09/13/2025
Conclusion de mon aventure
Je suis de retour chez moi, content de retrouver ma routine après cette grande expédition. Mon voyage à vélo jusqu’aux Îles-de-la-Madeleine s’achève, et si je devais résumer ce que j’y ai découvert, c’est une vie plus paisible, des gens moins stressés, et une générosité qui marque à jamais. Les plages, l’eau chaude où je me suis baigné avec bonheur, et la beauté des paysages resteront gravés dans ma mémoire.
Je tiens à remercier l’équipe d’Éco Vélo des Îles, qui m’ont sauvé la mise en me trouvant une boîte de carton pour mon vélo. Alors que je cherchais un taxi pour la transporter sans succès, c’est finalement la madame de la boutique qui est venue la livrer directement au gîte — un geste simple mais immense de générosité.
Le gîte où je logeais était situé à seulement 300 mètres de l’aéroport. Le matin du départ, j’ai donc tenté de traîner ma boîte jusqu’au terminal. Alors que le carton commençait à céder, un inconnu qui marchait sur la route m’a proposé son aide. J’ai découvert avec surprise que cet inconnu était en fait… le pilote de mon avion! Un moment surréaliste qui résume bien l’esprit des Îles.
Ma boîte s’est révélée trop lourde à l’enregistrement, j’ai donc dû la vider et réorganiser mes affaires à la dernière minute. Encore une épreuve de plus, mais qui s’est réglée. Finalement, à l’aéroport de St-Hubert, mes parents m’attendaient pour me ramener à la maison, fermant la boucle de cette grande aventure.
Ce voyage m’aura appris que les défis se surmontent toujours, surtout quand on croise des gens généreux et bienveillants. Les Îles-de-la-Madeleine m’ont offert bien plus que des paysages : elles m’ont donné des souvenirs humains inoubliables.
09/02/2025
Dix-septième et dix-huitième journées complétées. Après avoir quitté le Brudenell River Provincial Park, j’ai roulé jusqu’à Souris pour terminer ma traversée de l’Île-du-Prince-Édouard. Une étape plus courte, mais pas facile : le relief vallonné ne m’a laissé aucun moment de répit, ça monte et ça descend sans cesse. À ma grande surprise, j’ai même trouvé un petit dépanneur non indiqué sur Google Maps, un vrai cadeau au bon moment. Le soir, je me suis installé au Lighthouse & Beach Motel, dernière étape continentale avant le grand saut.
Le lendemain, j’ai pris la direction du quai de Souris. J’ai eu le temps de m’enregistrer et d’attendre mon traversier, moment que j’attendais depuis le début de cette aventure. Le départ à 13h m’a permis de vivre cinq heures de traversée en mer, un temps de repos et de transition après toutes ces journées sur la route. Et en fin de journée, j’ai enfin posé mes roues aux Îles-de-la-Madeleine. Je suis arrivé à mon campement du Camping Gros-Cap, face aux falaises et à la mer. Cette fois, contrairement à mon arrivée de nuit à Anticosti l’an dernier, j’ai pu monter ma tente au soleil couchant, un moment de pur bonheur.
Maintenant, c’est le moment de relaxer et de visiter les Îles jusqu’au 13 septembre, date de mon retour en avion.
08/31/2025
Quinzième et seizième journées complétées. Je me suis levé tôt le matin et j’ai commencé à pé**ler vers le Pont de la Confédération. La traversée restera un moment marquant, pas seulement parce que je passais du Nouveau-Brunswick à l’Île-du-Prince-Édouard, mais aussi parce que j’étais très anxieux à l’idée d’utiliser l’intercom pour demander la navette. Communiquer dans une situation inconnue est difficile pour moi, et j’y pensais avec appréhension depuis des mois. Quand je suis arrivé, ça a été difficile : j’ai réussi à dire “I am a cyclist, I need the shuttle to cross the bridge”. On me répond, mais je ne comprends rien, ça griche. Moi je réponds juste “okay” sans savoir si j’ai été compris. Ensuite, une attente stressante sans savoir la suite… mais bon, la navette est arrivée vingt minutes plus t**d. Un grand soulagement. Dès la sortie du pont, une piste cyclable m’attendait, et j’ai roulé jusqu’au camping Holiday Haven, mon premier arrêt sur l’île.
Le lendemain, j’ai poursuivi ma route presque entièrement sur la Confederation Trail, une ancienne voie ferrée transformée en piste cyclable. Une journée douce d’environ 76 km, loin de la circulation et au cœur des paysages agricoles et boisés de l’île. J’ai terminé mon étape au Brudenell River Provincial Park, où j’ai pu trouver l’essentiel pour continuer : du pain, du jambon en conserve et des barres tendres. Avec mon stock déjà en poche, je suis maintenant prêt à vivre à la manière des habitants de l’Î.-P.-É., simplement et au rythme tranquille de l’île.
08/29/2025
Treizième et quatorzième journées complétées. Après avoir quitté Néguac, j’ai roulé avec le vent dans le dos pour une étape de 130 km jusqu’à Bouctouche. J’ai traversé le pont de la 11 à Miramichi, pas en très bon état et avec un petit trottoir, mais la traversée s’est bien faite. Ensuite, j’ai roulé 40 km sur la 11 avec un accotement large et agréable, avant de rejoindre la 134, moins intéressante, surtout bordée de forêt.
Le lendemain, direction le parc provincial Murray Beach. Une centaine de kilomètres au bord de la mer, avec de magnifiques paysages qui donnaient un avant-goût maritime. Juste avant d’arriver, j’ai aperçu le pont de l’Île-du-Prince-Édouard au loin, symbole de ma prochaine étape. En prime, j’ai pu me baigner dans la mer en arrivant : un vrai bonheur après tant de jours sur la route.
Demain, je traverserai ce pont mythique pour entrer à l’Île-du-Prince-Édouard, où je compte prendre un peu plus mon temps pour visiter et profiter de l’ambiance unique de l’île.
08/27/2025
Après dix jours consécutifs sur la route, j’ai pris une journée de congé à Caraquet pour bien profiter de la péninsule acadienne. C’est vraiment un coup de cœur : l’accueil chaleureux, l’ambiance unique, les paysages maritimes… j’ai eu l’impression de respirer et de me ressourcer avant de repartir.
Le lendemain, direction Néguac. Après toutes ces nuits à dormir sous la tente, j’avais décidé de m’offrir un vrai confort : une chambre de motel bien méritée. Mais en arrivant, surprise… personne à l’accueil. Avec l’Asperger, ce genre de situation est très difficile : sans consigne claire, le stress monte vite. J’ai attendu, cherché, douté, jusqu’à découvrir que ma clé m’attendait… au restaurant en face! Une logique locale impossible à deviner, mais qui, une fois comprise, est devenue une anecdote de voyage.
Même chose plus tôt au Subway. Habituellement, je commande toujours la même chose, avec les mêmes mots. Ça me rassure. Mais ici, le menu et les termes étaient légèrement différents. J’ai bugué, incapable de retrouver mes repères, et je me suis senti très mal à l’aise pour une commande pourtant si simple.
Ce voyage, ce n’est pas seulement pé**ler contre le vent et la pluie, c’est aussi apprendre à traverser ces petits imprévus qui me déstabilisent plus que les côtes. Et malgré tout ça, chaque jour je continue d’avancer, un pas de plus vers les Îles.
08/25/2025
Neuvième et dixième journées complétées. Après avoir quitté Pointe-à-la-Croix, j’ai franchi la frontière du Nouveau-Brunswick avec une certaine appréhension… qui s’est vite dissipée. J’ai roulé 116 km jusqu’au camping Malybel. Mes craintes étaient infondées : j’ai pu communiquer aussi bien en français qu’en anglais, et même échanger quelques mots avec des anglophones. Les villages se distinguent facilement, et ça m’a permis de me sentir rapidement à l’aise dans cette nouvelle province. La journée s’est terminée sous la chaleur et le vent, mais avec la satisfaction d’avoir franchi une étape importante.
Le lendemain, direction Caraquet. Après 10 jours de route, me voilà en Acadie, au camping Colibris sur mer. Ici, l’accueil est à la hauteur de la réputation de la région : chaleureux et sincère. En prime, j’ai trouvé un nouvel oreiller gonflable le matin même, de quoi assurer de meilleures nuits pour la suite du voyage.
Chaque jour m’amène plus loin, et je sens que je me rapproche de plus en plus de mon objectif : les Îles-de-la-Madeleine.
08/23/2025
Septième et huitième journées complétées. De Sainte-Flavie, j’ai quitté le bord du fleuve pour entrer dans la Vallée de la Matapédia. Le relief s’est accentué avec de grosses pentes, et après 69 km je me suis arrêté à Amqui pour ne pas trop m’épuiser.
Le lendemain, je suis reparti sous une pluie fine qui n’a cessé de la journée. Malgré l’humidité, les paysages grandioses de la vallée m’ont accompagné tout au long de mes 105 km. J’ai finalement atteint Pointe-à-la-Croix, juste en face de Campbellton, aux portes du Nouveau-Brunswick.
Demain, je franchirai cette frontière symbolique et entamerai un nouveau chapitre de mon voyage vers les Îles-de-la-Madeleine.
08/22/2025
Cinquième et sixième journées complétées. Après avoir quitté Sebka, j’ai roulé 80 km jusqu’à Trois-Pistoles avec un bon vent de face. J’ai pris ça relax, avançant à mon rythme, et terminé la journée avec une moyenne de 16 km/h.
Le lendemain, direction Sainte-Flavie. Une centaine de kilomètres sous un ciel calme, sans vent. J’ai d’abord fait un arrêt à Saint-Fabien pour voir le lieu de tournage du film Premier Contact, où une brume de mer rappelait l’ambiance du film. J’ai ensuite grimpé sans difficulté les côtes du Bic avant de traverser Rimouski en admirant le fleuve aux allures de mer.
Chaque étape m’amène plus loin : me voilà rendu aux portes de la Gaspésie. Demain, je me dirige vers la vallée de la Matapédia pour rejoindre le Nouveau-Brunswick.
08/19/2025
Cette année, je me lance un défi : rejoindre les Îles-de-la-Madeleine à vélo. Après une première journée de 125 km sous une chaleur accablante, j’ai vécu une deuxième étape infernale sous la pluie et le vent, au point de vouloir abandonner avant que la vue du pont de Québec ne me redonne le moral. J’ai ensuite pris une pause à Montmagny pour souffler et réparer mon rack arrière avec de l’époxy et du duck tape, avant de reprendre la route pour 106 km jusqu’au Sebka. Malgré le vent de face et une douleur au talon, le voyage continue et chaque coup de pé**le me rapproche un peu plus des Îles.
07/30/2024
Je suis de retour à Port-menier après six jours passés sur les routes de l'île d'anticosti à vélo. les premiers 100 kilomètres il n'y a pas grand chose. la route passe au milieu de l'île, on ne voit que de la forêt. Excepté au milieu de nul part une épave d'avion qui s'est écrasé dans les années 1960 ne faisant aucun blessé. Par la suite je suis entré sur le territoire de la sépaq ou sont situés les plus beaux paysages. A voir, il y a l'épave du bateau Wilcox, un ancien bateau qui servait au ravitaillement des habitants. Ensuite la suite de la route monte un peu en altitude et on peut y observer quelques canyons ou le point culminant est l’impressionnante chute Vauréal. J'ai terminé mon parcours à la Baie de la tour, une baie entourée d'immense falaise. La retour vers Port-menier a été plutôt difficile, une canicule s'est installée avec des températures de 30 degrés. J'y suis allé tranquillement pour ne pas attraper de coup de chaleur. Pour les 30 derniers kilomètres un couple m'a reconduit jusqu'à Port-menier dans leur camion. Maintenant je me repose jusqu'à dimanche ou mon bateau me reconduira à Sept-Îles.
07/24/2024
Parce-que il ne faut jamais abandonner et ne jamais arrêter de rêver. Aujourd'hui je viens d'arriver sur l'île d'anticosti. Je suis monté à bord du Bella Desgagnés, un bateau hybride entre cargo et navire de passagers qui s’occupe du ravitaillement des villages isolés de la basse côte nord. Le bateau est parti de Sept-îles vers 20h pour une traversée vers l'île qui a duré 7 Heures. Les habitués se sont mis à installer des matelas gonflables entre les sièges de passager et ont dormi par terre. Finalement le bateau est arrivé à Port-menier, le seul village de l'île à 3:30h du matin. Le temps de débarquer et de trouver le camping municipal de Port-menier, le soleil a commencé à se lever et j'ai monté ma tente au premier rayon de soleil. Le village de Port-Menier est magnifique, les chevreuils sont partout dans le village. Demain je pars explorer l’île d’anticosti à vélo pendant six jours si la météo collabore.
10/03/2023
Un été paisible.
Il y a un peu plus d'un an, j'ai commencé à faire des attaques de panique. La première fois, une sensation oppressante dans ma poitrine, un cœur battant à tout rompre, une respiration difficile, et l'impression lancinante que je pourrais m'évanouir m'ont envahi.
Je me suis retrouvé à l'hôpital en cardiologie, branché à une multitude d'appareils. Finalement, on m'a assuré que ma santé était parfaite et que, du point de vue physique, tout était en ordre.
À ce moment-là, je n'avais pas encore réalisé que l'anxiété était mon compagnon invisible. Je me voyais comme une personne forte, sans me rendre compte que ces attaques de panique étaient les symptômes d'un trouble anxieux, en particulier l'anxiété sociale, liée à mon autisme.
Ces troubles de panique sont devenus de plus en plus fréquents, et même l'idée de pratiquer le vélo, une activité que j'adorais autrefois, me terrifiait.
Cependant, j'ai puisé en moi le courage nécessaire pour chercher de l'aide, accepter un traitement adapté, et intégrer des groupes de soutien qui ont joué un rôle essentiel dans ma guérison. Après plusieurs mois de traitement, j'ai réussi à retrouver une vie plus équilibrée.
Cette semaine, profitant de mes vacances, j'ai relevé un défi en passant une semaine à vélo dans les splendides Laurentides. Bien que l'appréhension était encore présente, les premiers jours se sont bien passés. À l'heure où j'écris, je me trouve au Parc Régional de la Forêt Ouareau, où je savoure chaque instant.
J'aimerais encourager toutes les personnes vivant une situation similaire à la mienne à ne pas hésiter à chercher de l'aide, à rejoindre des groupes de soutien tels que le "Groupes d'Entraide en Matière d'Émotions" (G.E.M.E), et à puiser en elles la force nécessaire pour surmonter les défis liés à l'anxiété et aux troubles de panique. Vous n'êtes pas seuls dans cette lutte, et il est possible de trouver la lumière au bout du tunnel.