Club de Tir Sportif Ne parlons pas de la sécurité des élèves! Le problème était donc de trouver un terrain sécurisé pour exercer les activités de tir.
Les origines du Stand de tir de Clermont
C’est à Paul Lebrun (1871-1946), bien connu pour ses entreprises culturelles, musicales et sportives de notre ville, que nous devons la création du stand de Tir de Clermont. Lorsqu’il est arrivé à Clermont et qu’il a eu, presque aussitôt, sa nomination de directeur de l’école primaire, que l’on nomme aujourd’hui : « Le Groupe Pierre Viénot ». Les écoles co
ngressistes avaient été interdites en France et la laïcité faisait l’objet de suspicions douteuses de la parts de quelques « bien-pensants » locaux. D’un civisme enthousiaste et généreux, il eut très vite l’obligation, dans ses attributions éducatives, la charge officielle de préparer les jeunes élèves à leurs devoirs civiques, en particulier de préparer leur brevet militaire : sport, tir à la carabine et à l’arme de guerre adaptée. Le problème, c’est qu’il fallait pratiquer ces activités dans la cour même de l’école, avec comme protection le préau et les murs… Ce qui nous paraît déjà impensable aujourd’hui, comme activité de l’Éducation nationale. Précisons par ailleurs, que Paul Lebrun est à l’origine de « la Jeunesse Populaire de Clermont » à laquelle, vient se greffer sa filiale : « Tir et préparation militaire ». Paul Lebrun se met donc à la recherche d’autres lieux plus adaptés que les cours de son école. On lui propose la carrière « Mayeux », derrière la gare de Clermont. Un autre terrain était intéressant, près de la gendarmerie, rue de Béthencourtel, mais le relevé de terrain avec l’axe de tir était loin d’être satisfaisant.Un emplacement bien meilleur fut trouvé à la sortie de la commune,route de Mouy, sur le territoire d’Agnetz,à l’orée de la forêt de Hez. L’acte de vente fut passé avec un nommé Ernest Crépin, propriétaire à Mouy. Les travaux d’aménagement commencent aussitôt. On organise le pas de tir. Une large butte et la fosse de tir sont confiés à l’entreprise locale, Luçon. Les premières séances d’instruction débutent le 7 mars 1907.Le terrain de tir va prendre peu à peu de l’extension et sera toujours employé, sauf pendant les périodes d’occupation de 1914-1918 et de1940-1944. Au départ, le terrain mesure 300 mètres de longueur et large de 22 mètres. Une butte de 10 mètres de hauteur forme une protection naturelle avec haie sur une zone forestière profonde de 6 kilomètres. Pour élargir un peu la propriété, on avait remarqué une bande de terrain, sur le côté, de la même longueur. Ce qui permettait facilement de créer sept cibles réglementaires. Finalement, après de longues tergiversations, le terrain supplémentaire fut acquit, sur la propriété de M. Mouton-Schwab, charcutier à Clermont, par devant maître Vallée, le 26 avril 1934. D’autres travaux sont exécutés progressivement, comme la plantation de haie, modification de la butte de tir, création d’un pas de tir à la carabine et au révolver avec tourniquets et rameneurs, enfin,construction en ciment armé de la fosse de tiret et d’un local pour le matériel. Pour ces travaux, il faut citer Honorat Cocq et Louis Lefèbvre, entrepreneurs de maçonnerie. Les journaux locaux, comme la Gazette de l’Oise ou Le Journal de Clermont, publient régulièrement les résultats encourageant de l’association de Tir. Sur 90 sociétés de la Fédération de l’Oise, Clermont enlève annuellement, presque une fois sur deux la coupe de tir. Au concours international de Reims, l’équipe de Clermont est en bonne place. En ce qui concerne la Préparation militaire, chaque année, sortent de nombreux brevetés. Certains candidats bien préparés se distinguent, aussi bien dans les épreuves de tir, topographie, sport, grenades, pointeurs, fusils-tirailleurs, natation, équitation même… Grâce à cela, un grand nombre d’entre eux sont devenus rapidement sous-officiers et même officiers. Une anecdote amusante est à signaler et un bien curieux spectacle a interrompu les exercices de tir d’une compagnie du 51e Régiment. Les soldats tiraient à balles réelles sur des silhouettes, lorsque tout à coup, les tireurs aperçurent un être qui s’enfuyait.
- « Qu’est-ce que c’est qu’ça ? dit le chef, une silhouette qui f… le camp ! C’est un peu raide. » - « Courez après ! », ordonna-t-il aux soldats. Ceux-ci abandonnèrent leurs armes et au pas de course poursuivirent la silhouette (qui n’était pas en carton) et la rattrapèrent facilement. Quelle ne fut pas leur stupéfaction de tomber sur un homme nu comme un ver, gesticulant et criant des phrases incompréhensibles. Les militaires le mettent à l’abri dans une baraque et le chef fait prévenir la police. Peu de temps après, deux agents se présentent au champs de tir, avec une bonne couverture et le ramènent à l’hôpital, où il est reconnu. Il semble qu’il se soit échappé de l’asile de Clermont, comme cela arrivait souvent. Il s’était réfugié à l’abri du stand de tir et s’était déshabillé pour faire sécher ses habits. La peur de sa vie !… Surpris et effrayé par les détonations, il s’enfuyait sans avoir eut le temps de se revêtir. Aux examens de 1913, à la veille de la Première Guerre mondiale, sur 10 candidats reçus, 6 sont partis comme sous-officiers, et les autres comme caporaux. Certains sont devenus rapidement au grade d’officier. Depuis sa création jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale on dénombre 299 brevetés. C’est-à-dire,les meilleurs dans chaque spécialité, mentionnées ci-dessus. Ces résultats sont dus au dévouement de Paul Lebrun et à son équipe de vétérans dont nous citerons quelques noms, comme :
Cocq, vieil officier, présent à chaque séance de tir qu’il animait avec compétence. Démarest, surveillant le pas de tir et secondant Cocq. Avec eux, il faut y ajouter les noms de Marcel Van Broukoven et les sergents instructeurs Émile Caulier et Bernard Petit, pour ne citer que les principaux encadrants. L’occupation allemande a bouleversé les exercices du champ de tir. Les Allemands s’étaient emparés des lieux et les ont transformés complètement. Ils ont abattus les cavaliers protecteurs. Des chicanes ont été installées, ainsi que des trous individuels, dans le début de la zone. La fosse cimentée a été détruite partiellement et rallongée. La butte de tir n’existait pratiquement plus. Les planches de soutènement ont été enlevées. Beaucoup d’arbres ont été abattus. Des artificiers ont cru bon de venir détruire leurs engins de guerre sur le site. Ce qui provoqua des dégâts considérables en provocant des trous énormes sur la surface du terrain, alors qu’il y avait une carrière désaffectée tout près de là (Carrière Lagache). Après le départ des Allemands, la Sous-préfecture de Clermont demanda à Paul Lebrun de reprendre la formation prémilitaire d’avant-guerre. La réponse ne se fit pas attendre. Il reçut les subventions nécessaires pour la remise en état du champ de tir. La nouvelle formation était née. M.Lebrun pouvait compter sur différentes personnalités locales : M. Coffinier, Inspecteur des Contributions directes et directeur départemental du Commissariat général aux Sports ; de M.l’Ingénieur des Ponts et Chaussées Barbet et du Commandant de Génie Delhomel. Les activités ont repris de plus belle, avec les récompenses habituelles, comme par le passé. Aujourd’hui, « La cible Clermontoise » connaît une nouvelle progression, avec la participation active, dévouée et compétente du président Jacques Pérez, qui a su complètement réorganiser et agrandir le Stand de tir, tant sur le plan de viabilité qu’avec les derniers perfectionnements informatiques actuels. Claude Teillet 2007-02-06
Ancien président de la SAHC