17/08/2026
Démocratie, pluralisme et humour politique.
Partis alimentaires, pouvoir et humour : peut-on encore rire de la politique ?
Dans L’Échec du modèle démocratique occidental en Afrique, Benjamin Ze Ngong explore la manière dont le pluralisme politique en Afrique aurait, selon lui, favorisé la confiscation du pouvoir et la mauvaise gouvernance. Le livre interroge également l’adaptation des modèles démocratiques aux réalités historiques, sociales et culturelles du continent.
Pour moi, Bouna, ce n’est pas un discours nouveau. Le Dr Olivier Bilé avait déjà publié La démocratie africaine est mal partie, un ouvrage qui dressait un constat comparable. Mais ce que le livre de Ze Ngong apporte de nouveau, selon moi, c’est une lecture inscrite dans le contexte des indépendances et une réflexion sur le rôle du parti unique. L’auteur estime que, malgré ses dérives, le parti unique pouvait être la meilleure option à ce moment précis de l’histoire. Il avance des arguments pour défendre cette thèse.
Il analyse le système pluraliste dans plusieurs pays africains francophones, y compris le Cameroun, en tire des constats et propose des conclusions. Il faut bien distinguer ici les faits vérifiables de l’interprétation de l’auteur : l’ouvrage ouvre un débat, il ne clôt pas la discussion sur la démocratie en Afrique.
Dans le cadre de L’Aprèm’ du livre, à la médiathèque de l’Institut Goethe, ce livre a fait l’objet d’un débat houleux entre l’auteur et un public venu nombreux. Le débat était d’autant plus intéressant que l’auteur est député suppléant du RDPC et ancien fonctionnaire des douanes - bref, un vrai gars du pays organisateur. Il a défendu sa casquette d’auteur libre, qui ne renie pas son parti politique mais se garde le droit et la liberté de penser, ainsi que de pointer du doigt ce qu’il considère comme des dérives. Il se dit favorable à un régime présidentiel, mais pas à un régime présidentialiste. Cette distinction renvoie à une question essentielle : comment éviter qu’un pouvoir exécutif ne concentre excessivement les contre-pouvoirs ? Des travaux récents sur l’hyper-présidentialisme en Afrique mettent précisément en garde contre le déséquilibre entre l’exécutif, le Parlement et la justice .
Et moi, dans tout ça ? Invité par la médiathèque de l’Institut Goethe pour apporter une note Love & Laugh à cette soirée, j’ai lu le livre et j’ai fait des blagues. Personnellement, je ne pense pas qu’on fasse de l’humour uniquement pour faire rire les gens. Je pense que faire de l’humour, c’est aussi utiliser le rire pour faire passer des idées que l’on défend et des points de vue.
EXTRAIT DE MON TEXTE :
Le pluralisme a eu des avantages. Par exemple, il a apporté le multipartisme. Et le multipartisme a sorti plusieurs personnes de la misère, grâce à la création de partis politiques alimentaires.
Un parti alimentaire est un parti alimenté par le parti au pouvoir pour alimenter le désordre dans l’opposition et maintenir sa position. En d’autres termes, un parti alimentaire, c’est un parti de positionnement qui se place à côté du parti au pouvoir pour pouvoir s’opposer aux partis d’opposition.
Une autre particularité des partis alimentaires, c’est que ce sont des partis qui font tout pour obtenir quelques postes parlementaires, qu’ils vont ensuite brandir comme une preuve de légitimité populaire afin de mieux négocier leur salaire auprès du parti au pouvoir.
Et donc, on peut être d’accord avec Ze Ngong : la démocratie africaine, c’est parfois une démocratie sans démocrates, un pluralisme sans pluralité et une alternance sans alternative.
La question reste ouverte : comment construire des institutions capables de représenter réellement les citoyens, de limiter la concentration du pouvoir et de faire de la démocratie autre chose qu’un simple décor électoral ?
Goethe-Institut Kamerun
BOUNA : un Ami qui Vous Veut du Bien #
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& LAUGH #
’AVENIR DU THÉÂTRE C’EST LA PHILOSOPHIE #