13/08/2026
Pourquoi prenons-nous les postures de façon dynamique dans la tradition de T.Krishnamacharya?
Si vous avez participé à un cours de yoga donné par un professeur formé dans la tradition de T.Krishnamacharya, vous aurez remarqué que les postures ne se prennent pas toutes sur le mode statique et que le professeur vous demande de prendre certains āsana dans un nombre répété de fois .
Vous avez peut-être remarqué alors, que si la position vous demande des efforts ou de l’adaptation, voire même vous surprend pendant les premiers cycles, elle devient de plus en plus aisée et facile au fur et à mesure des répétitions.
Car, si nous demandons aux élèves de prendre une posture un nombre répété de fois, ce n’est pas pour l’embêter ou tester sa patience! C’est que, lorsque le corps n’est pas habitué à une posture, dans le cas d’élèves débutants par exemple, ou lorsque la posture est nouvelle, il peut se braquer ou développer une tension. Et si la posture est difficile ou nouvelle, elle peut créer une résistance physique ou mentale également.
En demandant à l’élève de répéter la posture un certain nombre de fois, le corps s’habitue progressivement. Le mental se stabilise face à ce qu’il considérait comme nouveau, le souffle s’harmonise avec le mouvement. La respiration s’allonge ensuite, apportant un confort supplémentaire au nouvel effort des muscles, permettant à la posture de devenir de plus en plus agréable et confortable.
De plus, a répétition dans la pratique d’āsana, permet le travail véritable sur le souffle. Comme on l’a vu, en créant un meilleur confort dans la posture, le souffle peut s’installer et s’allonger.
Pour les personnes n’ayant pas l’habitude de respirer profondément dans les positions, cette répétition crée une ventilation naturelle avec l’enchaînement des fermetures et ouvertures du thorax et de l’abdomen. Le souffle peut ainsi naturellement se mettre en place. Le corps devient l’exercice du souffle et l’allongement se fait tout naturellement.
Les personnes arrivant au yoga avec un souffle court peuvent donc commencer à explorer le souffle profond, dès la première séance et apprennent à ralentir, au niveau des mouvements aussi. Car lorsqu’un mouvement se fait sur l’inspiration et la contre-posture sur l’expire, ou l’inverse, il est impossible de penser à autre chose tout en pratiquant, ou de rester dans le mental.
L’attention se porte ainsi instantanément sur le souffle, amenant la profondeur mais aussi l’intériorité, assez rapidement dans la pratique.
Pour les élèves plus avancés, le professeur pourra ensuite amener des rythmes de respiration, là aussi, devenus plus aisés à mettre en place par la répétition des postures. Si l’on part sur un allongement progressif de l’inspire ou de l’expire par exemple, il sera plus facile d’ajouter une seconde de plus pour chaque mouvement et travailler là aussi l’allongement.
Puis, selon le principe des krama cher à T.Krishnamacharya, lorsque cette étape de la prise des postures en dynamique sera maîtrisée puis stabilisée, il sera possible d’amener la prise de position en statique.
L’élève sera alors parfaitement à l’aise dans sa posture, ou alors, trouvera les moyens de l’améliorer à chaque respiration, ayant déjà intégré le principe du vinyāsa, ou progression dans la posture.
C’est ainsi que T.Krishnamacharya « voyait » le yoga. Une pratique effectuée dans la progression, ou vinyāsa, c’est-à-dire commencer là où on est, avec ses capacités de départ et ses faiblesses, pour pouvoir ensuite évoluer à partir de cela. Sans heurt ni créer de blocage. Dans le respect du principe d’ahiṃsā, la non-violence, pour le corps, le souffle et la conscience. La découverte se fait pas à pas. L’important ce n’est pas la destination, mais le voyage en lui-même.
Muriel Giraud
www.pranayoga-nice.com
08/07/2026
25/06/2026
23/07/2025
01/07/2025