14/09/2026
C'est encore l'été non ? Alors pour notre dernier portrait, nous vous présentons Armelle, animatrice au centre social Le Part’Âges et actrice du Défi Alimentation avec le CPIE !
Armelle est animatrice depuis 32 ans : « Pour moi, c’est un rêve de faire ce métier. J’avais une certitude, c’est que je serais animatrice, même si selon mes profs de formation, l’animation n’était pas un métier. » Ce métier, elle l’exerce en maison de quartier de Châteauroux pendant 15 ans à St-Jean et Beaulieu puis au Centre social le Part’âges, au Blanc, depuis dix ans. Sa pratique de l’animation est en lien constant avec les habitants, sur des sujets qui les touchent au quotidien comme la santé, le droit, la scolarité ou la parentalité. Elle les accompagne sur des projets de territoire, coordonne des cours de français et anime différents ateliers (théâtre d’improvisation, cuisine, accompagnement scolaire, atelier anti-gaspillage, atelier parents-enfants, encore droit à l’alimentation…)
Mais avant, elle travaillait au CPIE ! Elle quitte sa Bretagne natale pour devenir animatrice de vie quotidienne dans l’association encore appelée CPIE « Brenne-Pays d’Azay », pendant 5 ans. Les paysages bretons lui ont longtemps manqué : « Un bout de mer dans un virage, l’air iodé, le bruit des mouettes. Mais ma chance est d’être arrivée directement au CPIE, j’y ai fait de très belles rencontres humaines, j’ai découvert les paysages de Brenne, la faune et la flore grâce aux animateurs nature. Je suis tombée amoureuse de cette Brenne paisible, riche de couleurs selon les saisons un peu comme en Bretagne, l’air iodé en moins. Je sais reconnaître un passage de sanglier, une empreinte de chevreuil ou un vol de martinets ! »
Son lien à la nature remonte à l’enfance. Scoute de 10 à 17 ans, elle a passé cette période à arpenter forêts et montagnes : « J’apprends que même si nous ne possédons pas tout, on peut se débrouiller autrement, je ne suis vraiment pas quelqu’un de matérialiste. La nature est riche et a tellement de choses à nous offrir si on sait prendre soin d’elle. »
Beaucoup des activités qu’elle propose, avec les enfants comme avec les adultes, reposent sur le développement durable et la récupération : « Cela fait partie de mes valeurs de ne pas surconsommer. Mes parents m’ont élevée de cette façon, en m’apprenant qu’on pouvait toujours trouver des solutions sans être obligé de toujours acheter. » Le gaspillage est un sujet qui la touche profondément, et elle veille à ce que ses animations puissent être reproduites à la maison sans peser sur le budget des familles.
C’est tout naturellement que ses attaches au CPIE l’ont amenée à travailler avec Bastien, ancien salarié, sur le Défi Alimentation, un défi visant à accompagner les habitants et faire évoluer leurs pratiques alimentaires vers des produits de saison, locaux, être plus respectueux de l’environnement, sans augmenter son budget. « Je suis sortie de ce défi avec un autre regard, une prise de conscience. Même si on ne peut pas bouleverser toutes ses habitudes, on peut les modifier petit à petit. Pour moi, ces changements de consommation avaient des raisons économiques, qui sont devenues des raisons écologiques ».
Son rôle au sein du projet a été essentiel : « J’ai mobilisé le public, partagé avec eux des histoires de vie, d’habitudes alimentaires, aidé à libérer la parole pour des personnes qui ont moins l’habitude de s’exprimer sur ce sujet. J’accompagne beaucoup de personnes qui vivent en précarité alimentaire et lorsque que l’on parle alimentation c’est une part intime de leur vie. D’ailleurs avec Annie, une bénévole avec qui je travaille souvent, nous aimons parler de « sobriété alimentaire » et non de précarité. »
Ce défi lui a apporté une conviction forte : « La confirmation qu’ensemble, il est possible d’apporter des modifications dans nos comportements de consommateurs. » Elle poursuit aujourd’hui cet engagement à travers un nouveau projet de transformation des fruits et légumes invendus du territoire pour les redistribuer à l’épicerie sociale Solidago et à l’épicerie solidaire de la Brenne. « Ce Défi Alimentation est une porte d’entrée pour un changement certain, même si cela demande encore beaucoup de temps », précise-t-elle. « Beaucoup de personnes me disent avoir changé leurs habitudes alimentaires, par exemple qu’ils n’achètent plus de goûter pour les enfants mais les font eux-même, et ça, pour moi, c’est énorme si des familles achètent moins de produits transformés. »
Déjà attentive à ses achats, et chanceuse d’avoir un conjoint jardinier, Armelle a elle aussi changé quelques habitudes depuis le défi : « Je fais mes courses différemment, en petite quantité, le plus souvent des produits bruts. J’ai la chance d’avoir grandi dans le monde de la cuisine, je fais beaucoup de conserves et je transforme beaucoup de choses. » Elle avance pas à pas, en douceur.
Son message pour conclure ? « Ce défi fut une très belle expérience, une fois de plus je peux allier mes valeurs personnelles dans un cadre professionnel. Je souhaite que ce défi alimentation puisse se multiplier encore pour de nombreuses années. C’est au moins le temps dont nous aurons besoin pour que des changements opèrent. Nous devons transmettre aux jeunes générations que le bien-être passe aussi par nos assiettes et les choix de consommation que nous faisons.