03/10/2026
La Corse vous a donné à manger, vous l'avez déshonorée !!
Editorial Alexandre Santerian
Il y a des actes que l’on ne peut réduire à une simple dégradation matérielle. Des actes qui, au-delà de la pierre brisée ou du socle renversé, touchent quelque chose de plus profond : une mémoire, une culture, une foi, une histoire, un peuple, une Nation.
La statue de la Vierge du Stabiacciu, depuis son installation était devenue un repère familier de Porto-Vecchio. Pour beaucoup de Corses, la représentation de la Vierge renvoie à bien davantage qu’une œuvre religieuse : elle appartient à une tradition profondément enracinée dans l’histoire et la culture de l’île.
Marie, dans la tradition catholique corse, est la Vierge protectrice, la figure maternelle à laquelle des générations ont confié leurs familles, leurs villages et leurs communautés. La Corse lui voue une dévotion ancienne et particulière. La Vierge est notamment honorée comme patronne et protectrice de l’île. A Santa Regina. Toucher à cette figure c’est porter atteinte à un symbole auquel sont attachés tous les corses. Mais aussi, tous ceux que la Corse a accueilli, et qui portent en eux ces valeurs universelles.
Ces 2 individus originaires de Bretagne ne représentent pas le territoire d'où ils sont issus, et pour lequel de nombreux combats ont été menés en commun. La Corse et la Bretagne sont des terres amies.
Ces 2 individus représentent une société dont les valeurs essentielles de respect et de partage n'existent plus. Une société de l'image, sordide, où chaque vue permet de faire le buzz sur TikTok jusqu'à l'ignoble. Et les exemples en ce sens sont nombreux sur le continent.
La Corse jusqu'ici en était relativement épargnée.
En comparant la ferveur née de la visite papale à Ajaccio qui a poussé nombre de jeunes corses à s'engager dans la foi, les confréries, et la piété, on peut contre-balancer avec la visite papale en France qui voit naître chaos lycéen, destruction, et violence.
Le Message de lumière était pourtant semblable, c'est la perception de cette paix qui trouve un écho différent, d'une société plus malade qu'une autre.
Ces 2 individus ont importé ce système perverti dans une terre qui les a nourri, hébergé, diverti.
Ils ont trahi la confiance que la Corse leur faisait.
Car que s’est-il passé ? Ce n'est pas un différent, une bagarre.
Une statue a été arrachée de son socle parce que l'un d'entre eux a voulu "BA..SER la Vierge", cette "PU..E" Les images ont été tournées volontairement et diffusées sur les réseaux sociaux. Le tout sous fond d'alcool qui ne saurait nuancer la gravité.
Voilà peut-être le visage d’une époque où le besoin de faire parler de soi, de provoquer, de récolter quelques secondes d’attention et quelques milliers de vues peut conduire certains à franchir toutes les limites, où la profanation, l'humiliation, et la provocation deviennent un spectacle.
Tous demandons leur départ, et il le faut. Pour autant il serait impensable que le fond de l'affaire ne soit pas jugé en Corse avant. Au risque que la colère légitime s'exprime.
La Corse est un territoire accueillant, sans doute trop, puisque il devient confronté chaque jour à des comportements qui donnent le sentiment que son hospitalité devient une faiblesse.