26/07/2026
Comment l'Ayurveda m'a remis sur mes rails 😅
Ma première fois en Inde relève complètement du hasard.
Enfin... presque.
Après un accident de voiture, je me retrouve avec un dos blessé. C'est à cette période que je découvre le yoga.
Dans le hall du studio où je pratique, je tombe sur une publicité pour un centre ayurvédique en Inde. Ma sœur, qui est avec moi, me propose de l'accompagner. Elle n'a pas envie de partir seule.
À cette époque, je sors d'une période difficile. Je viens de perdre, coup sur coup, deux personnes très proches de moi.
Ce voyage, je l'aurais probablement refusé en temps normal. Je n'étais pas quelqu'un de très aventureux. Pourtant, cette fois, j'accepte sans vraiment me poser de questions.
Comme beaucoup de personnes, j'avais une foule de clichés sur l'Inde. Je ne connaissais absolument rien à l'Ayurveda.
Tous ces clichés ont volé en éclats dès le premier jour et cette cure m'a fait un bien fou, je ne m'attendais pas à vivre une expérience pareille.
Les effets ont été immédiats... mais pas toujours agréables. J'ai eu l'impression que de vieux dossiers ressortaient. Des émotions anciennes remontaient à la surface, des douleurs enfouies réapparaissaient. Moi-même, j'étais surpris de ressentir tout cela. Je ne comprenais pas comment des soins corporels pouvaient provoquer un tel bouleversement intérieur. En tant que professionnel de santé, je ne comprenais pas vraiment ce qui m'arrivait.
Cela m'a rappelé ma découverte du yoga. À l'époque, certaines pratiques remettaient en question ce que j'avais appris pendant mes études de kinésithérapie. Je constatais que certains mouvements présentés comme « interdits » soulageaient pourtant mon dos.
Cette première cure reste celle qui m'a le plus bousculé. Je suis rentré profondément bouleversé. Pourtant, j'avais aussi la sensation que quelque chose s'était remis en mouvement. Et cette impression a continué à m'accompagner longtemps après mon retour.
Les cures suivantes ont été plus douces. Comme si le plus gros du travail avait déjà été fait. Comme lorsqu'on débroussaille un terrain laissé à l'abandon depuis des années : le premier passage est le plus difficile. Ensuite, il s'agit surtout de révéler ce qui était déjà là.
Je pense aussi qu'une partie du bien-être ressenti vient de la magie du Kerala. Sa nature luxuriante, ses habitants, son rythme de vie... tout invite à baisser la garde et à se sentir en confiance.
J'aime raconter une petite anecdote. Les premiers jours, j'avais mal... aux joues. J'ai fini par comprendre que c'étaient tout simplement des courbatures. Je souriais toute la journée. Partout les gens vous sourient naturellement et il devient presque impossible de ne pas leur rendre ce sourire.
Tout y est tellement différent de nos repères occidentaux que l'on s'ancre presque malgré soi dans le moment présent. Les odeurs, les couleurs, les sons, la chaleur, la végétation... tous les sens sont sollicités. Le mental, qui tourne souvent en boucle chez nous comme une radio qu'on n'arrive plus à éteindre, finit par baisser le volume de lui-même.
À chaque retour, je ressentais la même chose : j'étais plus léger, plus apaisé, plus moi-même.
Comme si, au fil des cures, j'enlevais des couches de vêtements accumulées au fil des années. Des vêtements trop petits qui empêchent de respirer. D'autres trop grands dans lesquels on s'emmêle les pieds. Certains grattent, d'autres entravent les mouvements. Il y en a même qui tombent devant les yeux et finissent par nous empêcher de voir clairement.
Il y a aussi ces vêtements que l'on ne s'est même pas choisis. Ceux qu'on nous a mis quand on était enfant, souvent pour nous protéger avec les meilleures intentions. Ou parfois des vêtements hérités de nos parents, voire de nos ancêtres, que l'on porte sans même s'en rendre compte, alors qu'on ne les a jamais demandés.
Le plus étonnant, c'est qu'à force de les porter, on finit par croire qu'ils font partie de nous.
Petit à petit, ces couches disparaissent. On prend davantage conscience de son propre chemin.
Et lorsqu'on change d'aiguillage, le passage secoue toujours un peu mais c'est souvent le signe que l'on est en train de reprendre la bonne voie.
Au fil des années, l'Inde, et plus particulièrement le Kerala, ont pris une place très importante dans ma vie.
Aujourd'hui, j'ai la chance d'accompagner d'autres personnes dans cette aventure. Pas pour leur faire vivre mon expérience, car chacun y trouve quelque chose de différent, mais pour leur permettre de découvrir ce pays et cette médecine traditionnelle avec leur propre regard.
Cette rencontre avec l'Inde restera sans doute la plus belle et la plus surprenante découverte de ma vie.