19/11/2025
🛶 Deux rives.
Un fleuve.
Et sur l’une d’elles, des pirogues prêtes à partir — ou à revenir.
Cette image me fait penser à ce que vivent beaucoup d’adoptés :
être entre deux rives, deux identités (ou double identité), deux histoires.
Avoir un pied d’un côté, un cœur de l’autre.
Naviguer entre « ici » et « là-bas »,
entre ce qui nous a construit…
et ce que l’on devient aujourd’hui.
✴️ Chapitre 2 — Entre 2 mondes
💬Ce que je partage ici vient à la fois de mon expérience d’adoptée et de ce que j’entends dans mon travail de coach et thérapeute (sans avoir la prétention de remplacer un psy) auprès d’adoptés et de parents adoptants.
Je parle surtout de l’adoption internationale, mais beaucoup de choses résonnent pour tous les parcours.
J’utilise l’approche Tête – Cœur – Corps, parce que dans l’adoption, ces trois dimensions sont toujours liées : ce qu’on pense, ce qu’on ressent, et ce que le corps garde en mémoire.
🧑🏾🧒🏽L'adopté
🧠 Tête I Quand l’identité devient un terrain de décalages
L’identité se construit aussi dans ces moments où quelque chose “accroche”.
Quand un animateur de colo te dit :
👉 « Ce ne sont pas tes vrais parents. »
Quand un adulte voit trois enfants noirs virevolter autour de ta mère et lui demande :
👉 « Ces enfants vous embêtent ? Je peux les faire partir. »
Ces phrases ne détruisent pas tout… mais elles réveillent la fissure :
« D’où je viens vraiment ? Pourquoi on me renvoie toujours que je ne corresponds pas ? »
Et si tu as grandi dans un endroit peu diversifié, le racisme, le harcèlement scolaire, les remarques sur ton physique… renforcent ce sentiment d’être “à part”, “en trop”, “pas à la bonne place”.
L’adoption peut ajouter une couche identitaire qui rend ces attaques plus profondes, parce qu’elles viennent toucher un terrain déjà fragilisé.
➡️ Qu’est-ce qui, dans ton histoire, continue de gratter dans la tête ?
❤️ Cœur I Le rejet, visible ou invisible
Grandir dans l’adoption, c’est souvent ressentir des secousses intérieures que les autres ne voient pas.
Le rejet (réel ou perçu) laisse une trace : ne pas être d’ici, ne pas être de là-bas non plus.
Être “toléré”, “accueilli”, mais rarement “évident”.
Avec ça vient la peur de l’abandon.
Une peur qui peut pousser à faire trop… ou à ne plus rien faire du tout, par peur d’être encore “trop” ou “pas assez”.
Ces réactions ne sont pas des défauts.
Ce sont les émotions d’un cœur qui a dû apprendre à survivre tôt.
➡️ Qu’est-ce qui, pour toi, réactive encore ce sentiment d’être “entre deux” ?
🧍🏾 Corps I Le lieu où l’histoire s’inscrit
Être adopté(e), c’est souvent porter une identité visible : peau, cheveux, traits…
Des signes qui attirent questions, projections, remarques.
Et quand on est adopté(e), ces discriminations peuvent être encore plus violentes, parce qu’elles s’additionnent à l’histoire de départ.
Le corps devient parfois un rappel constant : tension, hypervigilance, retrait, suradaptation…
Et pour beaucoup, il y a aussi les blessures vécues avant et/ou après l’adoption : violences physiques, sexuelles ou psychologiques, qui compliquent encore la relation au corps et au monde.
Ces réponses corporelles ne sont pas des caprices.
Ce sont des mémoires du trauma.
➡️ Ton corps, aujourd’hui, il te protège ? Il se ferme ? Il s’adapte ?
🧑🧑🧒Les parents adoptants
🧠 Tête I Comprendre ses décalages à lui, pas les vôtres
Votre enfant porte une identité qui n’est pas la vôtre.
Et parfois, le monde le lui rappelle brutalement : textes, remarques, racisme, harcèlement scolaire…
Ce n’est pas qu’il “sur-réagit”.
C’est qu’il navigue dans un espace où son histoire, son apparence et votre réalité s’entrechoquent régulièrement.
➡️ Comment abordez-vous chez vous les remarques, les questions, les décalages ?
❤️ Cœur I Accueillir ce qui se joue en dessous
Votre enfant peut ressentir du rejet là où vous ne voyez qu’un événement isolé.
Il peut avoir peur d’être abandonné sans jamais le dire clairement.
Il peut chercher à plaire “trop”, ou se couper complètement des émotions.
Ce n’est pas de la mauvaise volonté.
C’est une tentative d’éviter de revivre la blessure d’origine.
➡️ Savez-vous repérer quand c’est la peur (et non l’opposition) qui parle ?
🧍🏽Corps I Lire ce qu’il ne dit pas
Sa manière d’occuper l’espace, de se tenir, de se refermer ou de “sur-performer”, dit souvent plus que ses mots.
Le corps est souvent le premier lieu où les mémoires apparaissent :
tensions, blocages, évitement du contact, agitation…
Votre rôle n’est pas d’interpréter, mais d’offrir un espace où le corps de votre enfant peut exister sans être jugé.
➡️ Qu’est-ce que vous observez dans son corps quand il traverse une difficulté ?
✨Avancer autrement (pour adoptés ET adoptants)
✔️ Tête I Mettre du sens
La thérapie des schémas aide à comprendre :
Pourquoi je réagis ainsi aujourd’hui ?
Quelle croyance s’est construite dans mon histoire ?
Et comment la transformer pour ne plus me sentir “en trop” ou “pas assez” ?
✔️ Cœur I Réparer la sécurité intérieure
La thérapie Mosaic travaille directement avec les émotions :
peur d’être abandonné(e), colère, honte, rejet.
Elle permet d’apaiser l’intensité, sans revivre la scène traumatique.
✔️ Corps I Réapprendre à habiter son identité
Respiration, ancrage, mouvement, travail somatique…
Le corps apprend qu’il n’est plus en danger, et l’identité peut redevenir un espace à soi.
💬 Et toi…
Qu’est-ce qui résonne le plus : la tête, le cœur ou le corps ?
Adopté(e) ou adoptant, raconte-moi : je lis tout.
Likes, commentaires ou messages privés bienvenus.
́ ́motions
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