MMA Club De Reims Arts Martiaux Mixtes

MMA Club De Reims Arts Martiaux Mixtes

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ARTS MARTIAUX MIXTES MMA CLUB DE REIMS
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05/09/2026
23/08/2026

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13/08/2026

Dans les arts martiaux avancés, le regard n’est pas simplement un instrument destiné à fixer une cible. Il constitue un véritable système d’acquisition de l’information, de gestion de l’intention et de communication non verbale. L’expert apprend progressivement à dissocier ce qu’il voit de ce qu’il laisse paraître. Il observe beaucoup, mais montre peu. Cette capacité est fondamentale dans toute situation où la lecture de l’adversaire précède l’action.
Le principe traditionnel selon lequel « le regard précède l’intention » doit être compris à plusieurs niveaux. Avant qu’un mouvement ne se manifeste extérieurement, l’intention peut déjà apparaître dans la direction du regard, la modification de la posture, la tension musculaire, le déplacement du centre de gravité ou encore le changement du rythme respiratoire. Un pratiquant expérimenté cherche donc moins à regarder les mouvements qu’à percevoir les changements qui les annoncent.
Inversement, l’expert évite de donner gratuitement ces informations. Fixer ostensiblement une cible, tourner brutalement les yeux vers une zone avant de s’y déplacer, contracter le visage ou modifier sa posture de manière excessive constituent autant de signaux susceptibles d’être interprétés. Le regard devient alors une forme de langage corporel. Celui qui maîtrise ce langage sait recevoir l'information sans nécessairement en émettre.
La difficulté consiste cependant à ne pas tomber dans l’erreur inverse : vouloir dissimuler son intention en regardant artificiellement ailleurs. Un regard trop volontairement fuyant devient lui-même un signal. La véritable maîtrise repose sur une attention ouverte et naturelle. Les yeux peuvent se poser sur un point éloigné tout en maintenant une perception globale de l’environnement. On ne cherche plus à « fixer » quelque chose : on laisse le champ visuel travailler.
C’est ici que l’image de la montagne lointaine prend toute sa valeur pédagogique. Regarder le mont Fuji au loin, par exemple, peut sembler n’avoir aucun rapport avec l’observation martiale. Pourtant, cette attitude permet de travailler une vision moins crispée, moins focalisée et davantage panoramique. Le pratiquant regarde la montagne sans perdre la perception des personnes, des déplacements et des variations périphériques qui se produisent autour de lui. Son attention n’est pas enfermée dans un point unique.
Cette distinction entre regard focalisé et attention périphérique est essentielle. La vision centrale permet d’identifier précisément un détail ; la perception périphérique permet de détecter simultanément des changements dans l’environnement. L’expert cherche à combiner les deux : une information précise lorsque cela est nécessaire, mais une conscience générale du contexte en permanence.
Dans une interaction martiale, l’objectif n’est donc pas de « lire dans les pensées » de l’autre. Il s’agit de construire rapidement des hypothèses à partir d’indices observables. Une modification de distance, un changement d’appui, une épaule qui se ferme, une respiration qui se bloque ou un déplacement inhabituel du bassin peuvent indiquer une préparation d’action. Mais aucun indice isolé ne constitue une certitude. L’expert observe les tendances, croise les informations et reste prêt à réviser son interprétation.
Cette attitude rejoint une règle fondamentale : observer sans anticiper excessivement. Celui qui croit avoir compris trop tôt devient prisonnier de sa propre interprétation. Celui qui conserve une attention ouverte peut attendre que l'information se confirme. La neutralité mentale devient alors aussi importante que la technique physique.
La dissimulation de l’intention ne signifie pas devenir mystérieux ou théâtral. Elle signifie supprimer les télégraphies inutiles. Le corps doit rester disponible, respiré et économiquement organisé. L’intention existe intérieurement, mais elle ne provoque pas prématurément une modification visible du comportement. Dans le langage du Taijiquan, on pourrait rapprocher cette idée du travail de l’intention — Yi — qui guide le mouvement sans nécessairement produire une agitation extérieure.
L’expert développe ainsi une double compétence apparemment paradoxale : être extrêmement attentif tout en paraissant parfaitement détendu. Il recueille continuellement des informations, mais son visage, son regard et sa posture ne révèlent pas nécessairement ce qu’il vient de percevoir. Cette économie de signaux réduit les possibilités pour l’autre de lire son propre processus décisionnel.
Le regard devient alors un outil de contrôle de l’information. Je regarde sans forcément fixer. Je perçois sans réagir immédiatement. Je comprends sans afficher que j’ai compris. Et lorsque l’action devient nécessaire, elle ne commence pas par une préparation spectaculaire : elle découle naturellement d’une décision déjà intégrée.
C’est probablement l’une des différences fondamentales entre le débutant et l’expert. Le débutant regarde ce qu’il veut atteindre. L’expert regarde l’ensemble de la situation. Le débutant réagit au mouvement. L’expert cherche à percevoir ce qui change avant le mouvement. Le débutant montre souvent ce qu’il va faire. L’expert apprend à ne pas donner gratuitement cette information.
Mais le niveau supérieur consiste encore à dépasser cette opposition. Il ne s’agit plus de cacher son regard derrière une technique de dissimulation. Il s’agit de parvenir à un état où le regard, la respiration, la posture et l’intention restent naturellement cohérents et non télégraphiques.
Alors, regarder la montagne devient un véritable exercice martial. Le regard se pose au loin, la respiration s'approfondit, le corps reste disponible et l’environnement demeure présent dans la perception périphérique. Le pratiquant ne cherche pas l’affrontement ; il développe une capacité plus fondamentale : voir sans être absorbé par ce qu’il voit, comprendre sans se précipiter, et agir sans avoir annoncé son intention.
La montagne est immobile, mais tout bouge autour d’elle. C’est précisément cette capacité à percevoir le mouvement dans l’immobilité — sans perdre son propre calme — qui constitue l’un des fondements de l’expertise martiale. ( Texte Bezruki Grégory ceinture noire 9 dan usa prof d'arts martiaux diplômé d' état 13 Août 2026 )

10/08/2026

Bai He Liang Chi (La grue blanche déploie ses ailes – 白鶴亮翅) :
certaines traditions y voient une manière de créer de l'espace, contrôler un membre supérieur.
Bai He Liang Chi, la posture où la grue blanche déploie ses ailes, incarne dans les traditions expertes du taijiquan une gestion dynamique de l’espace intermédiaire et un contrôle précis d’un membre supérieur adverse, loin de toute interprétation purement esthétique ou d’évitement passif. Dans une application réaliste de self-défense, le mouvement part d’un engagement frontal ou légèrement latéral où l’adversaire avance avec une attaque haute, typiquement un coup de poing ou une saisie vers le visage ou le thorax. Le bras supérieur s’élève en peng, non pas pour bloquer rigidement, mais pour coller et soulever le membre attaquant, interrompant sa trajectoire tout en créant un angle qui désorganise la structure de l’adversaire. Simultanément, le bras inférieur descend en an ou en cai, contrôlant ou écartant le bras opposé, une tentative de saisie basse, ou même une jambe qui monte, de sorte que les deux actions opposées fragmentent l’unité du corps adverse.
Cette séparation n’est pas une simple ouverture : elle engendre un vide contrôlé entre les bras de l’adversaire tout en maintenant le contact, permettant au praticien de s’insérer dans l’axe central. Le poids bascule sur la jambe arrière, la jambe avant restant légère en xu bu, ce qui prépare non une fuite mais un appui pour un contre immédiat. Le contrôle du membre supérieur devient alors levier : en maintenant le bras adverse relevé et légèrement tourné, on expose l’aisselle, le côté du cou ou la zone costale, zones où un coup de coude, un frappe de paume ou un coup de genou peut être délivré avec la rotation de la taille. Si l’adversaire résiste en poussant, le même mouvement se transforme en projection : le bras supérieur continue de soulever tandis que le bras inférieur tire ou presse vers le bas, créant un couple de forces qui déséquilibre vers l’arrière ou le côté, souvent en combinant un pas d’entrée pour placer l’épaule ou la hanche sous le centre de gravité adverse.
Dans les interprétations les plus combat-oriented, notamment chez les héritiers yang et chen qui insistent sur l’usage martial, le geste de déploiement n’ouvre jamais le corps de manière vulnérable. Les bras restent semi-circulaires, les coudes bas, la poitrine légèrement rentrée, de sorte que même en séparant les attaques, la structure reste compacte et capable d’absorber un second coup. Le contrôle du membre supérieur peut aussi se muer en qinna : le bras relevé est saisi au poignet ou au coude, puis tordu en combinant la rotation du tronc, tandis que le bras inférieur empêche l’adversaire de récupérer son équilibre ou de frapper de l’autre main. La jambe avant, restée légère, peut alors balayer ou frapper le genou ou le tibia adverse au moment précis où le déséquilibre est maximal, transformant la posture en enchaînement de contrôle, frappe et projection.
L’efficacité repose sur le timing et la sensibilité : le praticien écoute la force adverse dès le contact, suit sans opposition frontale, puis renvoie l’énergie par la séparation verticale. Dans un contexte réaliste, face à un attaquant déterminé qui enchaîne, Bai He Liang Chi sert de pivot défensif-offensif qui neutralise l’attaque haute, sécurise l’espace bas, et ouvre immédiatement une opportunité de frappe aux points vitaux ou de chute contrôlée, sans jamais céder le terrain par pure retraite

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