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24/05/2026

L'Autre-info

24/05/2026

Les nouveaux bus de la nouvelle compagnie de transport urbain du Gabon.

23/05/2026

[ ] la lumière de l’État, l’ombre du peuple : chronique d’une inégalité assumée

Une photographie s’impose comme l’illustration la plus crue des inégalités qui fracturent le Gabon. D’un côté, Libreville et ses quartiers s’enfoncent chaque soir dans le noir. Les délestages s’enchaînent sans logique ni préavis. Les maisons suffoquent sous la chaleur. Les congélateurs se vident. Les petites entreprises arrêtent leurs machines. Les hôpitaux adaptent leur fonctionnement à l’aléa électrique.

De l’autre côté, la Cité Émeraude reste éclatante. Bureaux, logements, voiries, tout reste illuminé jusqu’à l’aube. La raison est simple : la cité dispose de sa propre centrale. Elle ne dépend pas du réseau national. Elle ne connaît ni coupure ni incertitude. Elle fonctionne comme si la crise énergétique gabonaise n’existait pas.

Cette image dit plus que mille communiqués. Elle met en scène deux Gabon qui coexistent sans se parler. Le Gabon officiel, protégé, alimenté, sécurisé. Et le Gabon réel, celui des quartiers, livré à lui-même, condamné à s’adapter à la défaillance permanente du service public.

Le problème posé par la Cité Émeraude n’est pas technique. Il est politique et moral. La construction d’une centrale autonome pour quelques bâtiments administratifs prouve que l’État sait mobiliser des ressources, organiser des appels d’offres, installer des infrastructures fiables. La compétence existe. Les moyens financiers aussi, dès lors que la priorité est jugée stratégique.

Or, cette priorité n’a jamais été accordée aux Gabonais ordinaires. Depuis des années, les délestages à Libreville et dans l’intérieur du pays ne relèvent plus de l’incident. Ils sont devenus la norme. Aucun plan structurel crédible n’a été mis en œuvre pour y mettre fin. Aucun calendrier d’investissement massif dans la production et la distribution n’a été respecté. Les ministres passent. Les discours sur la modernisation du secteur énergétique se répètent. Les coupures restent.

La comparaison s’impose d’elle-même. Si l’État peut garantir 24h/24 l’alimentation électrique d’une cité administrative, il peut en faire autant pour la capitale. La technologie est la même. Les montants en jeu, rapportés à l’échelle nationale, ne sont pas hors de portée pour un pays producteur de pétrole. Ce qui manque n’est pas l’argent. Ce qui manque est la volonté d’appliquer au peuple les mêmes standards que ceux réservés à l’appareil d’État.

Ce choix révèle une hiérarchie des priorités. Le confort de fonctionnement de l’administration passe avant la sécurité et la dignité des citoyens. L’image du pouvoir, propre, éclairée, fonctionnelle, prime sur les conditions de vie de ceux qui le financent par l’impôt et la précarité. Le citoyen gabonais paie une électricité qu’il ne reçoit pas. Il subit les conséquences économiques et sociales d’une défaillance que l’État refuse de traiter avec la même rigueur que celle qu’il s’applique à lui-même.

Cette situation installe une défiance durable. Chaque nuit sans courant renforce l’idée que l’État gabonais ne se conçoit pas comme un prestataire de services pour la population. Il se perçoit comme une entité séparée, dont la priorité est d’assurer son propre fonctionnement, quitte à laisser le reste du pays dans l’ombre. Les Gabonais ne demandent pas un privilège. Ils demandent l’application d’un principe élémentaire : l’égalité devant le service public.

Le maintien du statu quo n’est donc pas tenable sur le plan démocratique. Tolérer que des quartiers entiers vivent sans électricité stable pendant que des bâtiments administratifs ne connaissent jamais le noir revient à institutionnaliser un régime à deux vitesses. C’est accepter que la citoyenneté gabonaise ne donne pas droit au même niveau de protection et de confort selon l’adresse et le statut.

La lumière de la Cité Émeraude ne trompe personne. Elle éclaire moins les bureaux qu’elle ne révèle l’absence de considération pour le reste du pays.



Source : Gabonreview

23/05/2026

[ ] Okondja : la m*rt de Ricka pose la question de la prise en charge des détresses juvéniles

Le décès de Ricka Oboumadjogo Mbongo, 19 ans, survenu le 21 mai 2026 au CHU Amissa-Bongo de Franceville, interroge autant les mécanismes sociaux que l’état de l’accompagnement psychologique dans la province du Haut-Ogooué. La jeune femme, enceinte de trois mois, avait ingéré un produit toxique à Okondja avant d’être évacuée en urgence.

L’affaire, confirmée par l’Agence gabonaise de presse, a donné lieu à l’ouverture d’une enquête judiciaire confiée à la brigade de gendarmerie d’Okondja. Le parquet de Franceville s’est saisi du dossier afin d’établir les circonstances qui ont conduit à l’acte.

Selon les éléments recueillis auprès de proches, Ricka traversait depuis plusieurs semaines une période marquée par des tensions familiales et des pressions sociales. Son nom aurait circulé au sein d’un groupe WhatsApp local, "Awas d’OKN", où des échanges ont relayé des rumeurs concernant sa situation personnelle. Des messages vocaux attribués à la jeune femme font état d’un état de détresse et d’un épuisement psychologique.

Ce contexte met en lumière le rôle des réseaux sociaux locaux dans la diffusion rapide d’informations non vérifiées. À Okondja, comme dans plusieurs villes secondaires du pays, ces espaces numériques servent souvent de relais d’information, mais aussi de vecteurs de stigmatisation lorsqu’aucune régulation ni médiation n’intervient.

Le drame met également en évidence l’absence quasi totale de structures d’écoute psychologique et de soutien aux jeunes femmes en difficulté dans le Haut-Ogooué précisément à Okondja. Les services de santé publics de la province se concentrent sur les soins d’urgence et la médecine générale, sans volet dédié à la santé mentale de proximité.

Pour les grossesses hors mariage, la prise en charge reste essentiellement familiale. En cas de rupture du lien familial, les jeunes filles se retrouvent sans interlocuteur institutionnel vers lequel se tourner. Aucun dispositif communal ou provincial ne permet aujourd’hui de combler ce vide.

Au-delà du cas individuel, le décès de Ricka renvoie à une problématique plus large : la capacité des communautés locales et des pouvoirs publics à identifier et accompagner les situations de détresse avant qu’elles ne deviennent irréversibles. Les acteurs associatifs de la province soulignent depuis plusieurs années le manque de moyens alloués à la prévention et à la sensibilisation.

L’enquête judiciaire en cours devra déterminer les faits matériels. Mais pour les autorités locales et les organisations de la société civile, la question dépasse le cadre pénal. Elle porte sur la mise en place de mécanismes d’alerte et d’accompagnement capables de prévenir des drames similaires.

Le cas d’Okondja s’inscrit dans une série de faits divers récents dans le Haut-Ogooué qui mettent en cause la vulnérabilité des jeunes face à l’isolement social. Des élus locaux et des représentants associatifs devraient appeler à une réflexion sur le déploiement de cellules d’écoute et de médiation au niveau provincial et départemental.



Source : Gabonreview, AGP

21/05/2026

[ ] Tutelle contestée : quand les dirigeants d’organismes publics défient leurs ministres

La multiplication des désaccords entre ministres et dirigeants d’organismes sous tutelle interroge sur la solidité de la chaîne hiérarchique au sein de l’administration publique gabonaise.

Si les tensions entre l’autorité politique et les responsables d’établissements publics ne sont pas inédites, elles connaissent néanmoins une récurrence et une visibilité accrues. Il n’est, en effet, plus rare qu’un directeur général ou un président de conseil d’administration s’abstienne d’appliquer une instruction émanant du ministre de tutelle.

Or, le cadre juridique et administratif fixe une ligne de commandement précise. Nommé par le président de la République, le ministre exerce la tutelle sur les entités relevant de son département ministériel. Le président du conseil d’administration est, pour sa part, désigné par décret pris en conseil des ministres, tandis que le directeur général l’est selon la même procédure, sur proposition du conseil d’administration et après avis de l’autorité de tutelle. Dans cette architecture, le ministre occupe donc le sommet de la hiérarchie sectorielle et est chargé de définir et de veiller à l’exécution des orientations gouvernementales.

Toutefois, plusieurs épisodes récents traduisent une érosion manifeste de ce principe. Des notes de service demeurent sans effet, des mesures disciplinaires ne sont pas exécutées, et des directives ministérielles sont ouvertement contournées. Dès lors, cette situation soulève la question de la légitimité sur laquelle s’appuient certains responsables pour s’affranchir de leur tutelle.

Le cas de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale, CNMAGS, en offre une illustration significative. La direction générale de l’époque s’était, effectivement, opposée à son éviction malgré une décision ministérielle expresse en ce sens.

De même, au ministère de la Communication, un contentieux similaire a opposé le département ministériel au président du conseil d’administration d’un organisme sous tutelle. Lors d’une conférence de presse des agents de La Poste, largement relayée sur les réseaux sociaux, le ministre a ainsi évoqué publiquement la non-exécution de sanctions prononcées à l’encontre de certains agents, toujours maintenus en fonction. Sans oublier le ministère du budget où a une époque le ministre avait du mal à asseoir son autorité sur son directeur général

Au-delà des cas individuels, c’est la cohérence de l’action gouvernementale qui se trouve fragilisée. De fait, lorsqu’une décision ministérielle peut être neutralisée sans suite administrative, le risque est celui d’un affaiblissement de l’autorité de l’État et, par conséquent, d’une désorganisation de la chaîne de commandement.

Pour les observateurs, le rétablissement de la primauté de la tutelle apparaît dès lors comme une condition nécessaire à la crédibilité de l’exécutif. À défaut d’un rappel ferme des responsabilités, la gestion des établissements publics risque, à terme, de s’inscrire durablement dans une logique de rapport de force plutôt que dans celle de la subordination hiérarchique.

20/05/2026

Le Ministre de la communication face aux agents de la poste

20/05/2026

[ ] Football : Ariel Nkoghe, le jeune Gabonais qui monte au Real Madrid U19

À 18 ans, Ariel Nkoghe s’impose peu à peu au Real Madrid Castilla U19. Défenseur central solide et technique, formé en Espagne, il a disputé cette saison la Youth League avec les jeunes Merengue.

Son profil attire déjà l’attention au Gabon, où certains voient en lui un futur renfort pour les Panthères.

Son parcours illustre une nouvelle fois la place grandissante des jeunes Africains dans les académies européennes, entre rigueur et ambition.

20/05/2026

[ ] Mouila : un refus de vente de moto tourne au drame et coûte la vie à un ressortissant camerounais

Une transaction commerciale qui tourne mal a coûté la vie à Joseph Djeukam, ressortissant camerounais de 61 ans originaire de Bafang. Les faits se sont produits le lundi 4 mai dans le quartier Bavanga, à Mouila, où la victime occupait une chambre en location.

En effet, l’inquiétude des voisins a rapidement grandi face à l’absence inhabituelle de l’homme et à la présence de sa moto garée devant la porte, fermée de l’extérieur. Dès lors, ceux-ci ont décidé de forcer l’entrée du logement. Ils y ont alors découvert le corps inerte de Joseph Djeukam, porteur de plusieurs blessures profondes. Par ailleurs, une partie du matelas portait des traces de combustion, signe d’une probable tentative de dissimulation.

Par la suite, l’exploitation du téléphone de la victime a permis aux enquêteurs de la brigade-centre de Mouila d’identifier le principal suspect. Il s’agit de Capistrant Robb Tchinga Biyamba, âgé de 41 ans et chef d’équipe sur le site Olam Palm de Mbadi. Interpellé, l’intéressé a reconnu les faits qui lui sont reprochés.

Selon sa version, l’origine du drame réside dans un différend lié à la vente d’une moto de type Jakarta. Il affirme avoir versé une avance de 350 000 FCFA sur un montant total de 400 000 FCFA. Le jour des faits, il serait revenu afin de régler le solde de 50 000 FCFA et de récupérer l’engin. Cependant, le vendeur aurait finalement refusé de conclure la transaction, ce qui aurait provoqué une vive altercation entre les deux hommes.

Toujours selon ses déclarations, la dispute aurait dégénéré lorsque Joseph Djeukam aurait tenté de le poignarder à l’aide d’un couteau. Au cours de la lutte, le suspect affirme s’être emparé de l’arme et avoir porté un coup au front, puis deux coups à la nuque de son adversaire.

Présenté devant le procureur de la République de Mouila pour présomption d’assassinat, Capistrant Robb Tchinga Biyamba a été placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Mouila depuis le 12 mai. L’enquête se poursuit afin de clarifier l’ensemble des circonstances de cette affaire.

*utre

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