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28/05/2026

REGARDS D’EXPERT SUR LES CTD

Votre tribune digitale de veille stratégique, d’expertise et d’analyse sur la décentralisation, la gouvernance et les finances locales au Cameroun et en Afrique

CHRONIQUE SUR L’HISTOIRE ET L’ÉVOLUTION DE LA GOUVERNANCE LOCALE AU CAMEROUN : DE LA COLONISATION À NOS JOURS.

Par Armand Demaustin NDJODO, Expert en Décentralisation, Gouvernance et Finances Locales

L’évolution des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) au Cameroun constitue l’un des principaux marqueurs des transformations institutionnelles et administratives de l’État camerounais.

Pour mieux anticiper aujourd’hui l’avenir de nos territoires orientés vers la modernisation, le développement local et la gouvernance de proximité, il apparaît indispensable de comprendre l’histoire des collectivités territoriales depuis la période coloniale jusqu’à nos jours.

À travers cette analyse réalisée par la tribune digitale « Regards d’Expert sur les CTD », l’Expert Armand Demaustin NDJODO retrace les principales étapes historiques, administratives et institutionnelles ayant progressivement façonné la physionomie actuelle des collectivités territoriales décentralisées et de la gouvernance locale au Cameroun, avec une accentuation particulière des grandes réformes engagées sous l’ère du Renouveau.

1- LA PÉRIODE COLONIALE : DES COLLECTIVITÉS SOUS CONTRÔLE ADMINISTRATIF

Sous l’administration coloniale allemande, puis franco-britannique après la Première Guerre mondiale, les collectivités locales constituaient essentiellement des instruments d’administration territoriale et de contrôle des populations.

À cette période, l’organisation territoriale reposait principalement sur :
les communes mixtes ;
les communes de plein exercice ;
les communes de moyen exercice ;
ainsi que certaines circonscriptions administratives locales.

Les Responsables locaux étaient généralement désignés ou nommés par l’administration coloniale et disposaient d’une faible autonomie décisionnelle.

Les structures locales servaient principalement à l’exécution des politiques administratives, fiscales et sécuritaires de la puissance coloniale.

Cette organisation territoriale reposait davantage sur une logique de commandement administratif que sur une véritable gouvernance locale participative.

2- APRÈS L’INDÉPENDANCE : LE MAINTIEN D’UNE FORTE CENTRALISATION

Après l’indépendance du Cameroun oriental en 1960 et la Réunification de 1961, l’État camerounais conserve un modèle fortement centralisé malgré l’existence des communes et l’élection des conseillers municipaux et des maires.

À cette période postindépendance, l’organisation communale comprenait principalement :
les communes urbaines ;
les communes rurales ;
certaines communes à régime spécial ;
puis plus t**d les communautés urbaines dans les grandes métropoles.

L’État exerce alors une tutelle importante sur :
les budgets communaux ;
les actes administratifs ;
les délibérations ;
ainsi que le fonctionnement général des collectivités locales.

Cette période se caractérise par une forte concentration des pouvoirs au niveau central dans un contexte de consolidation de l’unité nationale et de construction de l’État postcolonial.

3- LA RÉFORME COMMUNALE DE 1974 : MODERNISATION DE L’ADMINISTRATION LOCALE

La loi n°74/23 du 5 décembre 1974 portant organisation communale marque une étape importante dans la structuration de l’administration locale au Cameroun.

Cette réforme organise notamment :
les communes urbaines ;
les communes rurales ;
ainsi que les modalités de fonctionnement des exécutifs municipaux.
Elle modernise l’organisation administrative des communes tout en maintenant une forte présence de l’État dans le contrôle administratif et financier des collectivités territoriales.

4- LE RENOUVEAU DE 1982 : ACCÉLÉRATION DES RÉFORMES TERRITORIALES

L’avènement du Renouveau en 1982 constitue une étape majeure dans la modernisation progressive de l’administration publique et de la gouvernance territoriale.

Cette période est marquée par :
le renforcement progressif des institutions locales ;
l’amélioration de leur ’organisation administrative ;
et l’accélération des réflexions sur la décentralisation et le développement local.

Le Renouveau ouvre progressivement la voie aux grandes réformes institutionnelles qui conduiront plus t**d à la décentralisation moderne.

5- LA RÉFORME DE 1987 : CRÉATION DES COMMUNAUTÉS URBAINES

La loi n°87/015 du 15 juillet 1987 crée les Communautés Urbaines dans les grandes agglomérations du Cameroun.

Cette réforme introduit notamment les Délégués du Gouvernement auprès des Communautés Urbaines afin de renforcer :
la coordination administrative ;
l’encadrement des grandes métropoles ;
et la gestion des services urbains.

Elle marque une nouvelle étape dans l’organisation de la gouvernance urbaine au Cameroun.

6- LES LOIS DE DÉCENTRALISATION DE 2004 : LE SOCLE DE LA DÉCENTRALISATION MODERNE

Les lois de juillet 2004 constituent le fondement juridique de la décentralisation moderne au Cameroun.

Il s’agit notamment :
de la loi n°2004/017 du 22 juillet 2004 portant orientation de la décentralisation ;
de la loi n°2004/018 du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux communes ;
et de la loi n°2004/019 du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux régions.

Ces lois consacrent officiellement les deux catégories de Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) au Cameroun :
les Communes ;
et les Régions.

Elles introduisent plusieurs principes fondamentaux :
la libre administration des CTD ;
l’autonomie administrative ;
l’autonomie financière ;
ainsi que le transfert progressif des compétences et des ressources de l’État vers les collectivités territoriales.

7- LES TRANSFERTS DE COMPÉTENCES ET DE RESSOURCES EN 2010

L’année 2010 marque le début effectif de la première génération des transferts de compétences et de ressources de l’État vers les CTD.

Ces transferts concernent plusieurs secteurs stratégiques :
l’éducation ;
la santé ;
les routes ;
l’eau potable ;
les marchés ;
et le développement local.

Cette étape traduit le passage progressif d’une décentralisation essentiellement juridique vers une décentralisation davantage opérationnelle.

8- LA CRÉATION DU MINDDEVEL ET LES PREMIÈRES ASSISES GÉNÉRALES DE LA COMMUNE

Dans le cadre du renforcement du processus de décentralisation et de modernisation de la gouvernance territoriale, le Ministère de la Décentralisation et du Développement Local (MINDDEVEL) est créé à la faveur du Décret Présidentiel No 2018/190 du 02 mars 2018.

Le MINDDEVEL assure la tutelle des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) et veille notamment :
au suivi de la politique nationale de décentralisation ;
au transfert des compétences et des ressources ;
à l’accompagnement des CTD ;
au contrôle administratif des collectivités territoriales décentralisées ; à l'accélération du processus de décentralisation ;
au renforcement du développement local ;
ainsi qu’au renforcement des capacités des acteurs locaux.

La création du MINDDEVEL constitue l’un des acquis majeurs des réformes institutionnelles engagées sous le Renouveau pour renforcer la gouvernance des territoires et moderniser l’administration locale.

Dans cette dynamique réformatrice, le Cameroun organise pour la toute première fois dans l’histoire des collectivités territoriales les Assises Générales de la Commune tenues les 6 et 7 février 2019 à Yaoundé sous le thème : « *Approfondir la décentralisation et rénover la Commune camerounaise à l'horizon 2024*».

Ces assises historiques ont réuni :
les Autorités administratives ;
les Exécutifs municipaux ;
les Élus locaux ;
les administrations publiques ;
les partenaires techniques et financiers ;
ainsi que plusieurs experts nationaux et internationaux de la gouvernance locale.

Elles ont constitué un important cadre de débat réflexif sur :
les défis de la décentralisation ;
le financement des CTD ;
la modernisation des communes ;
le développement territorial ;
et le renforcement de la gouvernance locale au Cameroun.

9- LE CODE GÉNÉRAL DES CTD DE 2019 ET LA CRÉATION DE LA NASLA EN 2020

La loi n°2019/024 du 24 décembre 2019 portant Code Général des Collectivités Territoriales Décentralisées consolide le processus de décentralisation et renforce la libre administration des CTD.

Ce Code harmonise et modernise le cadre juridique applicable aux CTD au Cameroun.

La création en 2020 de la NASLA (National School of Local Administration) participe également à la professionnalisation de la gouvernance locale à travers :
la formation des élus locaux ;
le renforcement des capacités des personnels locaux ;
et l’amélioration de la gestion administrative et financière .

REGARD D’EXPERT

De la colonisation à nos jours, les CTD au Cameroun ont progressivement évolué d’un système fortement centralisé vers une gouvernance locale davantage orientée vers :
la participation des populations ;
le développement local ;
la professionnalisation des administrations locales ;
et le renforcement progressif de l’autonomie des CTD.
Malgré les avancées institutionnelles enregistrées, la consolidation effective de la décentralisation demeure aujourd’hui un enjeu stratégique majeur pour :
l’amélioration de la gouvernance publique locale ;
l’efficacité des politiques locales ;
la mobilisation des ressources locales ;
et le développement durable des territoires.

« Regards d’Expert sur les CTD » est une initiative de GFN Consulting SARL, cabinet conseils, études et recherches spécialisé dans :
la décentralisation ;
la gouvernance locale ;
les finances locales ;
le développement durable des territoires ;
ainsi que l’accompagnement stratégique des CTD et des acteurs du développement local au Cameroun et en Afrique.

Pour tous vos besoins de :
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Veuillez contacter votre Partenaire et Expert :

Armand demaustin NDJODO
Expert en Décentralisation, Gouvernance et Finances Locales

Analyste et Chroniqueur Digital
Ancien Secrétaire Général de Commune
Ancien Receveur Municipal
Chef Service du Patrimoine à la Commune d’Arrondissement de Yaoundé 6
Promoteur de GFN Consulting SARL

Contacts : 697812932 / 682180426 E-mail : [email protected]

26/05/2026

LA QUESTION ANGLOPHONE AU CŒUR DES DÉBATS POLITIQUES AU CAMEROUN

La question de l'inclusion des anglophones au poste de vice-président de la République est au cœur des débats politiques au Cameroun. Me Agbor Balla, un éminent avocat et défenseur des droits de l'homme, a récemment plaidé pour une plus grande représentation des anglophones au sein du gouvernement.

Selon Me Agbor Balla, il est temps pour le Cameroun de prendre des mesures concrètes pour résoudre la crise anglophone qui secoue le pays depuis plusieurs années. Il estime que la nomination d'un vice-président anglophone serait un pas important vers la réconciliation et la stabilité du pays.

Cette déclaration intervient dans un contexte où les tensions entre les communautés francophone et anglophone sont encore vives. Les régions anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, sont en effet le théâtre de violences et de troubles depuis 2016, en raison de revendications sécessionnistes.

Le gouvernement camerounais a déjà pris des mesures pour apaiser la situation, notamment en libérant des prisonniers politiques et en engageant des pourparlers avec les leaders de l'opposition. Cependant, la question de l'inclusion des anglophones au sein du gouvernement reste un défi majeur pour le président Paul Biya.

La nomination d'un vice-président anglophone serait-elle la solution pour mettre fin à la crise ? Les avis sont partagés. Certains estiment que cela serait un geste symbolique important, tandis que d'autres pensent que cela ne résoudrait pas les problèmes de fond.

Christian Essimi

26/05/2026

Bonjour à tous,

Nous sommes ravis de vous retrouver sur "_Regards d'expert sur les CTD_", votre tribune digitale de référence pour l'analyse et l'expertise sur la décentralisation et la gouvernance locale au Cameroun et en Afrique.

Merci pour votre confiance et votre soutien !

Pour rester informés et éclairés sur les enjeux de la décentralisation, nous vous donnons rendez-vous :

- *Tous les lundis à 10h* : "Décryptage hebdo des finances locales" - Analyse approfondie des finances des collectivités territoriales décentralisées.
- *Tous les jeudis à 10h* : "Chronique sur la gouvernance locale" - Regards d'experts sur les défis et opportunités de la gouvernance locale.

Rejoignez-nous sur nos plateformes pour des analyses pointues et des débats enrichissants !

Cordialement,
L'équipe de _Regards d'expert sur les CTD_

25/05/2026

REGARDS D'EXPERT SUR LES CTD

Votre tribune digitale de veille stratégique, d’expertise et d’analyse sur la Décentralisation et la Gouvernance Locale au Cameroun et en Afrique.

Cameroun - Réforme de la fiscalité locale : plus de 10,35 milliards FCFA déjà reversés aux CTD au titre de l’IGS 2025.

*Analyse technique sur les communiqués du MINFI des 08 et 18 mai 2026 et l’Arrêté conjoint MINFI/MINDDEVEL du 15 mai 2026*.

Par Armand Demaustin NDJODO - Expert en Décentralisation et Gouvernance Locale (*).

L’actualité récente des finances locales montre que la réforme de la fiscalité locale issue de la *loi n°2024/020 du 23 décembre 2024* portant fiscalité locale entre progressivement dans sa phase opérationnelle.

Trois principaux actes des Ministres compétents illustrent cette évolution :
le communiqué du 08 mai 2026 portant report des échéances relatives à l’Impôt Général Synthétique (IGS) ;
l’Arrêté conjoint MINFI/MINDDEVEL du 15 mai 2026 portant création des unités de suivi de la fiscalité locale ;
et le communiqué du 18 mai 2026 annonçant le reversement du solde de l’IGS aux Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD).

Le principal enseignement du communiqué du 18 mai 2026 réside dans les montants déjà mobilisés au profit des CTD.
Selon les chiffres officiels du MINFI :
10 355 288 492 FCFA ont déjà été collectés et reversés aux collectivités territoriales décentralisées au titre de l’IGS pour l’exercice 2025 ;
dont :
6 931 088 458 FCFA reversés récemment dans les comptes CAMPOST des CTD pour la période allant de mai à décembre 2025.

Ces reversements constituent la deuxième vague importante des recettes opérées depuis l’entrée en application effective de l’IGS.

Au-delà des chiffres, ces opérations traduisent une évolution importante :
la réforme fiscale locale commence progressivement à produire des ressources nouvelles substantielles au profit des collectivités territoriales décentralisées.

Le communiqué du 08 mai 2026 montre également que les Centres de Fiscalité Locale et des Particuliers (CFLP) deviennent désormais les principaux instruments techniques de proximité pour :
l’élargissement de l’assiette fiscale ;
le suivi des contribuables ;
l'optimisation des recettes locales ;
et l’amélioration du civisme fiscal.

Cette dynamique est renforcée par l’Arrêté conjoint MINFI/MINDDEVEL du 15 mai 2026 portant création des unités de suivi de la fiscalité locale au sein des CTD.
Ces unités sont aujourd’hui au cœur des débats citoyens et professionnels des médias avec des analyses rassurantes, d'espérance ou critiques voudrant remettre même en cause la politique de décentralisation, que non ! (par certains analystes ne maîtrisant pas parfaitement le domaine des finances publiques en général, et celui des finances locales, pris singulièrement) Car, elles touchent directement :
au suivi des recettes locales ;
à la transparence des reversements ;
à la modernisation de la gouvernance financière etc..
L’un des points positifs majeurs observés dans cette réforme reste désormais :
l’arrivée effective des ressources financières dans les comptes des CTD.

Pendant plusieurs années, les collectivités territoriales décentralisées faisaient face :
à l’insuffisance des ressources propres ;
à l’irrégularité des reversements ;
et à une faible visibilité budgétaire.

Les montants déjà reversés montrent que la chaîne technique de la réforme commence progressivement à fonctionner entre :
la Direction Générale des Impôts *(DGI)* pour la collecte ;
la Direction Générale du Trésor, de la Coopération Financière et Monétaire (*DGTGCFM)* pour les reversements ;
les *CFLP* pour le suivi fiscal ;
et les *CTD* bénéficiaires.
Toutefois, plusieurs défis demeurent encore importants :
la régularité des reversements ;
la transparence dans l’utilisation des ressources ;
le renforcement des capacités des CTD (Élus et techniciens locaux) ;
et surtout la transformation visible des recettes fiscales en projets de développement au profit des populations et à la prise en charge de fonctionnement de leurs services.

La réussite efficace et sereine de cette réforme dépendra donc de la capacité des différents acteurs à faire de la fiscalité locale non seulement un mécanisme de collecte, mais surtout un véritable levier de l'amélioration de la gouvernance locale,de la performance budgétaire des CTD et du développement durable de nos territoires.

*REGARD D’EXPERT*

Au regard des résultats déjà enregistrés dans le cadre de l’application de l’Impôt Général Synthétique, il apparaît désormais que la réforme fiscale locale engagée par l’État du Cameroun commence progressivement à entrer dans sa phase concrète de mobilisation des ressources au profit des collectivités territoriales décentralisées.

Les reversements déjà effectués constituent un signal encourageant pour :
les Exécutifs municipaux ;
les populations ;
et les partenaires de la décentralisation.

Toutefois, la pérennisation de cette dynamique dépendra fortement :
du civisme fiscal des contribuables ;
de la transparence dans la gestion des ressources ;
et de la collaboration permanente et étroite entre l’administration fiscale, les CFLP et les CTD.

À cet effet, il convient de rappeler que les contribuables assujettis à l’Impôt Général Synthétique (IGS), impôt dont les collectivités territoriales décentralisées sont désormais bénéficiaires directes, ne disposent plus que de quelques jours à compter de la présente publication pour se conformer à leurs obligations fiscales conformément au communiqué du MINFI du 08 mai 2026 portant report des échéances de déclaration et de paiement.

Passé ce délai, les contribuables concernés s’exposent aux sanctions fiscales prévues par la réglementation en vigueur, notamment celles contenues
dans les procédures de recouvrement prévues par le Code Général des Impôts.

Armand Demaustin NDJODO (*) est
Expert en Décentralisation, Gouvernance Locale et Finances Publiques Locales.

Promoteur de GFN Consulting SARL( *devise: "Comprendre,réfléchir et réformer les territoires pour un développement local durable*")
Cabinet Conseils – Études – Recherches en Gouvernance Locale, Décentralisation et Développement Durable des Territoires
Cabinet déclaré et recensé au MINDDEVEL suivant Lettre n°000/566/L/MINDDEVEL/SG/DRH-CTD/SDP-CTD/SGP-CTD du 12 février 2025.

Chef Service du Patrimoine à la Commune d’Arrondissement de Yaoundé 6.

Consultant et Analyste .

Ancien Secrétaire Général de Communes
Ancien Receveur Municipal

Contacts professionnels :
Tél. : 697812932 / 682180426
Email : [email protected].

21/05/2026

REGARD D’EXPERT : La gouvernance locale à l’épreuve des nouvelles réformes institutionnelles au Cameroun.

Par Armand Demaustin Ndjodo*

Le processus de décentralisation au Cameroun connaît depuis plusieurs années une série de réformes institutionnelles, administratives et financières qui transforment progressivement le fonctionnement des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD).

Ces réformes trouvent leur fondement juridique notamment dans :
la Constitution du 18 janvier 1996 révisée ;
la Loi n°2004/017 du 22 juillet 2004 portant orientation de la décentralisation ;
la Loi n°2004/018 fixant les règles applicables aux communes ;
la Loi n°2004/019 fixant les règles applicables aux régions ,certes abrogées
ainsi que la Loi n°2019/024 du 24 décembre 2019 portant Code Général des Collectivités Territoriales Décentralisées.

À ces textes s’ajoutent plusieurs réformes majeures de modernisation de la gestion publique locale, parmi lesquelles :
l’arrimage progressif des budgets des moyens aux budgets programmes ;
la mise en œuvre de la comptabilité patrimoniale ;
la digitalisation des procédures administratives,financières et comptables engagées sous l'impulsion bien concertée du Minddevel et du Minfi (dont la plus récente est le programme de digitalisation des CTD, lancé par le Minddevel);
le renforcement du contrôle de performance ;
et la récente réforme relative aux unités de suivi de la fiscalité locale.

L’ensemble de ces mutations traduit la volonté de l’État de moderniser la gouvernance des CTD et d’améliorer l’efficacité de l’action publique locale.

L’une des réformes les plus structurantes demeure aujourd’hui le passage des budgets des moyens aux budgets programmes au sein des CTD.
Cette évolution introduit une nouvelle culture administrative fondée désormais sur :
les résultats ;
les indicateurs de performance ;
l’évaluation des politiques locales ;
la planification stratégique ;
et l’obligation de reddition des comptes.

Désormais, les collectivités territoriales ne doivent plus seulement exécuter des dépenses, mais démontrer l’impact réel des ressources mobilisées sur le développement des territoires.
Cette réforme transforme profondément :
le rôle des Ordonnateurs ;
les méthodes de préparation budgétaire ;
le suivi-évaluation des programmes ;
ainsi que les mécanismes de contrôle administratif et financier.

Parallèlement, la mise en œuvre progressive de la comptabilité patrimoniale constitue également une mutation majeure dans la gestion des CTD.
La comptabilité patrimoniale impose désormais : la constitution des réserves foncières sur le territoire de la CTD même au delà, nécessaire à l'implantation des projets de développement à forte valeur d'échelle d'investissement ;
l’identification exhaustive des biens meubles et immeubles des collectivités ;
la sécurisation juridique du patrimoine foncier ;
l’évaluation des actifs ;
la tenue des inventaires patrimoniaux (inventaire général de base)
et la valorisation économique des biens publics locaux.

Cette réforme donne désormais une importance stratégique aux services du patrimoine au sein des CTD pour celles qui en sont pourvues ou les créer pour celles qui n’en disposent pas encore.
Le patrimoine communal et régional devient progressivement :
un outil de gouvernance ;
un instrument de crédibilité financière ;
et un levier de mobilisation des recettes non fiscales.

La récente réforme portant création des unités de suivi de la fiscalité locale s’inscrit également dans cette dynamique globale de modernisation.
Elle introduit une nouvelle organisation du suivi des recettes locales avec une recentralisation technique de certaines opérations fiscales autour des Centres de Fiscalité Locale et des Particuliers.
Cette évolution oblige désormais les Exécutifs locaux à adapter :
leurs organigrammes ;
leurs méthodes de gestion ;
leurs stratégies de mobilisation des ressources ;
ainsi que leur gouvernance financière.
Dans ce nouveau contexte, les maires et présidents des conseils régionaux devront développer :
une culture managériale moderne ;
une vision stratégique des territoires ;
une meilleure maîtrise des outils de planification ;
et une forte capacité de mobilisation des partenaires techniques et financiers.

Au regard de notre expérience de près de trente années au sein des Collectivités Territoriales Décentralisées, ces réformes constituent certes des innovations majeures dans le processus de décentralisation au Cameroun, même si certaines insuffisances demeurent encore à corriger progressivement.

Cependant, les CTD doivent désormais comprendre que la gouvernance locale moderne ne repose plus uniquement sur l’administration classique des territoires, mais également sur :
la performance ;
la transparence ; la recevabilité ;
la maîtrise des ressources ;
la valorisation du patrimoine ;
et la capacité des exécutifs locaux à transformer leurs territoires en espaces durables de développement économique et social.
L’avenir des collectivités territoriales décentralisées au Cameroun dépendra ainsi largement de leur capacité d’adaptation à ces nouvelles exigences institutionnelles et financières.

Armand Demaustin Ndjodo
Expert en Décentralisation et Gouvernance Locale
Ancien SG et RM des communes
Chef Service du Patrimoine – Commune d’Arrondissement de Yaoundé 6
Promoteur de GFN Consulting SARL
Tél : 697 81 29 32 / 682 18 04 26
Email : ndjodoarmand992@gmail.

21/05/2026

Transport Clandestin : Le Ministre des Transports Met en Demeure Yango

Le ministère des Transports a mis en demeure la plateforme numérique Yango, accusée de promouvoir le transport routier clandestin au Cameroun. Cette décision fait suite à une enquête menée par les services techniques du ministère, les administrations concernées et les syndicats du secteur, qui ont établi que Yango et ses partenaires étaient coupables de cette infraction.

Les Sanctions

- Yango est sommée de suspendre immédiatement tous les véhicules ne disposant pas des documents réglementaires requis, notamment la licence de transport, la carte bleue, la carte grise, l'assurance, la visite technique, le permis de conduire et le certificat de capacité T.
- La plateforme doit payer une amende forfaitaire de 2,5 millions de FCFA au Trésor public.
- Six chauffeurs partenaires ont été sanctionnés, avec une suspension de leur immatriculation pour trois mois et l'immobilisation immédiate de leurs véhicules.
- Chaque chauffeur devra également payer une amende de 500 000 FCFA.

Un Conflit Récurrent

Cette décision marque un nouveau rebondissement dans le conflit opposant Yango aux autorités camerounaises. La plateforme avait déjà été suspendue en février 2023 pour des raisons similaires, avant d'être autorisée à reprendre ses activités en août 2023.

Christian Essimi

21/05/2026

Conseil Économique et Social : Sept Mois Sans Président

Le Cameroun est sans président du Conseil Économique et Social (CES) depuis le 14 octobre 2025, date du décès de Luc Ayang, qui a dirigé cette institution pendant 41 ans. Luc Ayang, ancien Premier ministre de 1983 à 1984, était une figure emblématique de la vie politique camerounaise, connu pour sa discrétion et son sens du devoir.

Qui était Luc Ayang ?

Luc Ayang était un homme d'État camerounais né en 1947 dans la région de l'Extrême-Nord. Il a occupé plusieurs postes importants, notamment celui de Premier ministre, ministre de l'Élevage, des Pêches et des Industries animales, et président du CES depuis 1984.

Les Défis du CES

Le CES est une institution consultative chargée de conseiller le gouvernement sur les questions économiques et sociales. Cependant, sous la présidence de Luc Ayang, l'activité du CES a été quasi figée, avec un effectif réduit et une absence de nomination des membres prévus par la réforme de 2001.

Les Conséquences

Le décès de Luc Ayang laisse un vide au sommet de l'institution, qui nécessite une nomination rapide d'un nouveau président pour assurer la continuité des activités. Le CES joue un rôle important dans la définition des politiques économiques et sociales du pays, et son fonctionnement est crucial pour le développement du Cameroun.

Christian Essimi

21/05/2026

Décès du Dr Bengono : Trois Médecins Suspendus pour Négligence au Cameroun

L'Ordre National des Médecins du Cameroun a rendu sa décision après le décès tragique du Dr Mbengono Barbara Nancy, survenu le 4 février 2026 au Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé. Trois médecins, dont deux professeurs, ont été suspendus pour douze mois chacun pour négligence professionnelle et manquements aux obligations de sécurité des soins.

Les praticiens sanctionnés sont :
- Pr Élie Nkwabong
- Pr Bonaventure Jemea
- Dr Calvin Tiyou

Quatre médecins résidents impliqués dans la prise en charge ont également été suspendus pour six mois, tandis que la Dr Antoinette Ngo Ngue a été relaxée. Chaque condamné doit verser 400 000 FCFA pour des frais générés par la procédure.

Cette décision marque un tournant dans la lutte contre la négligence médicale au Cameroun et envoie un signal fort aux professionnels de santé.

Les Faits

Le Dr Mbengono, résidente en hépato-gastro-entérologie, est décédée après une césarienne entachée de graves manquements. L'Ordre des Médecins a ouvert une enquête pour éclaircir les faits et a sollicité la coopération du CHU pour accéder au dossier médical.

Réactions

Le décès du Dr Mbengono a profondément choqué la communauté médicale camerounaise. Shanda Tonme, Médiateur Universel, a dénoncé les dérives médicales dans les hôpitaux camerounais et a appelé à une réforme de la médecine de responsabilité.

Christian Essimi

21/05/2026

Zoétélé : la nuit où la colère a ciblé les « allogènes » après la libération d’un couple suspecté

Ce qui s’est passé

Dans la nuit du 19 au 20 mai 2026, Zoétélé a basculé dans la violence communautaire. La cause immédiate : la libération par le parquet de Sangmelima d’un couple d’hommes d’affaires mis en cause dans la mort de dame Akamba, retrouvée brûlée le 29 mars 2026 derrière l’hôtel de ville.

Les enquêtes n’ayant pas retenu de charges suffisantes, la justice a ordonné leur remise en liberté. Des chefs traditionnels avaient auparavant dénoncé « _un assassinat lâche et particulièrement violent_ » et pointé le « _sentiment d’injustice_ » des populations.

Déroulement des affrontements.

Dès le soir du 19 mai, des habitants en colère ont incendié une maison et s’en sont pris aux commerces de ressortissants de l’Ouest-Cameroun.

La cible principale : Flavien Kamdem Nziko, dit « Inter-Espace », commerçant établi à Zoétélé depuis des décennies. Son magasin a été pillé, portes détruites, marchandises emportées. D’autres boutiques appartenant à des Bamiléké ont subi le même sort. Un domicile a aussi été vandalisé et mis à feu.

Lecture communautaire

L’ACT-ED de Moussa Njoya dénonce une « tournure ouvertement tribaliste » avec un « ciblage délibéré des populations Bamiléké ». Le communiqué évoque une « chasse aux allogènes » récurrente dans la région du Sud.

Contexte local

Zoétélé compte environ 30 000 habitants et six chefferies traditionnelles de 2e degré. Ville marchande sur l’axe Sangmelima-Yaoundé, elle vit du commerce intercommunautaire, ce qui explique pourquoi les magasins tenus par des ressortissants de l’Ouest sont à la fois structurants et exposés.

Ce qui manque encore

Aucun bilan humain officiel. Aucun communiqué de la préfecture du Dja-et-Lobo ni du ministère de l’Administration territoriale à cette heure.

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