14/09/2026
Aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet qui va peut-être déranger certaines personnes… mais j’ai besoin d’en parler.
Parce qu’il y a des réflexions qu’on entend, qu’on pourrait laisser passer… et puis il y en a d’autres qui restent dans la tête.
Aujourd’hui, j’ai reçu une réflexion devant mon fils qui m’a profondément marqué.
Une dame, accompagnée de sa fille, regardait mon fils. Et elle lui a dit qu’il devrait avoir honte d’avoir un papa en fauteuil roulant.
Oui. Vous avez bien lu.
Avoir honte de son papa.
Je suis resté complètement bouche bée. Pendant quelques secondes, je n’ai même pas su quoi répondre.
Parce qu’au fond, comment peut-on expliquer à quelqu’un que cette phrase est complètement absurde ?
Comment peut-on regarder un enfant de 4 ans et lui faire croire qu’il devrait avoir honte de la personne qui l’aime, qui le protège, qui joue avec lui, qui l’accompagne au quotidien… simplement parce que cette personne se déplace en fauteuil ?
Mon fauteuil ne retire rien à mon rôle de père.
Je suis toujours son papa.
Je suis celui qui lui fait des câlins, celui avec qui il rigole, celui qui l’écoute, celui qui lui apprend des choses, celui qui est là quand il a besoin de moi.
Un fauteuil ne remplace pas une personne. Il ne définit pas un père.
Et alors que je ne savais absolument pas quoi répondre à cette dame…
Mon fils, lui, n’a pas hésité une seule seconde.
Il l’a regardée et lui a répondu :
« Va l’as bas ! Mon père c’est le meilleur, et au moins il est beau même en fauteuil ! »
J’avoue… je suis resté choqué par la première partie, mais la deuxième m’a achevé.
J’ai rigolé.
Parce qu’au milieu de cette réflexion complètement déplacée, mon fils venait finalement de me donner la plus belle réponse possible.
À seulement 4 ans, il n’a pas vu un fauteuil.
Il n’a pas vu un handicap.
Il n’a pas vu une différence.
Il a vu son papa.
Et ça, je crois que c’est quelque chose que beaucoup d’adultes devraient réapprendre.
Les enfants ne naissent pas avec ce regard rempli de jugement. Ils apprennent à regarder les autres à travers ce qu’on leur transmet.
Alors oui, je peux comprendre qu’un fauteuil puisse intriguer un enfant. Je peux comprendre qu’il pose des questions. Je peux comprendre qu’il soit curieux.
Mais apprendre à un enfant qu’il devrait avoir honte d’un parent parce qu’il est handicapé ?
Ça, non.
C’est justement ce genre de réflexion qui me révolte.
Parce que derrière chaque fauteuil, il y a une personne.
Un père. Une mère. Un frère. Une sœur. Un enfant. Un mari. Une femme. Un ami.
Des personnes avec des rêves, des projets, des qualités, des défauts, des peurs, des combats… et surtout, des personnes qui méritent exactement le même respect que tout le monde.
Je n’ai pas choisi mon fauteuil.
Mais même si je l’avais choisi, mon fils n’aurait jamais eu à avoir honte de moi.
Et finalement, aujourd’hui, c’est moi qui suis fier.
Fier de mon fils.
Parce qu’à 4 ans, il a compris quelque chose qu’une adulte n’a visiblement toujours pas compris :
Ce n’est pas un fauteuil qui fait la valeur d’un père. C’est l’amour qu’il donne à son enfant.
Alors à toutes les personnes qui se permettent encore des réflexions sur le handicap : avant de parler, réfléchissez.
Votre regard, vos paroles et vos jugements peuvent faire beaucoup plus de mal que vous ne l’imaginez.
Et à mon fils…
Merci de m’avoir rappelé, avec tes mots bien à toi, que je n’ai absolument aucune raison d’avoir honte d’être ton papa. ❤️