un peuple africain que j'ai toujours observé avec beaucoup de respect pour son originalité, sa créativité et sa capacité à préserver son identité malgré les tempêtes de l'histoire : le peuple NIGÉRIAN.
Après des siècles d'esclavage, de colonisation et d'aliénation culturelle, de nombreux peuples africains ont perdu une partie de leurs repères. Des traditions ont disparu. Des langues ont été abandonnées. Des pratiques ancestrales ont été rejetées. Des noms africains ont été remplacés.
Pourtant, lorsqu'on observe l'histoire récente du Nigeria, notamment à partir des années 1960, on remarque quelque chose d'assez particulier.
Pendant que de nombreux Africains, surtout en Afrique francophone subsaharienne, cherchaient à ressembler à l'Europe ou au Moyen-Orient, les Nigérians continuaient à valoriser leurs langues, leurs noms, leurs coiffures, leurs traditions et leur culture.
Ils ont produit des intellectuels dans leurs langues locales.
Ils ont continué à raconter leurs propres histoires.
Ils ont refusé, dans une certaine mesure, de disparaître culturellement.
Puis est arrivé le cinéma.
Et pendant un temps, ce cinéma présentait l'Afrique sous un jour différent.
On y voyait des royaumes puissants.
Des traditions riches.
Des communautés organisées.
Des hommes et des femmes enracinés dans leur culture.
L'Africain n'était pas présenté comme un problème.
Il était présenté comme un peuple.
Mais progressivement, quelque chose a changé.
Les écrans ont commencé à se remplir d'images où l'Africain devenait le monstre.
L'ennemi.
Le danger.
Le sorcier.
Le destructeur.
Celui qui tue ses proches.
Celui qui sacrifie des innocents.
Celui qui représente le mal absolu.
Et pendant que ces images se répétaient année après année, génération après génération, beaucoup n'ont pas réalisé qu'elles finissaient par façonner l'imaginaire collectif.
Aujourd'hui, combien d'Africains ont peur de leur propre village ?
Combien ont peur de leurs traditions ?
Combien ont peur de leur propre spiritualité ?
Combien associent automatiquement tout ce qui est africain à quelque chose de dangereux ou d'arriéré ?
Faites une simple expérience.
Demandez à quelqu'un de dessiner ou de décrire un sorcier.
Dans la majorité des cas, il imaginera spontanément un Africain.
Pas un personnage venu d'ailleurs.
Mais un Africain.
Comme si, au fond du subconscient collectif, le mal avait fini par avoir notre visage.
Et c'est là que le cinéma cesse d'être un simple divertissement.
Parce qu'un peuple qui ne croit plus en lui-même finit par accepter toutes les dominations.
Un peuple qui a peur de son identité finit par abandonner son avenir.
Un peuple qui ne se voit jamais comme le héros de son histoire finit par devenir figurant dans l'histoire des autres.
La Chine utilise son cinéma pour renforcer son identité.
Le Japon utilise son cinéma pour renforcer son identité.
Les États-Unis utilisent leur cinéma pour renforcer leur identité.
Alors je pose cette question aux cinéastes africains :
À quel moment allons-nous utiliser le cinéma pour construire un narratif qui développe l'estime de soi, la souveraineté culturelle, la confiance et la fierté d'être Africain ?
À quel moment allons-nous raconter des histoires qui donnent envie aux enfants africains de croire en eux-mêmes plutôt que de craindre ce qu'ils sont ?
Car celui qui contrôle les récits contrôle souvent les rêves.
Et celui qui contrôle les rêves finit par contrôler l'avenir.
Doctor Ros House .The Sky Is No Longer The Limit.
..............,......Take Care Dear 💞🙏
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