Silvat'Equus bis, éducation et dressage du cheval

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20/03/2025

06/03/2025: 6ème séance montée

J'ai un cheval qui a bien évolué, une gestion de l'équilibre satisfaisante, il tient ses épaules, il travaille dans une certaine rectitude, il arrive à mobiliser les différentes parties de son corps indépendamment les unes des autres... Je sens qu'il va être prêt pour aborder le travail du galop.

Il me reste néanmoins une vérification à faire, m'assurer d'avoir un cheval suffisamment disponible pour avoir un contrôle avancé des épaules au trot. Cela va me servir d'une part au galop car l'équilibre va forcément se détériorer, à la fois dans les départs, d'autre part au galop si j'arrive à obtenir le galop et enfin dans la transition pour revenir au trot.

Plus on monte dans les allures, plus les défauts d'équilibre se ressentent, donc sur un cheval qui est sur les épaules et qui se couche à l'intérieur au trot, on va forcément retrouvé le défaut amplifié au galop. Ça donne un galop souvent rapide, le cheval court après son équilibre, il risque de se faucher dans les tournants car il se couche trop à l'intérieur ou de s'échapper à l'extérieur après s'être couché à l'intérieur, de ne pas arriver à tourner et de se laisser emmener par son propre poids jusqu'à finir dans la lice... Ça ne sert à rien (et c'est dangereux surtout!) d'essayer de galoper si on n'est pas assuré d'avoir un contrôle minimum des épaules, d'où tout ce travail de dressage que je fais avant d'aborder le travail du galop, ma sécurité en dépend, et la sérénité mentale du cheval aussi, ça lui évite bien des moments de panique parce qu'il n'aurait pas géré son équilibre dans l'apprentissage du galop. Alors que bien dressé au trot au préalable, il a toutes les cartes dans ses sabots pour que ça se passe bien.

C'est pourquoi je vérifie par quelques épaules en dedans (pas trop exigeantes, on se fiche d'avoir des EED parfaites, on ne peut pas non plus faire des chevaux de grand prix en une semaine) qu'on peut déplacer a minima les épaules au trot et que donc le cheval n'est pas sur les épaules en perte d'équilibre vers l'avant.
Ce que me donne Joker me satisfait, c'est léger mais ça suffit, j'ai un contrôle suffisant pour pouvoir aller sur les premières tentatives de départ au galop.


17/03/2025

06/03/2025: début de la 6ème séance montée

On change de séance pour la 6ème et on reprend là où on s'était arrêté la séance précédente, par des déplacements des hanches. Cette fois je pars en cession à la jambe vers le milieu de la carrière.

Comme la dernière fois, Joker commence par ne pas trop répondre à ma jambe, puis à y coller en faisant l'inverse de ce qui est demandé, soit ramener ses hanches vers la gauche, s'appuyant contre ma jambe, alors qu'il devrait les déplacer vers la droite. Je maintiens mon cadre en place et je lui donne un temps de réflexion pour lui laisser la possibilité de revenir dans le cadre et de donner la bonne réponse, ce qu'il fait.

S'il ne l'avait pas fait, j'aurais fait une rêne d'ouverture vers la gauche pour le faire tourner à gauche, ce qui aurait eu pour effet de ramener les hanches vers la droite et de le faire mécaniquement céder à ma jambe gauche pour qu'il comprenne quelle était la bonne réponse. Même principe que d'habitude, ne jamais laisser s'installer une résistance trop longtemps, et surtout ne jamais céder avant le cheval sinon il va comprendre qu'il a donné la bonne réponse. Il n'aurait donc surtout pas fallu interrompre la cession à la jambe pour recommencer plus loin sans qu'il ait décalé ses hanches vers la droite.

Ensuite la difficulté est de garder un déplacement régulier, donc une impulsion régulière, une fois il déplace bien mais ralentit trop et du coup les hanches se décalent trop par rapport aux épaules (on dit qu'il "s'entable"), une fois il déplace mais va trop vite et les épaules s'échappent un peu trop vers la droite par rapport aux hanches et du coup on ne voit pas grand chose... Pas facile de garder un bon alignement et un cheval droit pendant toute la durée de la cession, mais c'est normal, il apprend, ça ne peut pas être parfait tout de suite.

Les deux tentatives suivantes sont déjà bien mieux, quand on explique bien, les chevaux comprennent très vite, et donnent volontiers la bonne réponse.

15/03/2025

05/03/2025: fin de la 5ème séance montée

Ça y est je commence à avoir un cheval qui se tient, qui se décontracte et qui est entre les mains et les jambes de façon plus régulière. On appelle ça une "mise en main" mais je dirais plutôt une "venue dans la main" parce qu'en aucun cas je n'ai fait une quelconque action pour "mettre" le cheval en main, pour le "placer", il y est venu tout seul...

La mise en main c'est le résultat de l'impulsion et de la gestion de l'équilibre du cheval. A aucun moment je n'ai "bidouillé" dans mes mains, mes mains ne bougent pas, ne tirent pas, ne reviennent pas vers moi, ne se baissent pas au niveau de mes cuisses ou de mes genoux (!) ne font pas ces droite-gauche que j'exècre, qui cisaillent en permanence la bouche du cheval et qu'on voit tellement chez tant de cavaliers... Alors oui les mains basses en faisant des droite-gauche, on agit sur les barres, ce qui cause de la douleur et qui a pour effet d'inciter le cheval à trouver une solution pour se soustraire à son mors. Il cède dans sa bouche (et je précise dans sa bouche, parce que ce n'est le cas que dans sa bouche) et vient se placer derrière son mors. Il est "en place", mais qu'en est-il de la propulsion, de l'équilibre, et de sa disponibilité mentale par rapport aux demandes de son cavalier? Dans cette configuration, même un cheval totalement en déséquilibre, sur les épaules, ou qui se couche à l'intérieur sur son cercle, sera quand même "en place".

Alors que dans mon cas, à partir du moment où le cheval n'est plus exactement en équilibre, décontracté, ou dans l'impulsion, il repasse au-dessus de la main, il s'ouvre, la tête remonte... Ce n'est pas grave au contraire! Il faut laisser faire, c'est un très bon indicateur pour savoir qu'à ce moment-là le cheval perd en justesse parce que c'est encore difficile et qu'il y a des choses qui ne sont pas encore acquises (comme ici avec Joker qui est en apprentissage), soit que notre travail à nous cavalier manque de justesse. Ce n'est pas plus long d'attendre que le cheval s'équilibre et vienne de lui-même dans la main que de "prendre" et de lui voler une prétendue mise en main, la preuve, il n'a fallu que 5 séances pour que Joker y vienne, pour qu'on passe d'un cheval de courses sur les épaules, tendu vers l'avant et en appui sur la main à un début de cheval de dressage qui commence à maîtriser son équilibre pour reporter du poids vers l'arrière, alléger et décontracter l'ensemble de son corps.

Les chevaux comprennent très vite (avec des variations selon les individus quand même, il y en a pour qui c'est un peu plus long, les chevaux au tempérament stressé par exemple, Joker est vraiment un très bon élève), ça peut être beaucoup plus long pour les cavaliers en revanche car cela suppose des centaines et des centaines d'heures passées à cheval, à tâtonner, à monter différents chevaux, à essayer de ressentir l'équilibre de chaque cheval à chaque instant, accepter de prendre son temps, de ne faire des séances qu'au pas en essayant de comprendre comment fonctionne son cheval, trouver son propre équilibre, son propre relâchement, pour que le cheval puisse se relâcher à son tour, acquérir de la stabilité à toutes les allures et même avec des trots de trotteurs 😅... C'est sûr, pour le cavalier, ce n'est pas aussi simple que de faire droite-gauche. 😉

Mais ça vaut la peine de travailler et d'être patient, vous aurez des sensations exceptionnelles quand vous serez assez stable et assez précis pour amener un cheval à "venir dans les jambes et dans la main", quand vous sentirez le cheval s'équilibrer, devenir léger et rendre tout son corps disponible pour répondre à vos plus infimes demandes, c'est la magie du dressage 🥰, le vrai, celui qui se pratique en filet simple (après la bride c'est pour faire joli)...

14/03/2025

05/03/2025: suite 5ème séance montée

J'avais déjà expliqué à Joker la jambe isolée pour déplacer les hanches, à l'arrêt, dans la séance précédente qui n'a pas été filmée à cause du mauvais réglage caméra.
Ici c'est la première fois que je lui demande de déplacer les hanches au pas. Je me suis fixée comme tracé l'ombre au sol, donc en théorie les antérieurs de Joker devraient rester sur la ligne de transition entre l'ombre et le soleil et les postérieurs en piste intérieure.

Evidemment rien n'est parfait, Joker est en phase de découverte. Il devrait être droit dans sa ligne du dessus, sans aucun pli ou alors vraiment très léger du côté gauche. La répartition de poids devrait être égale entre le latéral droit et le latéral gauche. On voit clairement que ce n'est pas le cas, quand je régule le pli de l'encolure avec ma rêne droite et qu'il vient dans la rectitude il perd l'impulsion et il ralentit trop ou s'arrête, ou il passe derrière mes jambes et il se retrouve en déséquilibre avec trop de poids sur l'épaule droite et trop de pli à gauche, il s'éloigne de la ligne d'ombre, et se retrouve dans l'incapacité de déplacer ses hanches, je dois remettre du mouvement en avant et le ramener sur le tracé.
Une fois qu'il est revenu devant mes jambes j'essaie à nouveau de déplacer les hanches, en régulant le pli de l'encolure pour éviter qu'il ne mette trop de poids sur l'épaule droite, il reperd l'impulsion, etc...
C'est très flottant pour l'instant et ça ressemble plus à de la contre-épaule en dedans ratée qu'à un déplacement des hanches, mais ce n'est pas grave, il apprend, l'essentiel est que je sente que par moments il répond à ma jambe isolée et mobilise ses hanches.

A la toute fin on voit qu'il écarte brièvement le postérieur gauche vers la gauche à l'extérieur au lieu de le ramener à l'intérieur, en opposition à ma jambe isolée, il "colle" au lieu d'accepter la demande. Il se heurte au renforcement de ma jambe et il a deux solutions, soit accepter la jambe isolée et ramener son postérieur vers l'intérieur, comprenant qu'il s'est trompé de réponse, soit persister dans la résistance et ne plus répondre à ma jambe. Il choisir la première réponse, tout va bien.
S'il avait choisi de résister, j'aurais résisté quelques secondes aussi mais je n'aurais pas pu tenir très longtemps et il aurait fallu désamorcer la résistance en opposant la tête aux hanches, et amener les épaules vers la gauche (l'extérieur) pour provoquer mécaniquement le report des hanches vers l'intérieur.

Même chose à l'autre main, il s'écarte du tracé au début mais après c'est plutôt régulier, c'est beaucoup mieux qu'à main droite, d'ailleurs j'agis très peu avec ma jambe, j'ai posé le cadre au début du mouvement, ensuite il reste dedans, ne cherche pas à traverser, mes aides sont donc passives.

13/03/2025

05/03/2025: suite 5ème séance montée

J'essaie petit à petit d'obtenir des départs au trot dans la même attitude, c'est-à-dire cheval en équilibre, pas plus de poids sur un latéral que sur l'autre, et qui part dans l'impulsion. Il doit être actif dans son pas et réceptif aux demandes des jambes pour pouvoir pousser dans sa transition au trot et ne pas "s'ouvrir" en creusant le dos. Quand il est dans la bonne configuration c'est tout naturellement qu'il va partir au trot en conservant la même attitude et la même décontraction.

Ensuite on continue le même travail au trot de recherche d'équilibre, et ça devient de plus en plus facile, dès que Joker sent qu'il vient en appui sur mes aides, il se replace de lui-même à la bonne place, il sait où il doit être pour ne pas rencontrer de résistance, il a compris comment il peut travailler sans stress, sans contractures et on observe un net relâchement dans son trot. La cadence ralentit, le trot gagne en rebond, Joker s'arrondit, il s'incurve autour de ma jambe intérieure sur les courbes... On est en train de passer d'un cheval qui "tombe" vers l'avant avec ses épaules à un cheval qui allège l'avant-main (prise d'équilibre) pour reporter du poids sur l'arrière-main et qui engage ses postérieurs sous la masse.

Pour l'instant il ne tient pas longtemps, ce n'est pas encore régulier, c'est encore difficile, il est en phase de découverte de ce mode de fonctionnement de son corps, ça demande beaucoup d'impulsion, d'ailleurs quand ça devient un peu dur il a tendance à repasser derrière mes jambes, voire à repasser au pas. Ce n'est pas grave tant qu'il repart en avant quand on remet ses jambes. Par contre s'il commence à ne plus répondre à la jambe, si vous sentez que quand vous agissez il ne se passe rien et que le cheval ne revient pas dans le cadre (devant la jambe), il ne faut surtout pas laisser s'installer la résistance sinon votre cheval deviendra de plus en plus collant à la jambe, lourd, ce qui rendra le travail laborieux pour vous, vous allez vous épuiser plus vite que votre cheval, et surtout il ne pourra plus y avoir de justesse dans votre travail et vous ne pourrez plus faire grand chose tellement votre cheval va devenir mou. Le cheval doit se porter tout seul, ce n'est pas à nous de le porter.

Evidemment il faut adapter les efforts et la durée des efforts, le cheval se fatigue aussi et il faut en tenir compte. Il vaut mieux demander peu et sur des périodes assez courtes mais être exigeant sur la qualité de la réalisation, de la disponibilité du cheval, de l'impulsion, plutôt que de demander beaucoup et longtemps en ayant un cheval trop fatigué pour pouvoir continuer à supporter l'effort.

Vers la fin de la vidéo sur le dernier passage du petit côté vers C, Joker commence à ralentir, à vouloir repasser au pas, et ne répond plus à ma jambe. Je maintiens mon action et mes jambes actives, je lui laisse un petit temps pour y répondre, ça ne vient pas, il colle, du coup je ne le laisse pas ne pas réagir trop longtemps, j'utilise le stick pour le décoller de ma jambe. Tant que votre cheval n'est pas parfaitement réceptif à vos aides, tant qu'il ne réagit pas encore "au souffle de la botte", il vaut mieux monter avec un stick pour le décoller de votre jambe plutôt que de laisser s'installer une résistance. C'est le même principe que le cheval qui se couche sur son cercle et qui vient traverser la main et la jambe intérieures, on résiste jusqu'à ce qu'il se rééquilibre et vienne se replacer où il doit être. Si le cheval vient traverser votre jambe pour repasser derrière, on maintient le cadre (et on le renforce si ça ne suffit pas) jusqu'à ce qu'il vienne se replacer devant.
Tant que le cheval n'est pas devant la jambe et en équilibre au trot, inutile de penser à aborder le travail du galop car toutes les résistances que vous avez au trot, vous allez les retrouver +++ au galop (si tant est que vous arriviez à obtenir un départ au galop...).

Ces premières séances où le cheval commence à faire l'effort de s'équilibrer et d'engager ne doivent pas durer trop longtemps. Faites des pauses après les périodes de trot, travaillez autre chose entre deux trots, ça peut être l'occasion de travailler les déplacements latéraux au pas par exemple.

12/03/2025

On passe à la 5ème séance montée du 5 mars, pour plus de clarté je noterai le numéro de la séance et la date en haut de chaque post à partir de maintenant sous ce format: 05/03/2025: 5ème séance montée

Il y a eu une 4ème séance montée le 4 mars mais j'ai fait je ne sais pas quoi avec la caméra, elle était mal réglée et elle suivait la croupe du cheval donc la moitié du temps on était hors champ, la vidéo était inexploitable, mais il n'y avait rien à voir de plus que sur la première vidéo ou celle-ci, j'ai simplement continué à faire le même travail d'incurvation et d'apprentissage de la gestion de l'équilibre qu'expliqué précédemment, travail qu'on retrouve ici sur cette vidéo, mais celle-ci sera intéressante car on peut déjà constater un changement dans l'attitude de Joker.

Sur le passage du 1er coin, on est de dos, mais on peut nettement voir que Joker a l'intention de couper le coin, il met du poids sur son épaule interne pour tourner avant le tracé que j'avais prévu. Je l'empêche de partir sur le tracé que lui a décidé (couper le coin), je résiste sur mes rênes et ma jambe intérieure, et comme il a compris le truc, il revient facilement à la place qui est la sienne entre mes aides. Il rééssaie quelques foulées après, à nouveau je bloque, à nouveau il revient.

Le petit côté se passe bien, il est à sa place, en équilibre, je n'agis donc pas ou trop peu pour que ça se voit, pour éventuellement corriger un très léger déport de poids. On passe le second coin et on aborde le grand côté, où Joker "colle" la lice en sortie de coin, se traversant, les épaules vers l'extérieur, les hanches vers l'intérieur. Je lui demande de ramener ses épaules devant ses hanches pour revenir dans la rectitude.
Autant les toutes premières séances je laisse passer beaucoup de choses, me contente d'un report de poids une fois que le cheval a traversé mes aides et surtout sur les courbes, pour lui faire comprendre le principe, autant petit à petit les séances suivantes, je deviens plus exigeante puisque le cheval a parfaitement compris, qu'il est plus réceptif à mes aides, qu'il commence à se décontracter, qu'il a gagné en propulsion et je cherche à ce qu'il travaille dans la rectitude à chaque instant.

Ainsi sur la ligne droite les deux blocs épaules / hanches doivent être alignés (comme dans l'arrêt au carré sur la dernière vidéo). Un très bon exercice pour vérifier l'alignement des épaules et des hanches et pour travailler le contrôle de l'équilibre latéral, c'est de faire le grand côté en piste intérieure (donc légèrement en décalé de la piste habituelle le long de la lice, à 2m, 3m, 4m...), le cheval aura tendance à vouloir rejoindre la piste, à vous de contrôler les épaules. 😉

On peut voir que dans les moments où Joker vient se placer entre mes aides et est en équilibre, il se décontracte et s'arrondit. Pour l'instant ça ne dure pas, car il est encore flottant dans son équilibre, il ne se gère pas de lui-même je suis obligée d'intervenir régulièrement, mais ça vient.

Vers la fin du grand côté, il anticipe le coin qui arrive et commence à mettre du poids sur son épaule interne. Il se heurte à ma rêne et ma jambe intérieure, mais au lieu de les respecter et de revenir dans le cadre, il résiste lui aussi, et comme je ne cède pas non plus et que je ne le laisse pas avancer en perte d'équilibre, on va jusqu'à bloquer complètement le mouvement en avant, il s'arrête, se traverse avec les hanches qui rentrent à l'intérieur, et j'attends qu'il finisse par revenir dans le cadre.

J'attire votre attention sur le fait que ce travail, non préparé à pied au préalable, peut provoquer des réactions de défenses violentes et dangereuses, il y a certains chevaux qui, lorsqu'ils se retrouvent bloqués sans que les aides cèdent avant eux, paniquent, se cabrent, voire se retournent sans prévenir. Le cheval doit avoir appris à réagir de façon correcte à ce genre de situation, à ne pas se mettre en défense, à supporter la contrainte et à céder à la pression. Si ce n'est pas le cas, il peut être dangereux à un moment ou un autre... En balade par exemple, s'il a décidé d'avancer alors que vous devez vous arrêter pour traverser une route où passent des voitures, que vous le bloquez, qu'il ne supporte pas la contrainte, soit vous risquez des défenses, soit que le cheval traverse vos aides et avance quand même... Apprendre à un cheval à supporter la contrainte est absolument nécessaire à partir du moment où on veut faire des choses avec ce cheval, pour garantir au maximum la sécurité de tous. Un cheval dressé est un gage de sécurité. Evidemment on ne peut pas empêcher toute réaction de surprise ou de peur, mais on peut apprendre au cheval à accepter et respecter vos aides quand vous allez agir pour contenir ces réactions de surprise ou de peur et à se décontracter bien plus vite qu'il ne l'aurait fait de lui-même sans avoir appris à le faire.

Joker, une fois bloqué, sait comment il va supprimer la contrainte, il accepte mes aides, cède à ma jambe, repart en avant, et se retrouve en confort sans plus aucune contrainte une fois bien placé.

Ensuite épaule en dedans, qui est déjà bien plus fluide que sur la vidéo précédente, je dois à peine le freiner pour qu'il n'avance pas vers l'intérieur, il répond à ma jambe, je régule juste encore un peu les épaules mais il est déjà beaucoup moins en tension sur son mors, il s'arrondit, il se tient, il progresse.

10/03/2025

Toujours la même troisième séance montée du 3 mars avec Joker et il y a plusieurs choses à voir dans cette vidéo.

Début de la vidéo, je veux tourner à droite, Joker va pour tourner mais en mettant du poids sur son épaule droite et ne respecte pas ma rêne droite ni ma jambe droite qu'il essaie de traverser (c'est normal il est en apprentissage, il a toujours tourné de cette façon jusqu'à maintenant, il fait ce qu'il sait faire). Je ne le laisse pas tourner comme ça, j'oppose la même résistance que lui jusqu'à ce qu'il trouve la bonne réponse, se place correctement et vienne dans l'incurvation, je le laisse ensuite tourner.

On continue par une diagonale, donc une ligne droite. Sur la ligne droite même chose, on cherche à avoir un cheval en équilibre latéralement, donc qui a une égale répartition entre le latéral droit et le latéral gauche. (latéral = 2 membres d'un même côté) C'est la rectitude. Idem que sur la courbe, si on sent que le cheval met plus de poids sur une épaule que sur l'autre on résiste jusqu'à ce qu'il se rééquilibre.

Je demande un arrêt un peu plus loin sur cette diagonale. Joker s'arrête mais il met un peu de temps à réagir à la fermeture de mes doigts, il traverse ma main, l'épaule droite notamment est passée devant, et se retrouve arrêté en avant du cadre que j'avais posé. C'est logique car jusqu'à maintenant il est toujours très ouvert et toujours un peu en résistance sur son mors, l'encolure est contractée, il lève la tête, la bouche s'ouvre... Encore une fois c'est très normal à ce stade du travail. A ce moment-là, si je cède dans ma main et que j'ouvre mes doigts avant qu'il soit revenu dans le cadre je lui apprends à traverser ma main. Je garde donc mes doigts fermés, en résistance et j'attends que ce soit lui qui trouve la bonne réponse, qu'il trouve très rapidement d'ailleurs, il commence à comprendre le mécanisme. Il fait un pas en arrière, reportant le poids qu'il avait mis sur son épaule droite au même niveau que son épaule gauche, il est en équilibre (c'est comme ça qu'on obtient des arrêts "au carré") il supprime la résistance et on peut déjà observer un relâchement musculaire de l'encolure et de toute la ligne du dessus. Evidemment quand on repart, Joker "s'ouvre" à nouveau et se raidit sur son mors, je mets des jambes pour ne pas laisser s'installer la résistance, mes mains et mes jambes forment mon cadre, Joker doit venir dans ce cadre, dans la main et dans les jambes. Petit à petit je vais être plus exigeante sur l'impulsion et la réponse à la jambe, ça va être indispensable pour la suite du travail, le cheval doit répondre à la moindre pression, à la moindre indication de notre jambe et devenir "léger".

On arrive au grand côté et je demande une épaule en dedans. L'épaule en dedans est l'exercice de base par excellence pour le contrôle des épaules, de l'équilibre et de l'impulsion. Elle consiste à conserver de l'incurvation comme si on était sur un cercle tout en allant sur la ligne droite. Elle est formatrice pour le cheval car elle lui explique qu'impulsion ou mouvement en avant n'est pas synonyme de fuite vers l'avant. Il peut avancer tout en allant de côté sans perte d'équilibre. Un cheval a un équilibre naturellement sur les épaules (et un cheval de courses encore plus!), pour pouvoir se déplacer latéralement, il doit reporter du poids vers l'arrière et alléger l'avant-main. On contrôle alors, en plus de l'équilibre latéral dont on a déjà parlé, l'équilibre longitudinal, qui correspond à la répartition de poids entre l'avant-main et l'arrière-main.
La maîtrise de l'épaule en dedans au moins au pas et dans une certaine mesure au trot est pour moi une condition indispensable avant d'envisager tout travail du galop.
Donc toujours même principe ici, quand Joker essaie de quitter le tracé demandé (la ligne droite le long de la lice), je résiste comme je le ferais sur un cercle, jusqu'à ce qu'il se place correctement. Lorsqu'il est correctement placé par rapport au cadre posé, je garde seulement mes aides en place sans agir, jusqu'à ce qu'il essaie de ressortir du cadre. Au début c'est normal de ne pas avoir une épaule en dedans parfaite, le cheval essaie d'avancer vers l'intérieur de la carrière, il faut bloquer à l'intérieur, ensuite il essaie de se remettre droit sur la ligne droite en ramenant les épaules devant les hanches, et il faut alors bloquer à l'extérieur...

Pour finir avec cet extrait, départ au trot et même chose au trot qu'au pas, je cherche à ce qu'il fasse ses courbes en étant incurvé et équilibré latéralement, je ne le laisse pas "tomber" vers l'intérieur avec du poids sur l'épaule interne, ni "s'échapper" vers l'extérieur en mettant du poids sur l'épaule externe. A chaque fois que c'est le cas, je résiste à la mesure qu'il s'est appuyé. Evidemment, plus on monte dans les allures, plus c'est difficile... C'est pourquoi il ne faut pas être trop pressé de travailler le galop, et qu'il faut que tout soit bien compris, assimilé, et acquis au pas et au trot avant.
Pour l'instant on voit que c'est difficile, quand je résiste, plutôt que d'arrêter de s'appuyer, Joker ralentit et repasse au pas, c'est là qu'il faut absolument garder ses jambes et remettre du mouvement en avant.
Et vers la fin de la vidéo, vers C au fond de la carrière, bingo, Joker vient brièvement de lui-même se décontracter dans le cadre posé, on voit qu'il ôte une seconde l'appui sur la main. On a les prémices de la "mise en main".

Les schémas explicatifs promis dans le post précédent, en espérant que ça vous aidera à comprendre. Sur le premier schém...
09/03/2025

Les schémas explicatifs promis dans le post précédent, en espérant que ça vous aidera à comprendre.
Sur le premier schéma les flèches jaunes indiquent plus une résistance qu'une action, on ne demande pas un changement de direction, simplement au cheval de respecter le cadre posé, en réalité il faudrait plutôt pouvoir les faire vers le haut que vers l'extérieur du cercle, sauf si le cheval traverse vraiment trop auquel cas la résistance devient aussi action puisque le cheval aura quitté le tracé initial et le cadre posé. On va lui demander d'y revenir.

06/03/2025

Quand on a commencé le travail de l'incurvation, on doit ensuite être intransigeant, plus jamais le cheval n'a le droit de se coucher à l'intérieur et de traverser nos aides. Si vous laissez traverser de temps en temps, vous ruinez votre apprentissage puisque le cheval ne comprendra pas pourquoi certaines fois il a le droit de passer et d'autres non, et il continuera à essayer. Ça vaut une fois que le cheval a compris le principe à une allure du moins. Au début quand on passe à une allure supérieure on va être obligé de laisser passer un peu, notamment au galop, on y reviendra.

On me voit écarter la rêne externe lorsque je veux emmener les épaules vers l'extérieur, en fait je n'écarte pas la rêne externe, c'est le cheval qui se couche vers l'intérieur qui s'en écarte, je maintiens juste ma rêne externe sur le tracé que j'avais prévu, et ma rêne intérieure résiste en rêne d'appui contre l'encolure également et qui indique au cheval qu'il est en train de traverser mon couloir de rênes. Mon cadre était posé, c'est le cheval qui traverse ce couloir, mon couloir à moi n'a pas bougé. Je vous ferai un schéma pour expliquer ça dans le prochain post, ce sera plus clair. En AUCUN cas on ne doit ramener la tête du cheval vers l'extérieur avec la rêne externe uniquement en détendant la rêne intérieure en mode débutant, ça c'est vraiment vraiment interdit avec un réformé (et avec un autre aussi par pitié 🙏 mais ça aura moins de conséquences on va dire...), vous le conforteriez dans sa fuite vers l'intérieur et vous ne feriez que renforcer ce qu'il a appris jusqu'à maintenant: tourner en mettant du poids sur son épaule intérieure, empêchant toute prise d'équilibre et donc tout espoir de galop équilibré, voire même de galop tout court pour certains trotteurs. Le galop se travaille d'abord au pas... J'entends souvent les gens me demander pendant un travail en cours au pas et au trot "et le galop c'est quand que tu commences à travailler?" Mais je le travaille déjà sans avoir commencé à galoper... C'est le galop qu'on est en train de préparer là.

Vous avez compris, à chaque fois que Joker traverse mes aides, s'appuie sur ma main intérieure sans céder, je résiste jusqu'à ce qu'il cède (arrête de s'appuyer), se rééquilibre et revient dans le cadre que j'ai posé. Seulement parfois les chevaux résistent longtemps, et s'appuient fort... On ne peut pas résister autant qu'eux, on fatigue avant, mais il ne faut surtout pas céder avant eux sinon on leur apprend l'inverse, ils se retrouvent en confort après s'être appuyé...

Il faut trouver un moyen de supprimer la résistance sans que ça dure trop longtemps (ce qui risque d'ailleurs si le cheval est vraiment ancré dans sa résistance de provoquer des défenses). C'est pourquoi j'accentue mon action sur ma rêne intérieure, ce qui va avoir pour effet d'amener la tête du cheval vers l'intérieur du cercle pour réduire ce cercle, jusqu'à ce qu'à un moment ce soit trop difficile pour lui de maintenir sa résistance et de continuer à "tomber" vers l'intérieur puisqu'il finit par tourner sur place et qu'il reporte mécaniquement du poids sur l'épaule externe en soulageant l'épaule interne, pour repartir vers l'extérieur du cercle, ce qui est exactement ce qu'on veut. Dès qu'on sent que le cheval a décalé ses épaules (et vraiment pile à ce moment là) il faut arrêter et le laisser repartir en avant. Attention à toujours garder de l'impulsion, s'il vous ne maintenez pas suffisamment de mouvement en avant ça ne fonctionnera pas, c'est en cédant d'abord dans la jambe que le cheval viendra céder dans la main.

Et vous allez voir lors des prochaines séances, les progrès vont être spectaculaires, en très peu de temps.

L'opération sera à répéter autant de fois que nécessaire, le cheval va petit à petit donner de plus en plus rapidement la bonne réponse, jusqu'à ne plus du tout essayer de traverser. La difficulté est de ne pas vouloir trop obtenir d'un coup, quand vous sentez que le cheval a compris quelque chose, qu'il a fait l'effort de donner la bonne réponse, arrêtez la séance. Il vaut mieux faire 10 minutes en arrêtant sur quelque chose de positif que de vouloir aller plus loin et faire 40 minutes en terminant sur qqch de trop compliqué que le cheval n'aura pas compris, surtout si vous ne maîtrisez pas totalement vos propres aides, vos propres sensations, si vous êtes vous aussi en apprentissage.

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