07/09/2026
Le meilleur moment pour venir au ? C'est quand tout va bien !
C’est une phrase qui surprend souvent, parce qu’on imagine encore facilement qu’il faut attendre une douleur, une gêne ou une blessure pour consulter. Pourtant, c’est précisément lorsque rien ne semble aller mal que le travail de prévention prend tout son sens.
Une danseuse qui va bien peut déjà apprendre énormément sur son corps : observer son équilibre, comprendre sa récupération, repérer ce qui la fatigue, mieux gérer sa charge d’entraînement, parler de sommeil, développer sa confiance ou simplement mettre des mots sur certaines sensations qu’elle connaît sans vraiment savoir les interpréter.
C’est aussi pour cela que « progresser sans se blesser » résume si bien la philosophie du Labo. Cela ne veut évidemment pas dire qu’on peut garantir qu’une blessure n’arrivera jamais. La danse reste une pratique exigeante, faite de répétitions, de fatigue, de contraintes et parfois d’imprévus. Mais entre tout contrôler et ne rien faire avant que le corps ne dise stop, il existe un immense espace de travail.
Et chez les danseurs, cet espace est particulièrement important. Ils apprennent souvent très tôt à composer avec l’inconfort, à répéter malgré la fatigue, à s’adapter et parfois à considérer comme normales des sensations auxquelles d’autres sportifs prêteraient déjà attention.
Certaines blessures donnent alors l’impression d’arriver brutalement. En réalité, le corps avait parfois commencé à envoyer des signaux bien avant. Encore fallait-il savoir les reconnaître.
Alors lorsqu’un parent ou une danseuse me dit : « Mais elle n’a rien, est-ce vraiment utile de venir ? », ma réponse est simple : c’est justement le meilleur moment. Parce que lorsqu’il n’y a rien à réparer, on peut consacrer toute notre énergie à comprendre, anticiper et progresser.
Et si vous pouviez aujourd’hui mieux comprendre une seule chose dans votre pratique (votre équilibre, votre récupération, votre sommeil, votre fatigue, votre confiance ou simplement certaines réactions de votre corps, ...), laquelle choisiriez-vous ?
Nicolas Dupont, ergothérapeute du sport, professeur de danse et instructeur Pilates