10/09/2026
J’ai arrêté de courir avec ma montre GPS pendant 30 jours… et je ne m’attendais pas à ce que ça change autant ma façon de courir.
Au début, ma montre était devenue presque indispensable.
Je partais courir, je lançais le GPS et, quelques secondes plus t**d, j’avais déjà un chiffre devant les yeux.
5:20/km.
Trop lent.
5:05/km.
Mieux.
4:55/km.
Là, je commençais à être satisfait.
Et sans même m’en rendre compte, je ne courais plus vraiment.
Je vérifiais mon allure.
Puis ma fréquence cardiaque.
Puis ma distance.
Puis mon allure moyenne.
Puis je regardais si j’étais plus rapide que la semaine précédente.
Même pendant une sortie censée être facile, j’avais toujours quelque chose à prouver à cette petite montre accrochée à mon poignet.
Et puis l’été est arrivé.
Les grosses chaleurs.
Les sorties plus tôt le matin.
Les jambes parfois plus lourdes.
Certaines journées où courir 6 km semblait beaucoup plus difficile que d’habitude.
Et ma montre, elle, ne savait pas tout ça.
Elle ne savait pas que j’avais mal dormi.
Elle ne savait pas qu’il faisait 30°C.
Elle ne savait pas que j’avais accumulé de la fatigue.
Elle savait seulement que mon allure était plus lente.
Alors j’ai essayé quelque chose.
J’ai laissé la montre à la maison.
Pas pour une séance.
Pas pour deux.
Pendant plusieurs semaines.
Au début, c’était bizarre.
Je courais sans savoir si j’étais à 5:00, 5:30 ou 6:00/km.
Et puis quelque chose s’est produit.
J’ai commencé à écouter mon corps.
Si ma respiration était facile, je continuais.
Si mes jambes étaient lourdes, je ralentissais.
Si je me sentais bien, j’accélérais naturellement.
Je n’avais plus besoin qu’un écran me dise si ma sortie était “bonne”.
Je rentrais chez moi avec une sensation que j’avais presque oubliée :
le plaisir de courir sans devoir performer.
Et c’est là que j’ai compris quelque chose.
Une montre GPS est un outil extraordinaire.
Pour préparer un marathon, suivre une progression ou structurer certaines séances, elle peut être extrêmement utile.
Mais elle ne devrait pas devenir le patron de toutes tes sorties.
Parce qu’un même rythme ne représente pas le même effort en janvier, en août, après une mauvaise nuit ou après une semaine chargée.
Et surtout, parce qu’une habitude peut devenir une prison sans qu’on s’en rende compte.
Tu commences par regarder ton allure.
Puis tu ne peux plus courir sans la regarder.
Puis tu culpabilises quand le chiffre est mauvais.
Puis tu oublies pourquoi tu avais commencé à courir.
Alors, avec la rentrée et la reprise des habitudes d’entraînement, j’ai décidé de garder une règle simple :
certaines sorties sont faites pour progresser.
D’autres sont simplement faites pour courir.
Et parfois, la meilleure statistique d’une sortie…
c’est simplement de rentrer chez soi avec l’envie de recommencer demain.
Et toi, pourrais-tu faire une sortie cette semaine sans montre GPS, sans regarder ton allure, juste en écoutant tes sensations ?