21/09/2026
David Basset transmet les arts martiaux vietnamiens avec une conviction profonde : le mouvement doit être accessible à tous. Au Centre Thiêu Lâm, la pratique dépasse le cadre sportif. Elle devient un outil pour se construire, se canaliser, … et parfois même se reconstruire après la maladie.
Pour David Basset, l’histoire commence à l’adolescence. À 12 ans, il pousse les portes d’un dojo et découvre le karaté. Quelques années plus t**d, sa passion se tourne vers les arts martiaux vietnamiens, qu’il pratique depuis 1993.
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Une passion devenue vocation. David enseigne aujourd’hui depuis près de 35 ans. Très tôt, ses qualités techniques l’amènent à prendre des responsabilités dans l’enseignement. Plusieurs fois champion de France en technique et en combat, il devient également sélectionneur de l’équipe de France de la FKDA pour les championnats internationaux au Vietnam. Mais derrière les titres et les responsabilités, c'est surtout la transmission qui semble avoir guidé son parcours.
En 2001, il participe à la création du Centre Thiêu Lâm à Blagnac, avec un groupe d’amis réunis autour d’une même passion. Depuis, l'association a considérablement évolué. Aujourd’hui, son identité reste pourtant intacte : les arts martiaux vietnamiens et l’idée qu’ils doivent pouvoir être pratiqués par chacun.
« C'est pour tout le monde »
C’est probablement l’une des phrases qui résument le mieux la philosophie de David Basset.
Le Centre Thiêu Lâm ne s’adresse pas uniquement aux pratiquants aguerris ou à ceux qui rêvent de compétition. Les arts martiaux y sont envisagés comme un moyen de se défendre, bien sûr, mais aussi comme une pratique artistique, physique et surtout humaine.
Cette volonté prend notamment tout son sens auprès des enfants. Certains sont timides, d’autres rencontrent des difficultés à communiquer ou portent en eux beaucoup de colère. Pour David Basset, les arts martiaux peuvent devenir un moyen de canaliser ces émotions.
L'enseignement commence donc très tôt. Dès l'enfance, les élèves peuvent notamment découvrir le maniement d'armes adaptées à leur âge, comme le nunchaku en mousse. L'objectif n'est pas seulement de leur apprendre un geste technique. L'objet dans la main demande de l'attention, de la coordination, de la mobilité. Il concentre l'enfant et lui permet progressivement de prendre confiance.
Le mouvement devient alors un langage.
Une histoire personnelle qui change tout
Si David Basset a développé cette approche ouverte du sport, ce n'est pas uniquement parce qu'il est enseignant. C'est aussi parce qu'il a lui-même connu les limites que le corps peut imposer. Il raconte avoir été touché par la maladie et avoir dû affronter les recommandations de médecins qui lui demandaient d'arrêter les arts martiaux.
Pour quelqu'un dont la pratique constitue une véritable passion, la décision était difficile à envisager. Les problèmes de santé qu'il rencontrait, notamment des phlébites et des paraphlébites à répétition, rendaient certaines pratiques compliquées. Pourtant, plutôt que d'abandonner complètement son univers, David Basset a cherché une autre manière de pratiquer.
Il s'est notamment tourné vers les pratiques internes, comme le Tai Chi et le Qi Gong, et a multiplié les formations en Chine et au Vietnam. Cette expérience a profondément marqué sa vision de l'enseignement. Aujourd'hui, il explique ne plus avoir ces problèmes et considère que cette pratique l'a aidé à sortir de cette période difficile.
Transformer l'épreuve en transmission
C'est sans doute là que le parcours de David Basset prend une dimension particulièrement personnelle.
Ayant lui-même connu le sentiment de ne plus pouvoir pratiquer comme avant, il veut désormais montrer aux autres que l'activité physique peut s'adapter aux personnes, et non l'inverse. L'âge, le manque de souplesse, la condition physique ou encore le handicap ne devraient pas nécessairement fermer la porte d'un dojo.
Une philosophie qui s'applique concrètement au Centre Thiêu Lâm où les pratiquants peuvent avoir des profils très différents. Le plus jeune peut commencer dès 3 ans. Et à l'autre extrémité, le pratiquant de Viet Vo Dao le plus âgé du centre a 76 ans.
Plus de 470 adhérents dans trois communes
Cette conception des arts martiaux semble avoir trouvé son public. Le Centre Thiêu Lâm compte aujourd'hui plus de 470 adhérents répartis sur trois communes : Blagnac, Pibrac et Aussonne. Un développement qui n'a pas éloigné David Basset de sa conviction initiale : faire des arts martiaux un espace accessible, où chacun peut trouver quelque chose.
Se défendre. Se dépenser. Créer. Apprendre à se concentrer. Canaliser sa colère. Prendre confiance. Entretenir son corps. Ou simplement continuer à bouger malgré les difficultés. Les raisons de pousser la porte du centre sont multiples.
S'épanouir par le mouvement
À travers son parcours, David Basset défend finalement une vision des arts martiaux bien éloignée des clichés de la performance ou du combat. Son expérience personnelle l'a amené à regarder autrement la pratique sportive. Celle-ci peut être exigeante sans être excluante. Elle peut demander des efforts sans imposer les mêmes objectifs à chacun.
Et surtout, elle peut accompagner les différentes étapes d'une vie.
« S'épanouir par le mouvement » : la formule résume cette philosophie.
Un enfant de 3 ans qui découvre ses premiers gestes, un adolescent qui apprend à canaliser ses émotions, un adulte qui cherche à prendre soin de son corps ou une personne en situation de handicap qui souhaite retrouver le plaisir de pratiquer : chacun peut trouver sa place.
C'est aussi montrer que, quelles que soient les épreuves ou l'âge, il est toujours possible de continuer à avancer.
David Basset transmet les arts martiaux vietnamiens avec une conviction profonde : le mouvement doit être accessible à tous. Au Centre Thiêu Lâm, la pratique dépasse le cadre sportif. Elle devient un outil pour se construire, se canaliser, … et parfois même se reconstruire après la maladie.