J'ai lu hier dans Le Monde cet article sur le film. Il y avait de belles photos commentées à la fin mais je n'ai pas pu les joindre.
J'aurais tellement vivre ces matchs dans ces lieux interlopes !
https://www.lemonde.fr/article-offert/b01ce48e6969-6661363/sur-le-tournage-de-marty-supreme-timothee-chalamet-plie-le-match
RÉCIT
Dans « Marty Supreme », de Josh Safdie, Timothée Chalamet incarne Marty Ma**er, un personnage inspiré de Marty Reisman, champion de tennis de table dans les années 1950. Ce rôle consacre la star de 30 ans comme un des plus grands acteurs de sa génération, favori dans la course aux Oscars. Le photographe Tim El Kaïm a eu accès en exclusivité au tournage de ce film événement, qui sortira en France en février.
Dans la France des années 1950, le tennis de table était un loisir apprécié de ceux qui avaient de la place dans leur jardin. Il était aussi un sport de compétition, marginal et peu médiatisé. De l’autre côté du rideau de fer, en Europe du Nord et en Asie, il en allait autrement. Dans ces pays, ses champions étaient des stars et, en Chine, des quasi-divinités. Aux Etats-Unis, le ping-pong constituait avant tout un mode de vie. Ses adeptes étaient souvent des personnalités hors norme, romanesques.
Le film Marty Supreme (en salle le 18 février), mis en scène par le seul Josh Safdie, sans la collaboration de son frère cadet, Ben, explore cette culture fascinante. Les quatre films jusqu’ici réalisés par les deux frères, dont les récents Good Time (2017) et Uncut Gems (2019), étaient marqués par l’empreinte de New York et un goût pour les délinquants pathétiques, promis au désastre – tels le braqueur incarné par Robert Pattinson dans Good Time ou le joueur criblé de dettes, rendu inoubliable par Adam Sandler, dans Uncut Gems. Dans Marty Supreme, le pongiste mégalomane et sans principe interprété par Timothée Chalamet, guère habitué à un rôle aussi antipathique, vient compléter cette galerie d’hommes perdus.
Josh Safdie avait gardé un souvenir vivace des récits de son oncle sur le tennis de table. A New York, au milieu du siècle dernier, ce sport se pratiquait dans des lieux malfamés, attirant une faune de marginaux, de gangsters, de drogués et d’arnaqueurs. Dans les milieux interlopes, à côté du billard et de la table de poker, trônait la table de ping-pong, en particulier au sein du Lawrence’s Table Tennis Club, fréquenté par l’oncle du réalisateur.
Pongiste de génie la nuit
Le cinéaste a estimé que le tennis de table pouvait trouver, comme la boxe, ses lettres de noblesse au cinéma. Selon Josh Safdie, dans des propos rapportés dans le dossier de presse du film : « Les gens qui brillaient au tennis de table étaient souvent ceux qui ne trouvaient leur place nulle part ailleurs. La discipline n’était pas respectée et donc, en toute logique, elle attirait des types louches, des puristes, des obsessionnels. Quand j’ai découvert que le tennis de table remplissait des stades au Royaume-Uni et partout en Europe, j’ai compris qu’il était parfaitement crédible qu’un jeune, en 1952, soit convaincu qu’il puisse devenir célèbre grâce à ce sport. »
Après la découverte, dans une brocante, d’un ouvrage signé d’un certain Marty Reisman, prodige du tennis de table médaillé à plusieurs reprises lors de championnats du monde dans les années 1940 et 1950 (il fut notamment médaillé de bronze aux championnats du monde de 1949 et vainqueur de l’US Open en 1958 et 1960), Josh Safdie avait trouvé son cadre narratif.
Dans le New York de l’immédiat après-guerre, au croisement du film noir et du roman d’apprentissage, ce serait l’histoire d’un personnage issu du prolétariat juif baptisé Marty Ma**er, vendeur de chaussures le jour, pongiste de génie la nuit, prêt à tout pour s’élever socialement.
Il se produit, avec Marty Supreme, un miracle Timothée Chalamet. A une époque où semble révolu le règne de la star de cinéma, celle qui assure sur son seul nom un nombre certain d’entrées en salles, l’acteur américain révélé par Call Me by Your Name (2017), de Luca Guadagnino, s’est imposé comme l’une des très rares vedettes masculines, avec Leonardo DiCaprio, capables d’attirer infailliblement les spectateurs. Sa carrière est un sans-faute : Dune (2021) et Dune : deuxième partie (2024), de Denis Villeneuve ; Wonka (2023), de Paul King ; Un parfait inconnu (2025), de James Mangold.
Une sublime amoralité
Parvenir à remplir les salles avec une œuvre aussi difficile que Marty Supreme est un tour de force. C’est pourtant ce qui se produit aux Etats-Unis, où le film, sorti le jour de Noël, avait atteint 56 millions de dollars (48 millions d’euros) de recettes cumulées au 4 janvier, à une époque où le public américain se déplace essentiellement pour voir des films d’horreur, d’animation ou de super-héros (à l’exception d’Une bataille après l’autre, de Paul Thomas Anderson, avec Leonardo DiCaprio) et où l’importance de l’acteur apparaît secondaire, voire inexistante .
La performance de Timothée Chalamet est d’autant plus surprenante que son physique fluet en faisait un candidat improbable au rôle du prodige sportif de Marty Supreme ; il y est d’une sublime amoralité, magnifique de duplicité. Une star ne peut tout à fait se réaliser sans vraie rencontre avec un metteur scène : l’histoire retiendra sans doute que c’est avec Josh Safdie que Timothée Chalamet aura définitivement acquis son statut.
L’acteur a marqué des points pour les Oscars, en remportant le prix du meilleur acteur le 4 janvier pour Marty Supreme lors des Critics Choice Awards, cérémonie qui ouvre la saison des récompenses hollywoodiennes.
Des plans comme des toiles
Les photographies de plateau, un art en voie de disparition, ont cette qualité de restituer la vérité d’un film tout en en exagérant les traits. Les instants capturés en exclusivité sur le tournage de Marty Supreme par Tim El Kaïm à l’automne 2024 semblent extraits d’un film des années 1950.
La lumière composée par Darius Khondji (qui a ouvert au photographe, dont il est proche, les portes du plateau) joue un rôle central. Elle dit à elle seule le style du film, à la fois classique et d’une grande modernité. L’idée de Khondji, qui a travaillé avec David Fincher, Michael Haneke, James Gray et, déjà, Josh Safdie sur Uncut Gems, était de construire certains plans comme des toiles. Il a surtout pensé au peintre américain George Bellows, en particulier à ses combats de boxe. « Bellows m’a accompagné toute ma vie, assure Darius Khondji. Parfois, il surgit, comme pour ce film. Chez lui, la lumière sur les boxeurs vient du dessus alors qu’ils évoluent dans l’obscurité. J’avais ces images en tête. »
Les pongistes de Marty Supreme ont donc hérité du traitement de la lumière habituellement appliqué aux boxeurs. Les photos de Tim El Kaïm en rendent magnifiquement compte : les gestes des athlètes, saisis comme des puncheurs sur un ring, évoquent les mouvements de danseurs.
Une mosaïque de visages singuliers
Ils sont éclairés par une lumière au tungstène posée sur une table, mais tout ce qui les entoure est abandonné à la pénombre. C’est une image quasi documentaire, d’une rare stylisation dans le cinéma américain d’aujourd’hui.
Sur ces photos apparaît également la tribu de Josh Safdie. Les seconds rôles, ses amis issus de son milieu new-yorkais, offrent une tonalité étrange et contemporaine à ce film d’époque, tranchant avec la rigueur de la reconstitution. On y croise le rappeur Tyler, The Creator, le réalisateur Abel Ferrara, le dramaturge et réalisateur David Mamet, l’actrice et compositrice Sandra Bernhard, le funambule français Philippe Petit, le créateur de mode Isaac Mizrahi, l’essayiste britannique Pico Iyer, spécialiste du dalaï-lama, ou encore l’entrepreneur canadien Kevin O’Leary.
Pourtant, les images de Tim El Kaïm révèlent moins un défilé de célébrités que des visages singuliers, faits pour se fondre dans l’espace-temps du New York des années 1950, venus composer la mosaïque d’un film inoubliable.
Street Ping-Pong
Street Ping-Pong à Paris. Page liée au groupe : https://www.facebook.com/groups/streetpingpong/
31/10/2025
Absolument passionnant :
Ping-pong et révolutions - Dix sports pour trouver l'ouverture un lundisoir avec le philosophe Fred Bozzi Dix sports pour trouver l'ouverture un lundisoir avec le philosophe Fred Bozzi
03/10/2025
Elles sont superbes les nouvelles tables Cornillaud du parc de la Villette (même si l'installation pourrait être r***e, car certaines sont trop proches les unes des autres et il n'y a pas assez de recul).
Et il y en a des deux côtés du canal !
Zut, on a raté ça
18/07/2025
Pour info, il y a trois tables d'extérieur installées place Stalingrad en ce moment et accessibles à tous.
On va sûrement aller faire un tour à la Communale à Saint-Ouen cet après-midi vers 15h avec Ric VO et Lucien Trung. Si ça dit à un quatrième larron de nous rejoindre... 🏓🏓🏓
Est-ce que quelqu'un sait par ici s'il y a toujours des tables au Ground Control quand il n'y a pas d'évènement particulier ? 🤔
27/08/2024
On remet ça aujourd'hui, toujours à l'écluse des Morts (159 quai de Valmy) à 14h30.
Il y avait de très bons joueurs hier !
On va faire un tour à l'écluse (dite "écluse des morts") quai de Valmy, vers 15h30... Pour y jouer un peu, si ça dit à quelqu'un. 🏓🏓🏓
14/07/2023
À essayer ! Merci pour le tuyau Widdy !
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