MON POINT De VUE

MON POINT De VUE

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N'attends pas que les conditions soient parfaites pour agir
Commence à agir même si imparfait

25/08/2026

𝐋𝐄 𝐁𝐀𝐒𝐊𝐄𝐓 𝐌𝐀𝐑𝐎𝐂𝐀𝐈𝐍 𝐀-𝐓-𝐈𝐋 𝐔𝐍 𝐏𝐑𝐎𝐁𝐋𝐄𝐌𝐄 𝐃𝐄 𝐓𝐀𝐋𝐄𝐍𝐓 𝐎𝐔 𝐃𝐄 𝐒𝐘𝐒𝐓𝐄𝐌𝐄

Le basket marocain possède un paradoxe difficile à expliquer à première vue. Le pays dispose d'infrastructures sportives importantes, d'un nombre appréciable de clubs et de licenciés, de compétitions masculines et féminines dans différentes catégories d'âge, d'entraîneurs nationaux et étrangers, d'arbitres internationaux et d'une situation économique qui lui donne théoriquement les moyens de construire une véritable politique de haute performance.
Pourtant, le Maroc reste très loin des meilleures nations africaines de basket masculin.
Le classement mondial FIBA actuel illustre brutalement cet écart : le Soudan du Sud est 24e mondial, l'Angola 32e, l'Égypte 43e, le Sénégal 48e, la Tunisie 51e et le Nigeria 53e. Le Rwanda est 82e, alors que le Maroc est beaucoup plus loin. (FIBA Basketball)
La question n'est donc plus de savoir si le Maroc possède les moyens de pratiquer le basket. Il les possède. La véritable question est : pourquoi ces moyens ne produisent-ils pas suffisamment de joueurs et d'équipes capables de rivaliser avec l'élite africaine ?
- 𝐔𝐧 𝐩𝐚𝐫𝐚𝐝𝐨𝐱𝐞 𝐞𝐧𝐜𝐨𝐫𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐫𝐞́𝐯𝐞́𝐥𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 : 𝐥𝐞 𝐌𝐚𝐫𝐨𝐜 𝐬𝐚𝐢𝐭 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐣𝐞𝐮𝐧𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐞́𝐭𝐢𝐭𝐢𝐟𝐬
Il serait injuste de dire que le Maroc ne possède pas de talent. Bien au contraire. Lors du FIBA U18 AfroBasket 2024, le Maroc a terminé 4e d'Afrique, avec trois victoires et trois défaites. Il a notamment terminé devant plusieurs grandes nations historiques du continent. (FIBA Basketball)
Quelques semaines auparavant, les sélections marocaines U18 avaient également remporté les qualifications de la Zone 1 face notamment à l'Algérie et à la Tunisie. (FIBA Basketball)
Le problème apparaît donc à un autre endroit.
En août 2026, l'équipe U18 marocaine a terminé dernière de son groupe à l'AfroBasket U18 avec 0 victoire et 3 défaites, après notamment une défaite de 67-62 contre le Gabon. (FIBA Basketball)
Ces résultats montrent quelque chose d'essentiel :
Le Maroc possède du potentiel, mais il n'a pas encore construit un système suffisamment régulier pour transformer ce potentiel en performance durable.
- 𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐛𝐥𝐞̀𝐦𝐞 𝐧'𝐞𝐬𝐭 𝐝𝐨𝐧𝐜 𝐩𝐚𝐬 𝐬𝐞𝐮𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐭𝐚𝐥𝐞𝐧𝐭 : 𝐜'𝐞𝐬𝐭 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐯𝐞𝐫𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐭𝐚𝐥𝐞𝐧𝐭
On peut résumer la situation de la manière suivante :
Jeunes talents → formation → compétition → exposition internationale → professionnalisation → expérience → équipe nationale
C'est cette chaîne qui doit être renforcée.
Aujourd'hui, il semble exister des ruptures importantes entre ses différents maillons.
Un jeune Marocain peut être excellent à 15 ou 16 ans, devenir international U18, puis disparaître progressivement du haut niveau entre 18 et 23 ans.
C'est probablement la période la plus critique du système marocain.
𝟏. 𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐭𝐢𝐞𝐫 : 𝐫𝐞́𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐣𝐞𝐮𝐧𝐞 𝐣𝐨𝐮𝐞𝐮𝐫
Le Maroc doit passer d'une logique de formation collective à une logique de développement individuel.
Faire jouer un jeune dans un championnat U14 ou U18 est nécessaire, mais ce n'est pas suffisant.
Il faut mesurer et développer individuellement :
Le dribble ; Le tir ; Le tir à trois points ; Les finitions près du cercle ; Le jeu en un-contre-un ; La lecture du pick-and-roll ; La passe ; La défense individuelle ; Les déplacements sans ballon ; La prise de décision ; La coordination ; La vitesse ; La puissance ; L’endurance.
Un jeune joueur doit avoir un programme individuel de progression, et pas seulement un programme d'équipe.
Il faut donc créer un véritable « parcours de haut niveau ».
Par exemple :
U12–U14 : fondamentaux
U15–U16 : spécialisation progressive
U17–U18 : performance internationale
U19–U21 : professionnalisation
U22–U23 : intégration complète au senior
𝟐. 𝐂𝐫𝐞́𝐞𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐀𝐜𝐚𝐝𝐞́𝐦𝐢𝐞 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐡𝐚𝐮𝐭𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐧𝐜𝐞
Le Maroc possède suffisamment de joueurs pour sélectionner chaque année les meilleurs profils.
Il faudrait créer une Académie nationale permanente de basket, réunissant par exemple les 30 à 40 meilleurs garçons et filles de chaque génération.
Cette structure ne devrait pas être simplement un centre d'entraînement.
Elle devrait fonctionner comme une véritable académie professionnelle :
Entraînement quotidien ; Préparation physique scientifique ; Suivi médical ; Nutrition ; Psychologie sportive ; Analyse vidéo ; Statistiques individuelles ; Développement du tir ; Préparation mentale ; Formation scolaire ; Anglais ; Accompagnement dans les études.
Le but ne serait pas de remplacer les clubs, mais de compléter leur travail avec les meilleurs prospects du pays.
𝟑. 𝐋𝐞 𝐝𝐞𝐮𝐱𝐢𝐞̀𝐦𝐞 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐭𝐢𝐞𝐫 : 𝐚𝐮𝐠𝐦𝐞𝐧𝐭𝐞𝐫 𝐫𝐚𝐝𝐢𝐜𝐚𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐧𝐢𝐯𝐞𝐚𝐮 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐞́𝐭𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧
C'est probablement l'un des problèmes les plus importants.
Un joueur ne devient pas international simplement parce qu'il s'entraîne beaucoup . Il doit affronter régulièrement des joueurs meilleurs que lui.C'est pourquoi le Maroc doit multiplier les confrontations avec :
Tunisie-Égypte-Sénégal-Angola-Nigeria-Soudan du Sud - Rwanda - France - Espagne - Italie-Belgique. Et ce, dès les catégories jeunes.
Une sélection marocaine U16 ou U18 devrait pouvoir disputer chaque année plusieurs tournois internationaux de très haut niveau.
Le but n'est pas de gagner tous les matchs. Au contraire. Il faut accepter de perdre à 16 ans pour apprendre à gagner à 22 ans.
𝟒. 𝐈𝐥 𝐟𝐚𝐮𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐯𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐞́𝐭𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐔𝟏𝟗/𝐔𝟐𝟏
À mon avis, c'est l'une des réformes les plus importantes. Le passage : U18 → senior est trop brutal.
Un joueur de 18 ans peut se retrouver dans l'une de trois situations :
• Remplaçant chez les seniors ;
• Jouer dans un championnat dont l'intensité est insuffisante ;
• Abandonner progressivement.
Il faut créer une véritable catégorie U19/U21 de haut niveau, liée directement aux clubs professionnels.
Le modèle devrait être :
U18 → U19/U21 → équipe première → équipe nationale et non :
U18 → équipe senior ou disparition.
𝟓. 𝐓𝐫𝐚𝐧𝐬𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞𝐫 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐜𝐥𝐮𝐛𝐬 𝐦𝐚𝐫𝐨𝐜𝐚𝐢𝐧𝐬 𝐞𝐧 𝐯𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐨̂𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐡𝐚𝐮𝐭𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐧𝐜𝐞
Le Maroc ne doit pas forcément chercher à avoir 50 clubs d'élite. Il doit plutôt construire 6 à 8 clubs extrêmement performants. Ces clubs devraient posséder :
Académie U12 à U21 ; Entraîneurs spécialisés par catégorie ; Préparateurs physiques ; Analystes vidéo ; Spécialistes du tir ; Recrutement international ; Équipe senior professionnelle ; Participation régulière aux compétitions africaines.
Le FUS Rabat montre justement que le Maroc peut s'approcher de ce modèle.
En 2026, FUS Rabat a terminé sa phase Sahara de BAL avec 3 victoires et 2 défaites, et a été capable de battre les RSSB Tigers du Rwanda de seulement un point dans les playoffs, même si cela n'a pas suffi pour se qualifier pour les demi-finales. (The BAL)
Ce genre d'expérience doit devenir la norme pour plusieurs clubs marocains.
𝟔. 𝐋𝐚 𝐁𝐀𝐋 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐮𝐧 𝐨𝐛𝐣𝐞𝐜𝐭𝐢𝐟 𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐞́𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞
La Basketball Africa League est probablement le meilleur laboratoire disponible aujourd'hui.
Le Maroc a l'avantage extraordinaire d'accueillir une partie de la compétition : la conférence Sahara 2026 s'est notamment déroulée au complexe Prince Moulay Abdellah de Rabat. (The BAL)
Il faut exploiter cet avantage. Mais pas uniquement pour organiser les matchs. Il faut utiliser la BAL pour :
Former les joueurs marocains + former les entraîneurs + attirer des joueurs étrangers + améliorer les structures + créer des partenariats + exposer les jeunes au haut niveau.
Le véritable objectif devrait être :
Avoir 3 ou 4 clubs marocains capables de participer régulièrement à la BAL et d'atteindre les playoffs.
𝟕. 𝐅𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐮 𝐌𝐚𝐫𝐨𝐜 𝐮𝐧 𝐞𝐱𝐩𝐨𝐫𝐭𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐣𝐨𝐮𝐞𝐮𝐫𝐬
C'est probablement l'une des grandes différences entre le Maroc et des pays comme le Sénégal, le Nigeria ou le Soudan du Sud. Le Maroc doit accepter une idée fondamentale :
Le championnat marocain ne doit pas être la destination finale du meilleur jeune joueur marocain.
Il doit être une plateforme de lancement. Le meilleur U18 marocain devrait pouvoir partir en France, Espagne, Belgique, Allemagne, Italie, États-Unis ou ailleurs. Pas seulement pour un stage de deux semaines.
Pour une saison complète.
Un joueur qui passe trois années entre 18 et 21 ans dans un environnement européen compétitif peut revenir beaucoup plus fort à l'équipe nationale.
𝟖. 𝐄𝐱𝐩𝐥𝐨𝐢𝐭𝐞𝐫 𝐛𝐞𝐚𝐮𝐜𝐨𝐮𝐩 𝐦𝐢𝐞𝐮𝐱 𝐥𝐚 𝐝𝐢𝐚𝐬𝐩𝐨𝐫𝐚 𝐦𝐚𝐫𝐨𝐜𝐚𝐢𝐧𝐞
C'est probablement l'un des plus grands avantages inexploités du Maroc. La diaspora marocaine en Europe représente une réserve considérable de joueurs potentiels. Il faudrait créer une véritable :
« Cellule de détection de la diaspora » avec une base de données permettant d'identifier les jeunes Marocains ou binationaux évoluant : En France ; En Espagne ; En Belgique ; Aux Pays-Bas ; En Allemagne ; En Italie ; Au Royaume-Uni ; Aux États-Unis. Et cela dès U14. Il ne faut pas attendre qu'un joueur devienne professionnel pour le contacter.
𝟗. 𝐏𝐫𝐨𝐟𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐧𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐝𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭𝐚𝐠𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐢̂𝐧𝐞𝐮𝐫𝐬
Le Maroc a des entraîneurs compétents, mais il faut passer à un niveau supérieur. La question ne devrait plus être simplement : « Quel entraîneur va gagner le championnat ? » Mais : « Quel entraîneur va produire les meilleurs joueurs dans cinq ans ? »
Il faut donc créer une véritable filière de formation des coachs :
assistant U12 → coach U14 → coach U16 → coach U18 → coach U20 → assistant senior → head coach. Avec : Formation continue ; Stages à l'étranger ; Échanges avec les fédérations européennes ; Analyse vidéo ; Préparation physique ; Méthodologie de développement individuel ; Statistiques avancées.
Le Maroc doit surtout produire sa propre école d'entraîneurs.
𝟏𝟎. 𝐋𝐞 𝐜𝐡𝐚𝐦𝐩𝐢𝐨𝐧𝐧𝐚𝐭 𝐬𝐞𝐧𝐢𝐨𝐫 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐛𝐞𝐚𝐮𝐜𝐨𝐮𝐩 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐞́𝐭𝐢𝐭𝐢𝐟
Il faut également regarder honnêtement le championnat national. Un championnat dans lequel les meilleures équipes affrontent régulièrement des adversaires beaucoup plus faibles ne prépare pas suffisamment les joueurs au niveau international. Il faut donc rechercher :
Davantage de matchs équilibrés ; Davantage de joueurs étrangers de qualité ; Davantage de joueurs marocains responsabilisés ; Rythme plus élevé ; Statistiques avancées ; Arbitrage professionnel ; Retransmission systématique ; Analyse vidéo.
Le joueur marocain doit sortir de son championnat en ayant l'habitude de jouer sous pression et à haute intensité.
𝟏𝟏. 𝐈𝐥 𝐟𝐚𝐮𝐭 𝐫𝐞𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐡𝐲𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞
C'est un domaine dans lequel le basket moderne a énormément évolué. Le joueur africain de haut niveau est aujourd'hui : Puissant ; Rapide ; Mobile ; Capable de défendre plusieurs positions ; Capable de jouer à haute intensité pendant 40 minutes.
Le Maroc doit investir davantage dans :
Préparation physique + biomécanique + nutrition + récupération + prévention des blessures.
Un jeune de 18 ans ne devrait pas seulement être évalué sur ses points et ses rebonds. Il devrait avoir un véritable profil athlétique mesuré chaque année.
𝟏𝟐. 𝐋𝐞 𝐌𝐚𝐫𝐨𝐜 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫 𝐬𝐚 𝐩𝐡𝐢𝐥𝐨𝐬𝐨𝐩𝐡𝐢𝐞 : 𝐧𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞𝐫 𝐮𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚̀ 𝐠𝐚𝐠𝐧𝐞𝐫 𝐜𝐡𝐞𝐳 𝐥𝐞𝐬 𝐣𝐞𝐮𝐧𝐞𝐬
C'est probablement un changement culturel important. Une équipe U16 peut remporter le championnat national avec un joueur exceptionnel qui monopolise le ballon. Elle gagne. Mais elle ne forme pas forcément cinq futurs internationaux. Il faut donc parfois privilégier :
le développement du joueur sur le résultat immédiat de l'équipe.
À U14, U16 et même U18, le classement ne devrait pas être le seul indicateur de réussite. Il faut mesurer :
Progression technique ; Temps de jeu ; Nombre de joueurs passant au niveau supérieur ; Joueurs sélectionnés en équipe nationale ; Joueurs exportés ; Joueurs devenus professionnels.
𝟏𝟑. 𝐋𝐞 𝐦𝐨𝐝𝐞̀𝐥𝐞 𝐦𝐚𝐫𝐨𝐜𝐚𝐢𝐧 𝐝𝐞𝐯𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐬'𝐢𝐧𝐬𝐩𝐢𝐫𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐩𝐚𝐲𝐬, 𝐩𝐚𝐬 𝐝'𝐮𝐧 𝐬𝐞𝐮𝐥
Il ne faut pas copier l'Angola. Il faut construire un modèle marocain hybride.
De l'Angola Prendre : Culture basket + clubs puissants + continuité.
De la Tunisie Prendre : Formation technique + discipline tactique + stabilité.
Du Sénégal Prendre : Formation + exportation des joueurs.
Du Nigeria Prendre : Diaspora + connexion NCAA/Europe/NBA.
De l'Égypte Prendre : Grands clubs + masse + structures.
Du Soudan du Sud Prendre : Valorisation maximale de la diaspora et des joueurs de haut niveau.
Du Rwanda Prendre : Professionnalisation rapide + événementiel + investissement stratégique.
Et le Maroc possède quelque chose que plusieurs de ces pays n'ont pas à la même échelle : La proximité géographique avec l'Europe. C'est un avantage énorme.
𝟏𝟒. 𝐈𝐥 𝐟𝐚𝐮𝐭 𝐚𝐫𝐫𝐞̂𝐭𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐦𝐞𝐬𝐮𝐫𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐫𝐞́𝐮𝐬𝐬𝐢𝐭𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐧𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐢𝐜𝐞𝐧𝐜𝐢𝐞́𝐬
Le Maroc devrait publier chaque année cinq indicateurs fondamentaux.
Indicateur 1 — Détection Combien de jeunes à potentiel international ?
Indicateur 2 — Conversion Combien deviennent professionnels ?
Indicateur 3 — Exportation Combien jouent en Europe/USA ?
Indicateur 4 — Haute compétition Combien jouent la BAL ou des championnats européens de haut niveau ?
Indicateur 5 — Équipe nationale Combien deviennent internationaux seniors ?
C'est ce dernier parcours qui permettra de savoir si la politique fonctionne.
𝟏𝟓. 𝐋'𝐨𝐛𝐣𝐞𝐜𝐭𝐢𝐟 𝐧𝐞 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐞̂𝐭𝐫𝐞 « 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐜𝐡𝐚𝐦𝐩𝐢𝐨𝐧 𝐝'𝐀𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞𝐦𝐚𝐢𝐧 »
Il faut construire un projet sur 8 à 10 ans.
Je proposerais quelque chose comme :
2026–2028 Réorganisation de la formation et détection nationale.
2028–2030 Création d'une véritable filière U19/U21 et multiplication des compétitions internationales jeunes.
2030–2032 Exportation massive des meilleurs jeunes et développement de 6–8 clubs de référence.
2032–2035 Objectif : devenir régulièrement Top 5 africain.
2035+ Objectif : lutter régulièrement pour le podium africain et participer régulièrement aux grandes compétitions internationales.
Il ne faut pas chercher une solution miracle.
𝐂𝐨𝐧𝐜𝐥𝐮𝐬𝐢𝐨𝐧 : le Maroc n'a pas besoin de plus de basket, il a besoin de plus de « haut niveau »
Le diagnostic final est finalement assez simple. Le Maroc possède :
Les joueurs, les clubs, les infrastructures, les entraîneurs, les arbitres, les compétitions et les moyens.
Mais il manque encore une véritable chaîne de haute performance.
Le paradoxe est particulièrement visible lorsqu'on compare les générations : le Maroc a terminé 4e de l'AfroBasket U18 2024, preuve qu'il peut produire des jeunes compétitifs, mais il reste très loin dans le classement mondial senior. (FIBA Basketball) Et le contraste avec le Soudan du Sud est particulièrement instructif : ce dernier est aujourd'hui la première nation africaine au classement FIBA, malgré des moyens structurels très différents de ceux du Maroc. (FIBA Basketball)
La leçon est donc claire :
Ce n'est pas la quantité de moyens qui fait une grande nation de basket. C'est la capacité à transformer ces moyens en joueurs d'élite.
Le Maroc devrait donc passer d'une logique de développement du basket à une logique de développement du joueur.
Il ne s'agit plus seulement de construire des salles, d'organiser des championnats ou d'augmenter le nombre de licenciés. Il faut construire :
Des joueurs meilleurs techniquement ; des entraîneurs meilleurs pédagogiquement ; des clubs plus professionnels ; des compétitions plus difficiles ; une passerelle U19–U21 efficace ; une exportation organisée vers l'Europe ; une exploitation intelligente de la diaspora et plusieurs clubs capables de jouer régulièrement les premières places de la BAL.
Le cas du FUS Rabat montre que cette évolution est déjà possible : le club marocain a franchi un nouveau palier en BAL 2026, même s'il n'a pas atteint les demi-finales. (The BAL)
Le potentiel marocain est donc réel. Ce qui manque, ce n'est pas nécessairement le talent : c'est le système qui transforme le talent en excellence.
Et c'est probablement là que se trouve la vraie réforme du basket marocain.

15/08/2026

𝐁𝐀𝐒𝐊𝐄𝐓 𝐌𝐀𝐑𝐎𝐂𝐀𝐈𝐍 : 𝐀𝐔-𝐃𝐄𝐋𝐀 𝐃𝐄𝐒 𝐃𝐄𝐅𝐀𝐈𝐓𝐄𝐒, 𝐋’𝐔𝐑𝐆𝐄𝐍𝐂𝐄 𝐃’𝐔𝐍 𝐍𝐎𝐔𝐕𝐄𝐀𝐔 𝐏𝐑𝐎𝐉𝐄𝐓 𝐀𝐕𝐄𝐂 𝐔𝐍𝐄 𝐍𝐎𝐔𝐕𝐄𝐋𝐋𝐄 𝐌𝐄𝐓𝐇𝐎𝐃𝐄

Les résultats enregistrés par le basketball marocain sur la scène africaine doivent aujourd’hui interpeller bien au-delà des simples statistiques des matchs. L’Afro Basket U18 2026, organisé à Abidjan, en Côte d’Ivoire, chez les garçons et les filles, constitue un nouveau révélateur des difficultés auxquelles est confronté le basketball national.
La question n’est plus seulement de savoir pourquoi une sélection marocaine perd un match ou pourquoi une génération de jeunes n’obtient pas les résultats espérés. La véritable question est beaucoup plus profonde : quel projet de développement voulons-nous construire pour le basketball marocain au cours des dix prochaines années ?
Car les résultats internationaux ne sont presque jamais le fruit du hasard. Ils sont généralement la conséquence directe de la qualité de la formation, de la régularité des compétitions nationales, du travail des clubs, de la détection, de la préparation des sélections, de la formation des entraîneurs et de la capacité d'une fédération à construire une continuité entre les catégories de jeunes et les équipes seniors.
𝐋’𝐀𝐟𝐫𝐨 𝐁𝐚𝐬𝐤𝐞𝐭 𝐔𝟏𝟖 𝟐𝟎𝟐𝟔, 𝐮𝐧 𝐫𝐞́𝐯𝐞́𝐥𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐩𝐥𝐮𝐭𝐨̂𝐭 𝐪𝐮’𝐮𝐧 𝐬𝐢𝐦𝐩𝐥𝐞 𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐜
La Côte d’Ivoire accueille en 2026 les deux compétitions continentales U18. La FIBA présente ces rendez-vous comme des compétitions majeures pour les jeunes et comme une étape importante dans la construction des futures générations appelées à représenter leur pays au plus haut niveau.
Le Maroc a participé à ces deux compétitions par les U18 garçons et filles. Les résultats obtenus doivent donc être analysés avec sérieux, mais surtout replacés dans leur contexte.
𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐛𝐥𝐞̀𝐦𝐞 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐠𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧
Il serait trop facile de faire porter la responsabilité des mauvais résultats aux joueurs, aux joueuses ou aux entraîneurs.
Une sélection nationale est l’aboutissement d’un processus qui commence plusieurs années auparavant.
Si un joueur de 17 ou 18 ans arrive au niveau international avec des lacunes techniques, tactiques ou physiques, la question doit être posée en amont : combien d’heures d’entraînement a-t-il effectuées ? Dans quelles conditions ? Avec quels entraîneurs ? Avec quelle opposition ? Dans combien de compétitions régulières a-t-il joué ? Quel suivi médical et physique a-t-il reçu ? A-t-il bénéficié d’un véritable parcours de formation ?
La même interrogation doit être posée pour les jeunes filles.
Le véritable problème est donc moins celui d’une génération que celui de l’écosystème dans lequel cette génération a été formée.
𝐔𝐧 𝐜𝐡𝐚𝐦𝐩𝐢𝐨𝐧𝐧𝐚𝐭 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥 𝐪𝐮𝐢 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐮𝐧 𝐯𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐨𝐮𝐭𝐢𝐥 𝐝𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧
Le basketball marocain ne pourra pas progresser durablement avec des championnats qui servent principalement à désigner un champion national.
Le championnat doit être considéré comme un outil de développement.
Cela signifie davantage de matchs, un calendrier stable, des catégories jeunes réellement compétitives, une meilleure organisation territoriale, des statistiques fiables, un suivi individuel des joueurs et joueuses et surtout une continuité entre les catégories U12, U14, U16, U18, U20 et seniors.
Il faut également éviter une rupture entre les jeunes talents et le championnat senior.
Un joueur de 18 ans qui termine sa formation doit avoir un chemin clairement identifié vers le haut niveau. Il ne doit pas se retrouver face à un vide entre la sélection U18 et l’équipe senior.
𝐋𝐞 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐛𝐥𝐞̀𝐦𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐞𝐫𝐧𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐞́𝐪𝐮𝐢𝐩𝐞𝐬 𝐬𝐞𝐧𝐢𝐨𝐫𝐬
Les difficultés rencontrées par les jeunes doivent également être rapprochées de celles observées au niveau des sélections seniors.
Une sélection nationale ne peut pas être construite uniquement quelques semaines avant une compétition.
Il faut un programme annuel : Préparation physique, stages, matchs amicaux internationaux, observation des joueurs évoluant à l’étranger, détection des jeunes, suivi statistique et intégration progressive des nouvelles générations doivent faire partie d’un même système.
Le Maroc dispose pourtant d’un potentiel important : des clubs historiques, un réservoir de jeunes joueurs, des entraîneurs, des infrastructures dans plusieurs villes et une diaspora capable de contribuer au développement du basket national.
Le problème est donc également celui de la coordination et de la vision à long terme.
𝐋𝐞 𝐛𝐚𝐬𝐤𝐞𝐭𝐛𝐚𝐥𝐥 𝐦𝐚𝐫𝐨𝐜𝐚𝐢𝐧 𝐚 𝐛𝐞𝐬𝐨𝐢𝐧 𝐝’𝐮𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥, 𝐩𝐚𝐬 𝐬𝐞𝐮𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐜𝐚𝐥𝐞𝐧𝐝𝐫𝐢𝐞𝐫𝐬
Il est temps de passer d'une logique de gestion des saisons à une logique de projet.
Le Maroc devrait élaborer un Plan national de développement du basketball 2027-2035, avec des objectifs mesurables et une évaluation annuelle.
Ce projet pourrait reposer sur plusieurs piliers.
𝐏𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐩𝐢𝐥𝐢𝐞𝐫 : 𝐥𝐚 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐣𝐞𝐮𝐧𝐞𝐬.
Créer une véritable pyramide de formation, avec des compétitions nationales régulières dans toutes les catégories d’âge et des critères minimums pour les écoles et centres de formation.
𝐃𝐞𝐮𝐱𝐢𝐞̀𝐦𝐞 𝐩𝐢𝐥𝐢𝐞𝐫 : 𝐥𝐚 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐢̂𝐧𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐫𝐛𝐢𝐭𝐫𝐞𝐬.
Le développement des joueurs ne peut pas être supérieur au niveau des personnes qui les encadrent. Il faut donc multiplier les formations, les certifications, les échanges internationaux et les stages pratiques.
𝐓𝐫𝐨𝐢𝐬𝐢𝐞̀𝐦𝐞 𝐩𝐢𝐥𝐢𝐞𝐫 : 𝐥𝐞 𝐜𝐡𝐚𝐦𝐩𝐢𝐨𝐧𝐧𝐚𝐭 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥.
Le championnat doit devenir plus régulier, plus professionnel et plus attractif. Les clubs doivent disposer de cahiers des charges précis concernant la formation, les infrastructures, l’encadrement et les catégories de jeunes.
𝐐𝐮𝐚𝐭𝐫𝐢𝐞̀𝐦𝐞 𝐩𝐢𝐥𝐢𝐞𝐫 : 𝐥𝐚 𝐝𝐞́𝐭𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞.
Il faut identifier les talents dans toutes les régions du Royaume et pas seulement dans les grands centres traditionnels du basketball.
𝐂𝐢𝐧𝐪𝐮𝐢𝐞̀𝐦𝐞 𝐩𝐢𝐥𝐢𝐞𝐫 : 𝐥𝐞 𝐛𝐚𝐬𝐤𝐞𝐭𝐛𝐚𝐥𝐥 𝐟𝐞́𝐦𝐢𝐧𝐢𝐧.
Le développement du basket féminin doit devenir une priorité. Il faut davantage de clubs féminins, davantage de compétitions jeunes, davantage de formation pour les entraîneurs et entraîneurs et un véritable parcours permettant aux jeunes filles de passer des catégories de formation au haut niveau.
𝐒𝐢𝐱𝐢𝐞̀𝐦𝐞 𝐩𝐢𝐥𝐢𝐞𝐫 : 𝐜𝐫𝐞́𝐞𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞𝐫𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐣𝐞𝐮𝐧𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐞𝐧𝐢𝐨𝐫𝐬.
Le Maroc doit savoir ce que deviennent ses meilleurs U16 et U18 après leur passage en sélection. Combien poursuivent au niveau senior ? Combien jouent régulièrement ? Combien évoluent à l’étranger ? Combien abandonnent ? Combien intègrent les sélections A ?
Ces données devraient être suivies génération après génération.
𝐒’𝐢𝐧𝐬𝐩𝐢𝐫𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐲𝐬 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐨𝐧𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐢𝐧𝐮𝐢𝐭𝐞́
Le Maroc ne part pas de zéro. L'histoire récente de l'Afro Basket U18 montre que des pays comme le Mali, le Cameroun et le Sénégal ont réussi à installer une continuité au niveau des jeunes.
En 2024, le Mali a remporté le titre masculin devant le Cameroun, tandis que le Sénégal a obtenu la troisième place et le Maroc la quatrième.
Chez les filles, le Mali a également remporté l’édition 2024 devant le Nigeria et le Cameroun.
La question que le Maroc doit se poser est donc simple : pourquoi certains pays parviennent ils à transformer leurs générations de jeunes en équipes nationales compétitives alors que le Maroc peine à maintenir une continuité dans ses performances ?
La réponse ne se trouve probablement pas dans un seul élément. Elle se trouve dans la structure.
𝐈𝐥 𝐟𝐚𝐮𝐭 𝐦𝐞𝐬𝐮𝐫𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐩𝐞𝐫𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭
Le résultat d'un tournoi ne doit pas être le seul indicateur.
Un véritable projet national doit définir des objectifs sur cinq, huit et dix ans.
Par exemple :
• augmenter le nombre de licenciés ;
• multiplier les académies et les écoles de basketball ;
• augmenter le nombre d'entraîneurs diplômés ;
• développer le basketball féminin ;
• augmenter le nombre de jeunes participant régulièrement aux compétitions nationales ;
• améliorer le niveau des championnats ;
• envoyer davantage de jeunes dans des académies et clubs étrangers ;
• améliorer les performances des sélections U16 et U18 ;
• créer une passerelle structurée vers les sélections seniors ;
• viser progressivement une présence régulière dans le dernier carré des compétitions africaines.
𝐍𝐞 𝐩𝐚𝐬 𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐥𝐞𝐬, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬
La critique est nécessaire, mais elle ne doit pas devenir une chasse aux responsables.
Le basketball marocain a besoin d'un débat national dépassionné.
La Fédération, les clubs, les ligues, les entraîneurs, les joueurs, les anciens internationaux, les arbitres, les formateurs, les collectivités territoriales, les établissements scolaires et les partenaires privés doivent être associés à cette réflexion.
Il faut également instaurer davantage de transparence autour des objectifs sportifs.
Quel est le projet des sélections nationales ? Quels sont les objectifs de chaque catégorie ? Quel budget est consacré à la formation ? Combien de jeunes sont suivis ? Combien d'entraîneurs sont formés chaque année ? Quels sont les résultats obtenus par génération ?
Sans indicateurs, il est impossible de savoir si une politique sportive fonctionne.
𝐋’𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐜 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐥𝐞 𝐩𝐨𝐢𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐝𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐭 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐫𝐞𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧
Le plus grand danger serait de considérer les résultats de 2026 comme un simple accident.
Une mauvaise compétition peut arriver à n'importe quelle sélection. Mais lorsque les difficultés se répètent, elles deviennent un signal structurel.
Le basketball marocain doit donc profiter de cette période pour se poser les bonnes questions.
L'objectif ne doit pas être de préparer la prochaine compétition.
Il doit être de préparer la prochaine génération.
Il faut accepter qu'un véritable projet de formation donne ses résultats après plusieurs années. Il faut accepter d'investir dans les catégories qui ne rapportent pas immédiatement de titres. Il faut accepter de construire des infrastructures, de former des entraîneurs, de professionnaliser les clubs et de donner aux jeunes suffisamment de matchs pour progresser.
𝐂𝐨𝐧𝐜𝐥𝐮𝐬𝐢𝐨𝐧 : 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐦𝐞́𝐭𝐡𝐨𝐝𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐬𝐮𝐥𝐭𝐚𝐭𝐬
Les résultats du basketball marocain à l'échelle africaine ne doivent plus être analysés compétition par compétition.
Ils doivent être considérés comme le résultat d'un système.
Le Maroc possède des talents. Il possède une histoire. Il possède des clubs et une fédération. Il possède surtout une jeunesse qui peut représenter une formidable réserve pour l'avenir.
Mais le talent seul ne suffit pas.
𝐈𝐥 𝐟𝐚𝐮𝐭 𝐮𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭.
Un projet national, financé, planifié, évalué et indépendant des changements de générations.
Un projet qui commence dans les écoles, se poursuit dans les clubs, se structure dans les championnats de jeunes, accompagne les meilleurs vers le haut niveau et aboutit naturellement aux sélections seniors.
L'Afro Basket U18 2026 d'Abidjan doit donc être plus qu'une compétition.
Il doit être un électrochoc pour le basketball marocain.
Si le Maroc veut retrouver durablement sa place parmi les meilleures nations africaines, il ne suffit plus de préparer une sélection pour un tournoi. Il faut désormais bâtir une véritable industrie nationale de formation et de performance dans le basketball.
Le débat est donc ouvert : le Maroc veut-il continuer à gérer des compétitions et des sélections au coup par coup, ou veut-il enfin construire un projet de basketball capable de produire des résultats pendant les dix prochaines années ?

11/08/2026

𝐒𝐀𝐍𝐒 𝐄𝐍𝐓𝐑𝐀𝐈̂𝐍𝐄𝐔𝐑𝐒 𝐅𝐎𝐑𝐓𝐒, 𝐏𝐀𝐒 𝐃𝐄 𝐁𝐀𝐒𝐊𝐄𝐓𝐁𝐀𝐋𝐋 𝐅𝐎𝐑𝐓 : 𝐏𝐎𝐔𝐑𝐐𝐔𝐎𝐈 𝐋’𝐀𝐌𝐄𝐁 𝐄𝐒𝐓 𝐃𝐄𝐕𝐄𝐍𝐔𝐄 𝐈𝐍𝐃𝐈𝐒𝐏𝐄𝐍𝐒𝐀𝐁𝐋𝐄

Le basketball marocain a besoin d’une nouvelle dynamique. Mais cette dynamique ne pourra être durable que si elle commence par celles et ceux qui sont au cœur du terrain : les entraîneurs.
Un club peut disposer d’une bonne infrastructure, d’un championnat bien organisé et de joueurs talentueux. Sans entraîneurs compétents, formés, accompagnés et capables de transmettre une véritable culture du jeu, il est difficile de construire une performance durable.
C’est pourquoi la création et la consolidation de l’Association Marocaine des Entraîneurs de Basketball (AMEB) représentent un enjeu majeur pour l’avenir de notre basketball.
𝐋’𝐀𝐌𝐄𝐁 : 𝐮𝐧𝐞 𝐧𝐞́𝐜𝐞𝐬𝐬𝐢𝐭𝐞́, 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧 𝐬𝐢𝐦𝐩𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐠𝐫𝐨𝐮𝐩𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭
L’AMEB ne doit pas être seulement une association qui réunit des entraîneurs. Elle doit devenir la voix professionnelle des coachs marocains et un véritable partenaire du développement du basketball national.
Elle doit pouvoir défendre la profession, accompagner les entraîneurs, participer à leur formation continue et contribuer aux grandes réflexions concernant l’avenir technique de notre discipline.
𝐅𝐨𝐫𝐦𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐢̂𝐧𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐦𝐢𝐞𝐮𝐱 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐣𝐨𝐮𝐞𝐮𝐫𝐬
Le développement du joueur commence par le développement de son entraîneur.
L’AMEB pourrait mettre en place un véritable programme national de formation continue : clinics, séminaires, stages, échanges d’expériences, mentorat, analyse vidéo, préparation mentale, management, tactique et nouvelles méthodes d’entraînement.
Il est également essentiel de créer des passerelles entre les entraîneurs expérimentés et les nouvelles générations afin que l’expérience accumulée au fil des années ne disparaisse pas, mais devienne un patrimoine technique partagé.
𝐔𝐧𝐞 𝐀𝐌𝐄𝐁 𝐚𝐮 𝐬𝐞𝐫𝐯𝐢𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐥𝐞 𝐛𝐚𝐬𝐤𝐞𝐭𝐛𝐚𝐥𝐥
L’action de l’AMEB ne doit pas se limiter aux intérêts professionnels des coachs.
Elle doit également contribuer au développement :
- Du mini-basket et de la formation des jeunes ;
- Du basketball féminin ;
- De la détection et de l’accompagnement des talents ;
- De la formation des cadres techniques ;
- Des clubs et de leurs structures de formation ;
- Des sélections nationales ;
- De la recherche et de la connaissance du basketball moderne.
L’association pourrait également produire des contenus techniques, organiser un Congrès national des entraîneurs et créer une véritable plateforme d’échange entre les techniciens marocains.
𝐔𝐧 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐞𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐅𝐞́𝐝𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐮𝐫𝐫𝐞𝐧𝐭
L’objectif n’est pas d’opposer l’AMEB à la Fédération Royale Marocaine de Basketball.
Au contraire , Une Fédération forte a besoin d’entraîneurs forts, et des entraîneurs forts ont besoin d’une organisation professionnelle forte.
La FRMBB doit conserver ses prérogatives institutionnelles et réglementaires. L’AMEB, de son côté, doit représenter la profession et apporter son expertise dans les domaines techniques et professionnels qui concernent les entraîneurs.
Le dialogue entre les deux institutions doit donc être permanent, structuré et constructif.
𝐃𝐨𝐧𝐧𝐞𝐫 𝐮𝐧 𝐯𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐭𝐚𝐭𝐮𝐭 𝐚̀ 𝐥’𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐢̂𝐧𝐞𝐮𝐫
L’un des grands chantiers de l’AMEB devrait être la réflexion autour d’un véritable statut national de l’entraîneur de basketball.
Qualification, formation continue, conditions de travail, contrats, responsabilités, protection professionnelle, éthique, médiation et reconnaissance du métier doivent faire l’objet d’une réflexion approfondie.
L’entraîneur ne doit plus être considéré uniquement comme celui qui dirige une équipe pendant un match. Il est un éducateur, un formateur, un technicien, un manager et un acteur essentiel du projet sportif.
𝐋’𝐀𝐌𝐄𝐁 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐥𝐚 𝐦𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐢̂𝐧𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐦𝐚𝐫𝐨𝐜𝐚𝐢𝐧𝐬
L’ambition doit être claire : construire une AMEB indépendante, démocratique, professionnelle et représentative.
Une association capable de défendre ses membres, mais également de servir l’intérêt général du basketball.
Une association qui écoute le terrain.
Une association qui produit des idées.
Une association qui forme.
Une association qui transmet.
Une association qui participe aux décisions qui concernent l’avenir de la profession.
𝐂𝐚𝐫 𝐢𝐧𝐯𝐞𝐬𝐭𝐢𝐫 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥’𝐀𝐌𝐄𝐁, 𝐜’𝐞𝐬𝐭 𝐢𝐧𝐯𝐞𝐬𝐭𝐢𝐫 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞 𝐛𝐚𝐬𝐤𝐞𝐭𝐛𝐚𝐥𝐥
La logique est simple :
Meilleurs entraîneurs → meilleure formation → meilleurs joueurs → meilleurs clubs → meilleures sélections nationales → meilleur basketball marocain.
La création et la structuration d’une AMEB forte ne sont donc pas une question secondaire. C’est un investissement stratégique dans l’avenir du basketball marocain.
Le moment est venu de donner aux entraîneurs marocains une véritable voix, un espace de formation, une représentation professionnelle et une place à la hauteur de leur responsabilité.
𝐔𝐧𝐞 𝐀𝐌𝐄𝐁 𝐟𝐨𝐫𝐭𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐮𝐧 𝐛𝐚𝐬𝐤𝐞𝐭𝐛𝐚𝐥𝐥 𝐦𝐚𝐫𝐨𝐜𝐚𝐢𝐧 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐟𝐨𝐫𝐭.

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