08/09/2026
⚠️ ATTENTION, GROS PAVÉ… mais celui-ci pourrait bien remettre en question quelques idées reçues. ⚠️
Pourquoi un thorax plus gros n’est-il pas forcément meilleur pour courir ? Pourquoi plus d’angulations ne signifie-t-il pas forcément plus fonctionnel ? Quel rapport entre alimentation, croissance, dysplasie, vitamine C, radicaux libres et biomécanique ? Et surtout : à quoi devrait réellement ressembler un Irish Wolfhound si l’on se rappelle ce pour quoi il a été sélectionné ?
J’ai essayé de réunir tout cela dans un seul article, en confrontant mes choix d’élevage aux données scientifiques disponibles.
☕ Prévoyez quelques minutes : c’est long, mais normalement, vous ne regarderez plus tout à fait votre chien de la même manière après.
Nourriture & biomécanique : quand la gamelle et la morphologie parlent aussi de santé
Hier, je vous ai parlé d’alimentation, mais aussi de certaines maladies que nous pouvons rencontrer chez nos chiens.
Aujourd’hui, j’ai envie de raccrocher les wagons.
Parce qu’une gamelle, une cage thoracique, des côtes plus ou moins rondes, des angulations, une encolure, une tête, une façon de courir ou une prédisposition à certaines maladies peuvent sembler être des sujets complètement différents.
En réalité, tout cela se rejoint.
Ce que nous mettons dans la gamelle agit notamment sur la croissance et l’état corporel. La croissance participe à la construction du chien. Et cette construction détermine en partie comment il se déplace, comment ses articulations travaillent, comment son thorax fonctionne pendant l’effort et comment les forces traversent son corps.
C’est cela, finalement, la biomécanique : comprendre comment la forme d’un animal influence ce qu’il est capable de faire avec son corps.
Avec une idée essentielle :
la morphologie, c’est aussi de la santé.
Pas toute la santé. Et certainement pas une garantie de longévité.
Un chien extrêmement fonctionnel peut malheureusement développer un cancer, une cardiopathie ou une autre maladie grave et mourir jeune.
Mais si nous savons qu’une construction influence la façon dont le chien court, respire, utilise ses articulations ou supporte certaines contraintes, alors elle mérite d’être regardée autrement que comme un simple critère esthétique.
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Le BARF maison : beaucoup moins simple qu’un morceau de viande dans une gamelle
Hier, je vous ai notamment présenté Sanalio, que je suis actuellement en train de tester.
Pourquoi est-ce que je continue malgré tout à préparer une grande partie de mon BARF moi-même ?
Parce que cela me permet d’individualiser énormément.
Mais soyons clairs : cela coûte plus cher et cela prend énormément de temps.
Ce matin, pour sept chiens : début à 6 heures, fin du repas à 7 h 35.
À 7 h 35, eux avaient terminé.
Moi, non.
Parce qu’après avoir manipulé plusieurs kilos de cru, il reste la cuisine à nettoyer : plans de travail, évier, couteaux, ustensiles, récipients, gamelles…
À cela s’ajoutent la préparation, les pesées, les éventuelles cuissons et surtout l’adaptation de chaque gamelle.
Parce que BARF ne signifie pas « poulet broyé ».
J’utilise différentes viandes, beaucoup de gibier, du lapin, du poulet, de la dinde, de la pintade, du canard, des os charnus, des abats, des œufs, des légumes, du riz, différentes huiles et des compléments calculés.
Chez mes chiens, par exemple, je donne très peu de bœuf parce que plusieurs le tolèrent mal. Cela ne signifie absolument pas que le bœuf soit mauvais pour tous les chiens.
Même chose pour les préparations toutes faites : chez Nova Canis, par exemple, la quantité d’os varie selon les recettes. Lorsque les selles de mes chiens deviennent trop blanches, sèches ou friables, je rééquilibre notamment en ajoutant de la viande.
« Mes chiens sont élevés au BARF »
Lorsque vous entendez cette phrase, posez quelques questions :
Qu’est-ce que vous mettez dedans ? Comment équilibrez-vous ? Pourquoi utilisez-vous tel produit ? Comment adaptez-vous pendant la croissance ?
On voit assez rapidement si la personne sait réellement ce qu’elle fait.
Et généralement, cela se voit aussi dans l’organisation de la cuisine ou de la pièce consacrée aux chiens : différentes viandes, huiles et sources d’acides gras, krill, levure de bière, compléments vitaminiques et minéraux, produits destinés aux articulations, etc.
Attention cependant : avoir vingt pots sur une étagère ne prouve absolument pas qu’une ration soit équilibrée.
Ce qui compte, c’est de savoir pourquoi on utilise quelque chose et dans quelle quantité.
Parce que le BARF et le mot « naturel » sont eux aussi devenus des arguments marketing.
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Un chien n’est pas une photographie
En exposition, nous avons pris l’habitude de regarder énormément la silhouette.
Le thorax. La ligne de dos. Les angulations. La tête. L’encolure. L’amplitude au trot.
Mais une morphologie n’est pas intéressante uniquement parce qu’elle dessine une jolie silhouette.
Elle doit fonctionner.
Et c’est là que la biomécanique devient passionnante, parce qu’elle démonte parfois certaines idées qui paraissent pourtant évidentes.
Par exemple :
« Plus un chien possède une énorme cage thoracique profonde et ronde, plus il aura de souffle et plus il courra vite. »
Cela paraît logique.
Mais ce n’est pas aussi simple.
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Un thorax de coureur n’est pas un tonneau
Les animaux dits cursoriaux sont adaptés à une locomotion terrestre efficace, notamment à la course.
Chez de nombreux quadrupèdes adaptés à la course, on retrouve une caractéristique importante :
un thorax profond, mais relativement étroit.
Profond signifie que le thorax descend bien.
Il ne faut donc surtout pas comprendre :
« côtes relativement plates = petite cage thoracique ».
Imaginez deux thorax vus de face.
Le premier ressemble davantage à un tonneau : très rond et très large.
Le second est davantage haut et étroit : il descend profondément, mais s’écarte moins sur les côtés.
C’est cette deuxième organisation qui caractérise typiquement de nombreux quadrupèdes adaptés à la course.
Thorax profond ne veut donc pas dire thorax rond.
Côtes relativement plates ne veut pas dire thorax peu développé.
Et surtout :
plus large ne signifie pas automatiquement plus performant.
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Parce qu’un chien ne court pas uniquement avec ses poumons
Pendant l’effort, toute la mécanique thoracique participe à la ventilation.
Chez le chien, lorsque le besoin d’air augmente pendant la course, le thorax travaille notamment beaucoup dans le sens dos-sternum : son expansion ne consiste donc pas simplement à « gonfler » énormément sur les côtés.
Mais il y a autre chose.
Le thorax se trouve entre les deux antérieurs.
Et les épaules du chien ne sont pas fixées au thorax par une grosse articulation osseuse rigide. Le tronc est en quelque sorte suspendu entre les antérieurs par une sangle musculaire.
Cela signifie que la largeur et la forme du thorax interviennent également dans la mécanique de l’avant-main.
Un thorax énorme n’est donc pas simplement « plus de place pour les poumons ».
C’est une organisation différente de tout ce qui doit fonctionner autour.
Voilà pourquoi les meilleurs coureurs ne sont pas simplement les animaux possédant la cage thoracique la plus grosse et la plus ronde possible.
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Regardez un Barzoï et un Dogue allemand
Deux chiens immenses.
Mais deux constructions complètement différentes.
Le Barzoï possède un thorax très profond mais relativement étroit, un ventre fortement remonté, des membres longs et une masse relativement contenue pour sa hauteur.
Le Dogue allemand possède davantage de largeur, de masse et de substance.
Cela ne signifie absolument pas que le Dogue allemand respire mal.
Il est simplement construit pour autre chose.
Le Barzoï est beaucoup plus spécialisé pour le galop.
Et malgré son gigantisme, l’Irish Wolfhound reste lui aussi un lévrier.
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Et le retournement d’estomac ?
Voilà justement un magnifique exemple montrant que morphologie et santé peuvent entretenir des relations assez contre-intuitives.
On pourrait penser :
« Si le thorax est plus étroit, l’estomac aura moins de place pour tourner. »
Cela paraît logique.
Mais ce mécanisme n’est pas démontré.
Au contraire, des travaux étudiant les proportions thoraciques ont trouvé qu’un rapport profondeur/largeur élevé était associé à davantage de syndromes de dilatation-torsion de l’estomac dans certaines populations.
Une étude portant sur 155 Irish Setters a notamment observé un risque significativement supérieur chez les chiens possédant les thorax proportionnellement les plus profonds par rapport à leur largeur.
Pourquoi parler d’Irish Setter dans un article principalement consacré à l’Irish Wolfhound ?
Parce que cette étude permet précisément d’étudier la relation entre les proportions du thorax et le risque de torsion.
Elle ne dit absolument pas :
« les côtes plates provoquent les torsions ».
Elle montre qu’une certaine proportion entre profondeur et largeur était associée au risque.
Le SDTE reste une maladie multifactorielle, où interviennent notamment prédisposition génétique, antécédents familiaux, âge, taille et conformation.
Voilà pourquoi il faut se méfier des raisonnements du type :
« cette forme est bonne pour ceci, donc elle sera forcément bonne pour tout ».
Le vivant fonctionne rarement comme ça.
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Les angulations : plus n’est pas forcément mieux
En exposition, on entend énormément :
« Ce chien manque d’angulations. »
À force, on peut finir par intégrer l’idée que plus un chien est angulé, mieux il est construit.
Non.
Une angulation, c’est l’angle que forment différents segments osseux entre eux.
Ces angles permettent aux membres de se plier, se déplier, amortir et pousser.
Imaginez un ressort.
Un membre très droit ressemble, en simplifiant, à un ressort déjà presque déplié. Il dispose de moins de possibilités de déploiement.
À l’inverse, un membre extrêmement angulé ressemble davantage à un ressort très comprimé. Il possède potentiellement beaucoup d’amplitude.
Mais encore faut-il pouvoir contrôler cette amplitude.
Trop droit peut limiter certaines amplitudes et modifier la transmission des forces.
Trop angulé peut, à l’inverse, réduire la stabilité et rendre la transmission de la puissance moins efficace.
Parce qu’une grande amplitude visuelle n’est pas forcément synonyme d’efficacité biomécanique.
Plus angulé ne veut donc pas dire meilleur.
La vraie question est :
cette angulation est-elle cohérente avec les autres segments du chien, stable sous charge et adaptée à sa fonction ?
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Le cheval de course permet de comprendre facilement ce principe
Chez le cheval de course, la relation entre conformation, performance et blessures a beaucoup été étudiée.
On ne s’est pas contenté de regarder les chevaux immobiles.
Les chercheurs ont mesuré leurs angles, les longueurs des segments, le bassin, les aplombs et différentes caractéristiques de conformation.
Puis ils ont regardé ce qui se passait réellement :
qui performait ?
Qui se blessait ?
Certains paramètres morphologiques ont été associés aux performances, d’autres à certains risques de blessures, et certaines caractéristiques pouvaient intervenir dans les deux.
Un chien n’est évidemment pas un cheval.
Mais le principe biomécanique reste extrêmement intéressant :
modifier la forme, c’est modifier la façon dont les forces passent dans le corps.
La biomécanique recherche donc des compromis, pas des maxima.
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Et surtout : l’avant doit correspondre à l’arrière
Imaginez un chien extrêmement angulé derrière, mais beaucoup plus droit devant.
L’arrière possède théoriquement une grande amplitude.
L’avant, beaucoup moins.
L’arrière veut aller loin. L’avant ne peut pas nécessairement suivre de la même manière.
Alors le chien trouve une solution.
Il compense.
Voilà pourquoi une angulation ne devrait jamais être regardée seule.
Le chien doit fonctionner comme un ensemble.
Un arrière-main spectaculaire lorsqu’un chien est parfaitement placé pour une photographie n’est donc pas automatiquement un arrière-main fonctionnel.
Et un chien moins spectaculaire à l’arrêt peut parfois révéler une mécanique remarquable lorsqu’il se met réellement en mouvement.
Une angulation d’exposition se regarde à l’arrêt. Une angulation fonctionnelle se juge aussi lorsque l’animal travaille.
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Fonctionnel ne veut pas forcément dire spectaculaire sur un ring
C’est aussi pour cela que certains de mes chiens n’ont pas particulièrement performé sur les rings de beauté.
Et cela ne m’a jamais posé de problème.
J’ai eu des chiens jugés « Très Bon », et je n’ai jamais considéré cela comme une insulte.
Au contraire.
« Très Bon », ça veut dire ce que ça veut dire : le chien est très bon.
On a parfois développé dans le monde de l’exposition une drôle d’habitude qui consiste à considérer qu’en dessous d’un Excellent, voire d’un classement, le résultat serait presque honteux.
Je ne partage absolument pas cette vision.
Un juge juge un chien, ce jour-là, selon un standard et ce qu’il observe sur un ring.
Moi, lorsque je sélectionne, je regarde également autre chose :
qu’est-ce que ce chien est capable de faire avec son corps ?
Je n’ai jamais prétendu vouloir sélectionner exclusivement des chiens de ring.
Certains des miens ont très bien réussi en exposition.
D’autres beaucoup moins.
Cela ne change absolument pas mon objectif :
je cherche avant tout un chien fonctionnel.
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Et « fonctionnel », ça veut dire quoi ?
Pas simplement :
« Il est capable de courir derrière un leurre. »
Je parle d’un chien dont la construction reste cohérente avec la fonction historique de sa race.
L’Irish Wolfhound n’a pas été créé pour faire trois tours de ring.
C’était un grand lévrier destiné à poursuivre et à affronter un gibier extrêmement conséquent.
Évidemment, personne ne demande aujourd’hui à nos chiens d’aller chasser le loup.
Mais lorsque je réfléchis à leur morphologie, je n’oublie pas pour quoi cette morphologie a historiquement existé.
Et cela ne concerne pas uniquement les jambes.
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Prenez la tête et l’encolure
Certains de mes chiens ont des encolures particulièrement puissantes et des têtes dont le museau peut paraître moins interminable et moins fin que certaines têtes rencontrées aujourd’hui en exposition.
Cela ne me dérange absolument pas.
Parce que là encore, je raisonne en fonction.
Lorsqu’un animal saisit, tire ou résiste à une force, celle-ci ne disparaît pas dans sa gu**le.
Elle traverse les mâchoires, le crâne, les muscles de la tête, l’encolure, puis le reste du corps.
C’est encore de la biomécanique.
La mâchoire est notamment un système de leviers. Modifier les proportions du crâne et des mâchoires modifie donc mécaniquement certains paramètres de son fonctionnement.
Cela ne signifie évidemment pas qu’un museau particulier serait « incassable », ni que l’on puisse résumer la force de morsure à la seule longueur du museau.
Musculature, géométrie du crâne, articulations et point d’application de la morsure interviennent également.
Mais cela signifie une chose importante :
la longueur et les proportions de la tête ne sont pas mécaniquement neutres.
Je veux conserver une tête de lévrier.
Mais une tête cohérente avec la puissance et la fonction historique de l’Irish Wolfhound.
Même chose pour l’encolure.
Je ne recherche pas le cou le plus énorme possible.
Je recherche un équilibre entre longueur, puissance et fonction.
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Un Irish Wolfhound doit pouvoir galoper
Évidemment que je veux un chien qui se déplace correctement au trot.
Évidemment que je regarde sa construction lorsqu’il est immobile.
Mais je veux aussi savoir ce qu’elle devient lorsque le chien fait ce pour quoi un lévrier est construit :
courir.
Comment accélère-t-il ?
Comment pousse-t-il ?
Comment utilise-t-il son dos ?
Comment tourne-t-il ?
Comment récupère-t-il ses appuis ?
Comment freine-t-il ?
C’est là que la morphologie cesse d’être un dessin.
Elle devient de la biomécanique.
Un défaut discret lorsque le chien trotte tranquillement autour d’un ring peut devenir beaucoup plus important lorsqu’il doit réellement produire et absorber de la force.
Et inversement, un chien moins spectaculaire lorsqu’il est placé pour une photographie peut révéler une mécanique extrêmement efficace lorsqu’il se met en mouvement.
À l’arrêt, on regarde une morphologie.
En mouvement, on commence à comprendre ce qu’elle permet.
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La morphologie, c’est aussi de la santé
La forme du thorax influence sa mécanique.
Certaines proportions thoraciques sont associées à certains risques pathologiques.
Les angles des membres modifient la manière dont les forces sont absorbées et transmises.
Les aplombs influencent les directions dans lesquelles ces forces passent.
La tête et l’encolure participent à d’autres fonctions mécaniques.
Et le poids modifie évidemment les charges que toutes ces structures doivent supporter.
Cela ne signifie pas qu’il existe une morphologie parfaite qui protège contre toutes les maladies.
Elle n’existe pas.
Cela ne signifie pas davantage qu’un excellent coureur vivra longtemps.
Un chien parfaitement fonctionnel peut malheureusement développer un cancer, une cardiopathie ou une autre maladie grave et mourir jeune.
La fonctionnalité ne garantit pas la longévité.
Mais cela signifie qu’un choix morphologique n’est jamais complètement neutre.
La morphologie ne fait pas toute la santé.
La fonctionnalité ne garantit pas la longévité.
Mais la morphologie n’est certainement pas seulement de l’esthétique.
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Et la nourriture revient forcément dans l’histoire
Parce qu’on peut sélectionner la construction la plus réfléchie possible : encore faut-il permettre au chien de grandir correctement.
Chez un chien géant, alimentation, vitesse de croissance, poids corporel, développement musculaire et activité interagissent avec cette construction.
La dysplasie de la hanche en est un excellent exemple : c’est une affection complexe dans laquelle génétique et environnement interagissent.
Sur le plan nutritionnel, l’excès énergétique, la prise de poids trop rapide et certains déséquilibres minéraux, notamment l’excès de calcium pendant la croissance, sont des éléments importants à surveiller.
Et c’est également ici que la vitamine C mérite d’être évoquée.
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Vitamine C, collagène et dysplasie : une vieille étude américaine intéressante
Le chien est capable de synthétiser lui-même sa vitamine C.
Cela ne signifie pas pour autant que son rôle physiologique soit sans intérêt.
La vitamine C intervient notamment dans la synthèse du collagène, essentiel aux tissus conjonctifs, aux ligaments et à la matrice osseuse.
En 1976, le vétérinaire américain Wendell O. Belfield a publié des observations portant sur huit portées de Bergers allemands issues de parents dysplasiques ou ayant déjà produit des descendants dysplasiques.
Les mères recevaient de fortes doses d’ascorbate pendant la gestation et les chiots étaient ensuite supplémentés pendant leur croissance.
Belfield rapportait ne pas avoir observé de dysplasie parmi les descendants étudiés.
Le résultat est intéressant, tout comme l’hypothèse concernant le collagène.
Mais cette étude ancienne présente d’importantes limites méthodologiques au regard des standards scientifiques actuels, notamment concernant la confirmation radiographique et le suivi.
Elle ne permet donc absolument pas d’affirmer :
« La vitamine C prévient la dysplasie. »
Elle permet en revanche de dire honnêtement qu’il existe une littérature historique et une hypothèse biologique intéressante sur le sujet, sans transformer cette hypothèse en certitude.
C’est aussi pour cette raison que, lorsque je supplémente mes chiens, je préfère comprendre ce que j’utilise plutôt que distribuer des produits au hasard.
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Et les radicaux libres ?
Les radicaux libres et, plus largement, le stress oxydatif font partie des mécanismes réellement étudiés dans le vieillissement.
Nos cellules produisent naturellement des molécules oxydantes au cours de leur fonctionnement.
En parallèle, l’organisme possède des systèmes antioxydants chargés de maintenir un équilibre.
Lorsque cet équilibre penche excessivement du côté oxydant, on parle de stress oxydatif.
Chez le chien, des travaux ont étudié différents marqueurs de ce phénomène, notamment les défenses antioxydantes et les dommages oxydatifs touchant les lipides.
Il s’agit donc bien d’un des mécanismes biologiques étudiés dans le vieillissement.
Mais là encore, attention aux raccourcis.
Dire que les radicaux libres expliqueraient à eux seuls pourquoi les chiens géants vivent moins longtemps serait faux.
La longévité dépend de multiples mécanismes : génétique, taille corporelle, vitesse de croissance, métabolisme, voies biologiques liées à la croissance, prédispositions à certaines maladies et cancers, stress oxydatif et probablement encore d’autres mécanismes.
Le stress oxydatif est une pièce du puzzle. Pas le puzzle entier.
C’est aussi pour cette raison que les antioxydants m’intéressent dans une réflexion nutritionnelle.
Pas parce qu’il suffirait de remplir une gamelle d’antioxydants pour fabriquer un Irish Wolfhound de douze ans.
Mais parce qu’ils interviennent dans l’un des mécanismes biologiques réellement étudiés.
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C’est finalement la même histoire partout
La vitamine C n’empêchera pas à elle seule une dysplasie.
Les antioxydants n’empêcheront pas à eux seuls le vieillissement.
Une cage thoracique parfaite n’empêchera pas à elle seule une torsion.
Une angulation parfaite n’empêchera pas toutes les blessures.
Une alimentation parfaite n’empêchera pas tous les cancers.
Et un chien parfaitement fonctionnel ne vivra malheureusement pas forcément longtemps.
Parce que la santé est multifactorielle.
Mais multifactoriel ne veut pas dire :
« Nous ne pouvons rien faire. »
Cela signifie qu’il existe de nombreux facteurs différents et que certains sont davantage modifiables que d’autres.
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Finalement, arrêtons de chercher « toujours plus »
Toujours plus de viande.
Toujours plus de compléments.
Toujours plus d’antioxydants.
Toujours plus de thorax.
Toujours plus de profondeur.
Toujours plus de rondeur.
Toujours plus d’angulations.
Toujours plus de longueur de tête.
Toujours plus de taille.
Toujours plus de poids.
Le vivant ne fonctionne pas comme ça.
Ce qui compte, c’est l’équilibre.
Lorsque vous regardez un chien, demandez-vous :
Pourquoi est-il construit ainsi ?
Que lui permet cette construction ?
Quelles contraintes lui impose-t-elle ?
Et est-elle cohérente avec ce que cette race est censée faire ?
Parce qu’un Irish Wolfhound n’est pas seulement une silhouette que l’on pose sur un ring.
Et un « Très Bon » reste un Très Bon.
Ce n’est ni une insulte ni la transformation miraculeuse d’un bon chien en mauvais chien.
Les résultats d’exposition sont une information.
La course en est une autre.
La santé en est une autre.
Le caractère en est une autre.
La longévité familiale en est une autre.
L’alimentation en est une autre.
Et le travail de sélection consiste justement à essayer de regarder l’ensemble du chien, plutôt que de sélectionner un thorax, une tête, une angulation ou un résultat indépendamment du reste.
Parce qu’au bout du compte, l’Irish Wolfhound reste un lévrier géant historiquement sélectionné pour poursuivre et affronter un gibier puissant.
Et un lévrier, avant d’être une photographie, c’est une mécanique faite pour se déplacer.