09/24/2026
Et si l'on se dotait enfin d'un véritable parc de b***e qui servirait de pièce maîtresse à un complexe de baseball digne de ce nom ?
Il pourrait servir à la fois à un club de la ligue Frontier, à un club de la WPBL et au développement de l'élite québécoise de demain !
𝑬𝒕 𝒔𝒊 𝑴𝒐𝒏𝒕𝒓𝒆́𝒂𝒍 𝒍𝒂𝒏𝒄̧𝒂𝒊𝒕 𝒍𝒂 𝒑𝒓𝒐𝒄𝒉𝒂𝒊𝒏𝒆 𝒎𝒂𝒏𝒄𝒉𝒆 𝒅𝒖 𝒃𝒂𝒔𝒆𝒃𝒂𝒍𝒍 𝒇𝒆́𝒎𝒊𝒏𝒊𝒏
Alors que la saison inaugurale de la Women’s Pro Baseball League vient de se conclure avec le sacre des Queens de Los Angeles, nous tenons à offrir toutes nos félicitations à Michelle Roche de Burnaby, en Colombie-Britannique, ainsi qu'aux Queens pour avoir remporté le premier titre de la WPBL.
Montréal devrait dès lors en profiter pour s'activer à récupérer la b***e au bond et profiter de l'engouement récent pour le sport féminin pour tenter de positionner ses propres pions. Après tout, le Québec possède un vivier de talents féminins qui mérite d'être considéré lorsqu'on réfléchit à l'avenir du baseball professionnel dans la région métropolitaine.
Pour l’instant, la ligue ne compte que quatre franchises, toutes installées dans de grands marchés américains : les Hunters de Boston, les Heights de New York, les Queens de Los Angeles et les Firebells de San Francisco. Trois de ces quatre formations comptent des Québécoises dans leurs rangs. La Women’s Pro Baseball League est venue ouvrir une porte qui, jusqu’à tout récemment, n’existait tout simplement pas. Et les Québécoises ont déjà commencé à la franchir. Andréanne Leblanc, Maïka Dumais, Ela Day-Bédard, Élodie Ciamarro et Sarah Beaulieu font partie de cette première génération de joueuses québécoises à évoluer au sein du nouveau circuit professionnel.
Si le Baseball majeur devaient entrer en grève ou en lock-out, la notoriété de la WPBL pourrait prendre un grand coup d'accélérateur en sa deuxième année. Les réseaux de sports, quant à eux, rechercheront du contenu et le baseball féminin pourrait alors les intéresser.
La première année s'est évidemment déroulée dans un environnement centralisé, au Robin Roberts Stadium au Lanphier Park de Springfield, dans l'Illinois, afin de limiter les coûts de déplacement. Il s'agit d'une approche prudente, même si l’idée est d’avoir une ligue plus traditionnelle, avec des équipes qui se rendront dans les différents parcs de b***e des différents marchés de la ligue.
Le phénomène est suffisamment intéressant pour qu’on se demande tout simplement : pourquoi Montréal ne pourrait-elle pas être la prochaine?
Il y a toutefois un éléphant dans la pièce, et il n’a rien à voir avec le talent. Il s’appelle l’infrastructure.
La grande région métropolitaine de Montréal, qui compte plus de quatre millions d’habitants, ne dispose actuellement d’aucun parc de b***e moderne conçu pour accueillir une équipe professionnelle de baseball à temps plein. C’est précisément ce qui complique les discussions entourant le retour du baseball professionnel dans la région.
La Ligue Frontier a déjà manifesté son intérêt pour le marché montréalais, et son commissaire, Steve Tahsler, a identifié le retour du baseball professionnel dans la métropole comme une priorité. Mais avant de lancer une équipe, il faut évidemment lui donner une maison.
Le Grand Montréal souffre d’un manque criant d’infrastructures consacrées au baseball de haut niveau. Il serait pourtant possible de transformer cette lacune en formidable occasion. Et, ainsi créer un véritable complexe de baseball capable non seulement de former les joueurs et joueuses d’élite de demain, mais aussi d’accueillir des équipes professionnelles. C’est là que plusieurs scénarios commencent à prendre forme.
À Mirabel, sur la Rive-Nord, un projet prévoit la possibilité d’aménager un parc de b***e d’environ 6 000 places sur des terrains situés à proximité des Outlets de Montréal. L’objectif évoqué serait d’y accueillir une équipe de la Ligue Frontier dès 2028. Le projet doit encore franchir plusieurs étapes, notamment sur le plan du financement et du développement, mais il illustre concrètement la volonté de certains acteurs de ramener le baseball professionnel dans le Grand Montréal.
Sur la Rive-Sud, d’autres scénarios circulent également. Saint-Jean-sur-Richelieu et Saint-Constant ont notamment été associés à des discussions et à des appuis politiques entourant l’implantation éventuelle d’une équipe de baseball professionnel. Dans ce scénario, une réalisation à financement principalement privé pourrait être envisagée, avec une arrivée potentielle autour de 2029. On nous a par ailleurs déjà soufflé à l'oreille qu'un député sortant de la CAQ de la de Longueuil avait été en pourparlers préliminaires pour soutenir un projet de complexe de baseball sur des terrains vagues de sa circonscription.
Deux rives, deux possibilités, mais essentiellement le même défi : construire enfin l’infrastructure professionnelle qui manque à Montréal depuis la disparition des Expos. Et, honnêtement, sans effet de toge, nous devrions plutôt soutenir l'argument que c'est depuis la disparition des Royaux et du Stade De Lorimier.
Et c’est justement ici qu’une occasion plus intéressante pourrait se présenter.
Pourquoi construire un parc de b***e uniquement pour répondre aux besoins d’une équipe masculine de baseball indépendant ? Pourquoi ne pas concevoir dès le départ une véritable infrastructure de baseball, suffisamment flexible pour accueillir le baseball professionnel masculin et féminin, en plus du développement de la relève ?
Les discussions actuelles autour de Montréal portent surtout sur le Baseball majeur, ou encore sur quelques échos médiatiques par l’entremise de la Ligue Frontier. Il n’existe toutefois pas, à ce jour, de projet public connu visant spécifiquement l’implantation d'un véritable complexe de baseball pour assurer le développement des jeunes joueurs québécois. La création d'une équipe de la Women’s Pro Baseball League à Montréal pourrait par ailleurs renforcer l'argumentaire d'un promoteur d'un tel projet !
C’est peut-être justement là qu’il faudrait commencer à réfléchir autrement.
Si Mirabel, Saint-Jean-sur-Richelieu, Saint-Constant, Longueuil ou une autre communauté de la grande région montréalaise devait finalement construire un nouveau parc de b***e, pourquoi ne pas lui donner dès le départ une vocation suffisamment large pour accueillir une franchise de la Ligue Frontier et un complexe d'entraînement adjacent, tout en créant les conditions nécessaires à l’arrivée éventuelle d’une équipe de la WPBL ?
Un seul investissement pourrait ainsi servir plusieurs générations de baseb***eurs et de baseb***euses. Des programmes de développement de la relève, des camps et académies, du baseball amateur de haut niveau, une équipe professionnelle masculine et, éventuellement, une formation féminine professionnelle.
Le coût d’un tel projet serait évidemment considérable. Les estimations évoquées pour un parc de b***e répondant aux exigences de la Ligue Frontier varient largement selon l’ampleur des installations et les standards retenus. Mais cela renforce plutôt qu’il n’affaiblit l’idée d’une infrastructure polyvalente. Lorsqu’on investit des dizaines de millions de dollars dans un parc de b***e, autant lui donner le plus grand nombre possible de fonctions et de débouchés.
Le Québec possède déjà les joueuses capables de se tailler une place sur la scène professionnelle. Après tout, le Québec est reconnu comme le principal foyer du baseball féminin en Amérique du Nord, avec quelque 6 000 joueuses inscrites, soit à peu près autant que dans toutes les autres provinces canadiennes réunies. Cette place prépondérante se reflète notamment dans la présence constante du Canada parmi les trois meilleures nations au monde, alors que près de la moitié des joueuses de l’équipe nationale canadienne sont originaires du Québec.
Cette année a vu l'inauguration de la Women’s Pro Baseball League, la première ligue professionnelle féminine de baseball aux États-Unis depuis la dissolution de la All-American Girls Professional Baseball League en 1954. Pour l’instant, la ligue ne compte que quatre franchises, toutes installées dans de grands marchés américains.
Plusieurs Québécoises, dont Andréanne Leblanc, des Firebells, qui a déjà fait la manchette à quelques reprises, prennent part à cette saison inaugurale. En fait, trois des quatre formations de la nouvelle ligue comptent des baseb***euses québécoises dans leurs rangs. Boston ont recruté Maïka Dumais, tandis que San Francisco ont misé sur Leblanc et Ela Day-Bédard. De leur côté, New York peuvent compter sur Élodie Ciamarro et Sarah Beaulieu.
Et c’est précisément là que Montréal pourrait récupérer la b***e au bond. Alors, pourquoi attendre que quelqu’un d’autre imagine le prochain marché?
Le projet d’un parc de b***e dans le Grand Montréal pourrait être davantage qu’un simple retour du baseball professionnel. Qu’il voie le jour à Mirabel, sur la Rive-Sud ou ailleurs dans la métropole, il pourrait devenir le point de départ d’un véritable campus du baseball québécois, un endroit où les garçons et les filles pourraient apprendre, progresser et éventuellement jouer professionnellement sans avoir à quitter la province pour poursuivre leur rêve.
La question n’est donc peut-être pas de savoir si Montréal peut accueillir à la fois du baseball masculin et féminin professionnel. La vraie question est plutôt de savoir pourquoi, lorsqu’on construit enfin l’infrastructure qui fait défaut depuis si longtemps, on ne la concevrait pas dès le départ pour les deux.
Après tout, si le baseball professionnel doit revenir dans le Grand Montréal, aussi bien profiter de cette occasion pour faire une pierre deux coups et donner enfin au baseball féminin québécois une maison à la hauteur de son potentiel !