20/06/2026
Feldenkrais et neuroplasticité : une étude de cas prometteuse, à lire avec discernement
Une étude publiée en 2024 (Reziti & Mikropoulos, Journal of Neurology & Experimental Neuroscience) a appliqué un protocole basé sur la méthode Feldenkrais — appelé "Neuroplasticity Scale" (NS) — à un patient de 38 ans atteint de sclérose en plaques avec ataxie sévère, instabilité posturale et spasticité.
Le protocole combinait des séances hebdomadaires en présentiel (intégration fonctionnelle et mouvements guidés verbalement) et un entraînement quotidien à domicile, sur 6 semaines. Les résultats rapportés sont notables : réduction progressive de la spasticité (absente en semaine 5), diminution de la fatigue, amélioration de la vitesse de marche (de 11,2 s à 7,47 s sur 10 mètres), meilleur équilibre statique et dynamique, et amélioration des fonctions cognitivo-motrices.
Ce que je trouve particulièrement intéressant dans cette étude, c'est la progression semaine par semaine et la dimension hautement individualisée du protocole — deux caractéristiques centrales de la méthode Feldenkrais.
Cela dit, soyons honnêtes sur les limites : il s'agit d'un cas unique, sans groupe contrôle, sans imagerie cérébrale pour objectiver les changements neurologiques. Les auteurs eux-mêmes le soulignent. On ne peut donc pas en tirer de conclusions généralisables.
C'est une étude de cas, pas une preuve. Mais c'est un premier pas documenté, rigoureux dans sa description clinique, vers une meilleure compréhension de ce que Feldenkrais peut faire — et pourquoi.