19/02/2026
Par Me Fetta Sadat.
Trente-sept mois de silence judiciaire : quand l’attente devient un acte politique.
Trente-sept mois, soit 1122 jours que Chérif Mellal est privé de liberté. Trente-sept mois d’incarcération pendant lesquels son pourvoi en cassation n’a toujours pas été examiné.
Ce n’est plus un simple re**rd procédural.
C’est un silence. Et ce silence interroge.
Ancien président de la JS Kabylie, figure publique associée à un club dont la portée dépasse le cadre sportif, il reste détenu alors que l’ultime recours censé trancher définitivement sur le fondement de sa condamnation demeure en suspens.
Dans tout systéme judiciaire qui se veut crédible, la cassation n’est pas un détail technique : elle est la garantie suprême contre l’erreur, la méconnaissance de la régle de droit, voire l’arbitraire. Lorsqu’elle tarde, c’est la garantie elle-même qui vacille et mise en difficulté.
L’affaire Mellal n’est plus seulement judiciaire. Elle est source d' interrogations diverses et de toutes sortes .Car une justice qui prend son temps sans explication nourrit l’idée que le temps peut être utilisé comme un levier. Or le temps, lorsqu’il prive un homme de liberté en l’absence d’un examen définitif de son recours, cesse d’être neutre.
Plus grave encore, les plaintes déposées pour contester certains éléments ayant fondé la condamnation ont été classées sans suite.
Sans débat approfondi.
Sans clarification publique.
Trente-sept mois,1122 jours: c’est une sanction qui se prolonge pendant que le dernier mot de la justice n’a pas été prononcé. C’est une vie suspendue, une réputation figée, une famille dans l’attente. Mais c’est aussi une société qui observe si ses institutions sont capables de répondre avec rigueur et célérité.
La justice ne peut se permettre d’être lente quand la liberté est en jeu. Elle ne peut laisser croire que l’usure du temps vaut réponse.
Il est urgent que la plus haute juridiction se prononce. Non pour apaiser une polémique, mais pour réaffirmer un principe fondamental : dans un État de droit, la liberté ne doit jamais dépendre de la durée du silence judiciaire.
Liberté pour Chérif Mellal.
Liberté pour tous les détenu-e-s d' opinion et politiques .
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