09/08/2026
Vous pensez que votre dos vous fait mal à cause de la route. Ce n'est pas toujours vrai.
La plupart des gens qui me le décrivent n'ont pas mal en conduisant. Ils ont mal en sortant de l'auto : le premier pas, la main qui cherche le toit, les deux ou trois secondes avant que ça se replace.
Trente minutes assis, hanches pliées, bassin basculé vers l'arrière, et les tissus du bas du dos s'installent dans cette position. Les muscles qui stabilisent la colonne n'ont plus rien à faire, alors ils décrochent. Quand vous vous levez, les hanches s'ouvrent en re**rd, le bas du dos fait le travail à leur place, et il le fait sans avoir été prévenu.
Le dos n'est pas fragile. Il est le dernier informé.
Ce qu'on regarde en séance, ce n'est pas le siège. C'est l'ouverture de la hanche et le temps que met le tronc à se réveiller.
Partagez à quelqu'un pour qui c'est parlant.
09/04/2026
Cette photo m'a coûté vingt kilomètres de pagaie.
Il n'y a pas de stationnement à cet endroit. Pas de sentier non plus. La seule façon d'y arriver, c'est le kayak, et il faut y mettre l'après-midi.
Ce qui m'a frappé en m'assoyant, ce n'est pas la vue. C'est ce que ça demande d'être encore capable de venir la chercher. Vingt kilomètres, ce n'est pas un exploit de force. C'est le même geste répété quelques milliers de fois. Aucune de ces répétitions n'est difficile. C'est leur accumulation qui décide si vous arrivez frais ou si vous arrivez amoché.
Et ce qui fait la différence, ce n'est presque jamais la puissance. C'est la capacité de garder la même position, le même trajet de pagaie, la même rotation, à la trois millième comme à la première. Le jour où le geste commence à compenser, ce n'est pas ce coup-là qui blesse. C'est les cinq cents suivants.
C'est pour ça qu'on travaille la qualité du mouvement avant la charge. Pas pour lever plus lourd. Pour que le corps tienne encore quand il faut aller loin.
Ce que vous entretenez aujourd'hui, c'est votre liste d'endroits accessibles dans dix ans.
Dites-moi en commentaire l'endroit qui vaut vos kilomètres.
09/02/2026
On ne se blesse pas le premier jour d'une reprise. On se blesse vers la troisième semaine.
C'est le moment où tout va bien. Le souffle est revenu, les charges montent, les courbatures ont disparu. Le système nerveux s'est adapté vite — c'est son métier. Le muscle a suivi.
Les tendons, eux, ne sont pas sur le même horaire. Peu vascularisés, à renouvellement lent, ils demandent des mois pour changer leurs propriétés mécaniques, pas des semaines.
Vous vous retrouvez donc capable de produire une force que vos tendons n'ont pas encore la capacité d'encaisser. La blessure de rentrée n'arrive pas parce qu'on en fait trop le premier jour. Elle arrive parce qu'on progresse plus vite que le tissu le plus lent.
La règle pratique : quand tout devient facile en trois semaines, c'est le signal de tenir la charge, pas de la monter.
Sauvegardez ce post — septembre est le mois où ça arrive.
08/31/2026
Je regarde rarement la force en premier quand quelqu'un veut remettre les bras au-dessus de la tête.
Je regarde où le mouvement s'arrête — et ce que le corps fait pour aller plus loin quand il n'a plus d'amplitude.
Le plus souvent, il triche. Les côtes se soulèvent, le bas du dos se creuse, le menton avance. Le bras finit bien à la verticale, mais l'épaule n'y est pour rien : c'est le tronc qui a fourni les derniers degrés.
Charger cette position-là, c'est charger une compensation.
Alors on travaille plus bas un moment. Pas comme une privation — comme une étape. Le jour où l'amplitude est là sans emprunt, le mouvement au-dessus de la tête revient tout seul. Et il tient.
Sauvegardez si vous voulez y revenir.
08/29/2026
Vous pensez que votre douleur au genou vient du genou. Souvent, elle vient d'un étage plus haut.
Sur le côté de la hanche, le moyen fessier a un rôle discret : garder le bassin stable et le fémur aligné quand vous êtes sur une jambe — c'est-à-dire à chaque pas, chaque marche d'escalier, chaque descente de trottoir.
Quand il ne fait plus son travail, le fémur tourne légèrement vers l'intérieur, le genou suit, et les structures du genou absorbent une contrainte qui ne leur appartient pas. Le genou fait mal ; la cause est à la hanche.
C'est pourquoi, en évaluation, on regarde rarement en premier l'endroit qui fait mal. On regarde ce qui devrait le protéger.
Partagez à quelqu'un qui masse son genou depuis des mois.
08/27/2026
Huit mois.
C'est le temps que Martine fréquente le studio. Elle résume son expérience en une phrase que nous gardons en tête : « Leur approche bienveillante rend chaque séance motivante et agréable. »
Ce qu'elle décrit ensuite, c'est exactement le travail : prendre le temps d'écouter vos objectifs, adapter les exercices à vos besoins, et progresser sans vous mettre à risque.
À 45, 55 ou 70 ans, ce n'est pas l'intensité qui fait la différence. C'est la justesse de ce qu'on vous demande de faire, et la constance sur plusieurs mois.
Merci Martine.
08/24/2026
Vous pensez que vous devenez maladroit avec l'âge. Ce n'est pas tout à fait vrai.
Ce qu'on observe en évaluation, c'est autre chose : le corps apprend à troquer la vitesse contre la précision. On descend les escaliers plus lentement. On regarde ses pieds. On pose la main sur le mur « au cas où ».
Ce n'est pas de la maladresse — c'est une stratégie de prudence, installée sans qu'on l'ait choisie. Le problème : moins on bouge vite, moins le système nerveux pratique la vitesse. Et moins il la pratique, plus la prudence devient nécessaire. Le cercle se referme.
La bonne nouvelle : la vitesse se réentraîne comme une compétence. Mais il faut d'abord la remarquer.
Sauvegardez si vous vous êtes reconnu.