Besso Ballet Académie Toulouse Saint-Orens

Besso Ballet Académie Toulouse Saint-Orens Ecole de Danse Classique pour Loisirs: Enfants à partir de l'âge de 3 ans. Adolescents. Adultes...

UNE VIE CONSACREE A LA DANSE Pinocchio (suite) Hélas, mes parents, eux, n'ont pas l'air de s'apercevoir que ce n'est pas...
27/09/2026

UNE VIE CONSACREE A LA DANSE
Pinocchio (suite)
Hélas, mes parents, eux, n'ont pas l'air de s'apercevoir que ce n'est pas le vrai Pinocchio.
Ils me laissent seule avec lui pour ma première leçon de musique.
Et moi…
JE N'EN AI PAS ENVIE !
Me voilà seule avec lui.
Pourtant, il a l'air gentil.
Il s'assied derrière un meuble qu'il me présente comme étant un piano. Il effleure le clavier du bout des doigts et m'invite à faire de même.
Puis il joue quelques notes et m'explique que l'on peut reconnaître les sons du piano comme je reconnais le pas de ma mère ou celui de mon père, même derrière une porte fermée.
Le contact est établi.
Je suis sous son charme.
J'adore la musique.
Je veux apprendre.
Apprendre…
Et apprendre encore.
Surtout lorsqu'à la fin de la leçon, il prend un violon et me joue un air de Mozart.
Lorsque mes parents viennent me chercher, je suis enthousiaste.
Je veux apprendre la musique.
Je veux jouer du violon !
La danse ?
Oui… je veux toujours devenir danseuse.
Cela, en revanche, n'a pas changé.
À la fin de l'année scolaire se pose la question du choix de l'instrument.
Pour apprendre le violon, il faut absolument en acheter un, et cela dépasse largement les moyens financiers de notre famille.
De plus, une de mes cousines apprend elle aussi le violon à Marrakech. Chaque été, lorsque toute la famille vient passer un mois de vacances chez nous, c'est le sauve-qui-peut général dès que ma tante annonce :
— Danielle — elle s'appelle elle aussi Danielle — va vous jouer un morceau !
Soudain, chacun se souvient qu'il avait justement quelque chose de très important à faire.
Les uns disparaissent sous les édredons.
Les autres filent au fond du jardin.
Et les moins rapides ont droit à un concert de chats qui miaulent, très fort… et très faux !
Alors, le violon, moi, j'en rêve. J'adore les airs que Pinocchio me joue.
Mais papa et maman, eux, y sont radicalement opposés.
Pinocchio nous conseille alors le piano. On peut en louer un ; cela revient beaucoup moins cher. Et puis, ajoute-t-il avec un sourire, même si l'on en joue mal, cela casse moins les oreilles que le violon.
Hélas, il ne se sent pas capable d'enseigner le piano à une si petite fille.
Il faut donc partir à la recherche d'un professeur de piano.
Peut-être…
A suivre...
Photo Ma maman, mon papa et moi (plus jeune qu'au moment de l'aventure Pinocchio)
P.S. tous les vêtements que mes soeurs, mon frère et moi portions étaient confectionnés par les doigts de fée de notre mère, sans machine à coudre, entièrement cousus, brodés ou tricotés à la main)

27/09/2026

Bonsoir, j'aimerai poser une question à tous mes amis danseurs (-ses), qu'ils soient amateurs ou professionnels: Quel est le pas que vous avez eu le plus de mal à apprendre lorsque vous avez commencé la danse ?
Moi, c'étaient les ports de bras je trouvais très difficile de tenir les bras en seconde. J'avais sept ans, et quand il fallait les tenir pendant un moment, c'était si douloureux que je souffrais vraiment. Je crois même que j'en tremblais.

Joëlle et Danielle Besso — Quand nos jeux sont devenus de la danseD’abord, chez une amie de ma mère.Pendant que les gran...
26/09/2026

Joëlle et Danielle Besso — Quand nos jeux sont devenus de la danse
D’abord, chez une amie de ma mère.
Pendant que les grandes discutaient dans la pièce voisine, Joëlle et moi avions pris l’habitude de prendre les petits animaux en plastique que cette dame trouvait dans les paquets de lessive OMO. Elle en faisait collection sur une étagère, sous son poste de télévision.
Nous les faisions évoluer selon une chorégraphie en chantonnant des comptines enfantines.
Les rondes, les quadrilles, les diagonales, les cercles… tout y passait sous nos petites mains habiles.
Et attention : les rhinocéros avec les rhinocéros, les éléphants avec les éléphants… et suivaient bien les girafes !
Alors, le virus a été de plus en plus fort.
Nous avons commencé à découper des photos dans des catalogues.
Joëlle devait avoir six ou sept ans, mais elle découpait avec une adresse extraordinaire. Elle a toujours été minutieuse et appliquée, très, très habile de ses mains.
Puis nous avons décalqué les silhouettes sur du papier transparent.
Là encore, Joëlle, qui était une excellente dessinatrice, reproduisait les silhouettes sur du papier Canson pour leur faire des tuniques, des tutus, des costumes…
Nous en avions seize, de la même taille, et nous avions décidé que c’étaient seize petits rats de l’Opéra de Paris.
Pendant qu’elle faisait les costumes, je montais la chorégraphie en écoutant un vieux disque sur le tourne-disque de maman.
Quelle patience devaient avoir notre mère et notre grand-mère pour supporter d’entendre la même musique toute la journée ! Nous ne nous arrêtions que pour manger.
Et une fois la chorégraphie montée, il fallait encore l’apprendre !
Joëlle avait les huit côté cour et moi les huit côté jardin.
Quand elles se déplaçaient ensemble, il fallait en prendre quatre par main, réussir à faire bouger nos quatre petits rats en même temps et surtout parvenir à les poser en quadrille !
Quelle folie !
Nous décidions, par exemple, que la représentation aurait lieu le 14 juillet, et il fallait que costumes et chorégraphie soient au point pour cette date.
Le premier ballet que nous avons monté était sur l’ouverture des « Joyeux Bandits » de Suppé.
Nous l’avions appelé « Les Joyeux Bandits » et il racontait l’histoire de contrebandiers qui revenaient dans leur cachette, chargés de trésors.
Ils commençaient à boire, à faire ripaille, puis une jeune fille entrait, vêtue dans le style de la haute bourgeoisie sous Louis-Philippe.
Elle s’était égarée et demandait poliment son chemin.
La stupéfaction faisait place à une grosse rigolade, à des moqueries assez méchantes : ils la singeaient en déformant ses mouvements.
Puis venaient des bousculades de plus en plus effrayantes.
Sur les derniers accords, la jeune fille s’évanouissait, les laissant pantois.
Quand nous avons eu notre école, nous avons souvent donné ce ballet, ainsi que plusieurs autres nés de notre imagination enfantine.
Ils ont toujours remporté beaucoup de succès.
Et pourtant, notre véritable aventure dans la danse n’avait pas encore commencé…
À suivre…
Photo: pose finale des "Joyeux Bandits" 1979

Ce soir, en retrouvant Joëlle…Ce soir, en recherchant une photo dans mes archives, j’ai retrouvé celle-ci.C’est Joëlle, ...
25/09/2026

Ce soir, en retrouvant Joëlle…
Ce soir, en recherchant une photo dans mes archives, j’ai retrouvé celle-ci.
C’est Joëlle, ma jolie petite sœur…
Son premier défilé de mode.
Elle était adorable ! Tous les spectateurs étaient sous le charme et l’applaudissaient à chacune de ses apparitions, tant elle s’investissait dans son rôle de mannequin !
Ce soir-là, elle m’avait volé la vedette. Et pas seulement à moi : elle l’avait aussi volée à tous les mannequins professionnels qui défilaient avec nous !
Elle qui était plutôt espiègle et remuante avait pourtant accepté de rester des heures assise chez l’un des plus grands coiffeurs de l’époque à Toulouse, Monsieur José Queralto, Meilleur Ouvrier de France.
Nous défilions dans de magnifiques robes de conte de fées, toutes deux coiffées par les plus grands coiffeurs de la ville, au milieu de mannequins professionnels.
Je me souviens encore de leur façon de marcher sur le tap*s : elles ne marchaient pas, elles flottaient littéralement, pour mettre en valeur le mouvement des tissus et des robes.
Et nous, derrière elles, nous nous efforcions de les imiter…
Quel fabuleux souvenir ! ❤️

UNE VIE CONSACREE A LA DANSEPinocchio ... Forts du conseil donné par Madame Teychené : « Faites-lui apprendre la musique...
23/09/2026

UNE VIE CONSACREE A LA DANSE
Pinocchio ...
Forts du conseil donné par Madame Teychené : « Faites-lui apprendre la musique, cela lui servira toujours », mes parents se mettent en quête d'un professeur de musique compétent, aux tarifs abordables, qui accepterait une petite fille de quatre ans et demi.
Tâche difficile lorsqu'on ne connaît personne étudiant la musique.
À force de réfléchir, une idée germe dans leur esprit.
Mon grand frère est inscrit au lycée Pierre-de-Fermat. Il y étudie plusieurs matières, dont la musique.
Papa décide donc d'aller voir le proviseur du lycée afin de lui demander son adresse. Coup de chance, ce monsieur habite en ville, tout près de la place du Capitole, dans une petite rue débouchant sur la rue du Taur.
Comme il a un long nez, tous les élèves du lycée l'ont surnommé Pinocchio.
Par un bel après-midi de début octobre, au moment de la rentrée des classes, nous voilà donc, papa, maman et moi, place du Capitole, en route pour rencontrer ce fameux monsieur.
De vieux escaliers grincent et gémissent à chacun de nos pas. Une porte au bout d'un palier mal éclairé. Des voix provenant de l'étage supérieur.
Rien de très rassurant.
Même la sonnette n'inspire pas confiance : un gros bouton noir qui a dû être blanc autrefois.
Dring !
Un bruit sec et métallique.
Puis le silence.
Enfin, des pas qui traînent sur le parquet.
Une clé tourne dans la serrure.
La porte s'ouvre.
Et là…
Déception ! Mensonges ! Tromperie !
Ce n'est pas Pinocchio !
Où sont passés son pantalon rouge, sa chemise jaune et son chapeau tyrolien ?
Ce petit monsieur, strictement vêtu de noir, avec son nœud papillon et ses sourcils ombrageux, n'a absolument rien à voir avec Pinocchio !
Moi, je l'ai vu au cinéma, Pinocchio !
Ce n'est pas lui…
Et ce n'est pas Gepetto non plus !
Non, décidément, ce n'est pas Pinocchio. On ne peut même pas vérifier s'il ment, car lorsqu'il parle avec mes parents, son nez ne bouge pas d'un millimètre !
Il y a tromperie !
Il me t**de déjà de repartir, de rentrer à la maison.
Tant p*s pour la musique !
De toute façon, moi, c'est la danse qui m'intéresse …

Photo: Mon grand frère et moi

Une de nos anciennes élèves. Marie-Pascale, de Math Sup à la scène professionnelle.Marie-Pascale n’avait jamais appris l...
18/09/2026

Une de nos anciennes élèves. Marie-Pascale, de Math Sup à la scène professionnelle.
Marie-Pascale n’avait jamais appris la danse, mais elle en rêvait.
En septembre 1971, elle entre en Math Sup au lycée Pierre-de-Fermat, à Toulouse. Elle demande alors à ses parents de pouvoir s’inscrire à un cours de danse. Elle choisit l’École Besso.
Dès le premier cours, nous comprenons qu’elle possède de grandes qualités pour la danse.
Elle est très souple, comprend immédiatement comment travailler ses pieds, comment placer son corps, trouver son en-dehors et exécuter les pas. Mais surtout, elle se passionne.
À cette époque, nous venons justement d’ouvrir notre classe de formation professionnelle. Elle y découvre Liliane, notre première élève à intégrer cette section. Liliane n’a que 13 ans, mais possède déjà un très bon niveau : elle avait commencé la danse avec nous dans les villages où nous enseignions depuis 1967.
Marie-Pascale est fascinée par son travail et par ce qu’elle découvre de la danse professionnelle.
L’année suivante, elle intègre à son tour la formation professionnelle.
Elle travaille avec une volonté et une énergie extraordinaires. Jour après jour, elle progresse, sans jamais perdre de vue son rêve.
En avril 1976, elle obtient son premier contrat professionnel.
Elle est la première danseuse que nous ayons formée à entrer dans la vie professionnelle.
En septembre 1979, elle devient soliste principale du Ballet de l’Opéra de Berne, en Suisse. Son maître de ballet, Ricardo Duse, chorégraphie plusieurs ballets pour elle.
Quelle émotion, pour nous, de voir ainsi aboutir le travail commencé quelques années auparavant dans notre petite école !
Marie-Pascale vit toujours en Suisse, où elle continue aujourd’hui encore à transmettre son amour de la danse en l’enseignant à son tour.
Et, au fil des années, notre relation a changé de nature : de professeur à élève, nous sommes devenues des amies sincères.
C’est aussi cela, pour moi, une vie consacrée à la danse : voir grandir les enfants que l’on a accompagnés, les voir devenir des artistes, puis parfois avoir la chance de conserver avec eux une véritable amitié.
Merci, Marie-Pascale, pour cette belle histoire que nous vivons ensemble.

Le conseil de DaniellePourquoi ne faut-il pas chercher à ouvrir l’en-dehors à tout prix ?L’en-dehors provient de la rota...
16/09/2026

Le conseil de Danielle

Pourquoi ne faut-il pas chercher à ouvrir l’en-dehors à tout prix ?

L’en-dehors provient de la rotation de la tête du fémur dans la cavité de l’os coxal, au niveau du bassin.

L’ouverture naturelle varie selon les personnes et peut être importante, mais elle ne permet pas à tout le monde d’atteindre les 180° recherchés en danse classique.

Pour obtenir un en-dehors correct, il faut d’abord placer correctement le bassin, avec les os iliaques perpendiculaires au sol. Et même dans ce cas, certaines personnes ne disposent pas d’une ouverture anatomique suffisante.

Il faut donc être très vigilant : l’en-dehors ne doit jamais être fabriqué depuis les genoux ou depuis les pieds.

Lorsque les genoux ne sont plus dans l’axe des cuisses, ils subissent des contraintes et le tibia peut se retrouver en torsion.

Au niveau des chevilles, on peut également voir apparaître une torsion et un affaissement de la voûte plantaire. C’est ce que l’on appelle familièrement « rouler sur les chevilles ».

Les muscles, notamment les rotateurs de la hanche et le psoas, peuvent eux aussi être soumis à des tensions excessives. Une mauvaise utilisation de l’en-dehors peut alors s’accompagner de douleurs, notamment dans le bas du dos, par exemple en favorisant une hyperlordose ou un mauvais placement du bassin.

Et chez les enfants, la vigilance doit être encore plus grande.

Leur appareil locomoteur est encore en développement. Les cartilages de croissance et les articulations sont particulièrement vulnérables aux contraintes répétées et aux mouvements forcés.

C’est pourquoi, dans mon enseignement, je préfère toujours respecter les possibilités anatomiques de chaque enfant plutôt que de rechercher à tout prix une ouverture spectaculaire.

Un bel en-dehors n’est pas celui qui semble le plus grand.
C’est celui qui est obtenu correctement, sans contrainte et sans douleur.

En danse classique, nous devons apprendre à utiliser le corps, pas à le forcer.

UNE VIE CONSACREE A LA DANSELe jour où tout s'est écrouléQuelques jours plus t**d, munis du mot d'Hélène Régelly, nous v...
13/09/2026

UNE VIE CONSACREE A LA DANSE
Le jour où tout s'est écroulé
Quelques jours plus t**d, munis du mot d'Hélène Régelly, nous voilà, mon père et moi, debout face à Madame Teychené.
Pour faire bonne impression, maman m'a aidée à enfiler ma plus jolie robe. Mes socquettes blanches sont impeccables, mes chaussures d'une propreté irréprochable.
— Excusez-moi de vous déranger, Madame. J'ai un mot à vous remettre de la part de Madame Hélène Régelly.
Madame Teychené prend le papier que lui tend mon père, sans dire un mot. Elle reste debout devant nous tandis qu'elle lit la recommandation de Madame Régelly.
Elle est imposante, cette dame. Très imposante.
Elle n'est pourtant pas très grande, mais elle se tient d'une manière extrêmement droite. Son maquillage accentue encore la sévérité de son visage. Selon la mode de l'époque, ses sourcils sont rasés puis redessinés plus haut au crayon noir. Son visage est très fardé, sa bouche d'un rouge éclatant. Je n'ai jamais vu une femme aussi maquillée. Elle me fait terriblement peur.
— Quel âge a votre fille ?
Sa voix est forte, puissante, impérieuse.
Je suis de plus en plus terrorisée et j'ai l'impression que mon père lui-même n'est pas très à l'aise lorsqu'il répond :
— Quatre ans et demi… bientôt cinq.
C'est à peine si elle daigne baisser les yeux vers moi.
— C'est elle ?
— Oui, Madame.
— Il faut attendre sa huitième année.
La réponse tombe, brève, dure, implacable.
— Sa huitième année ?... balbutie mon père. Ce n'est pas possible plus tôt ?
— Non !
Ce « non » est encore plus impérieux, plus définitif.
Un couperet.
Pour moi, c'est le désespoir.
Je sais compter. Je sais qu'après quatre viennent cinq, six, sept et enfin huit. Sur mes doigts, cela signifie quatre longues années à attendre avant de pouvoir apprendre à danser.
Quatre ans.
Une éternité.
Madame Teychené s'apprête à se retourner, mais, apercevant mon air désemparé, elle ajoute :
— En attendant, faites-lui apprendre la musique. Cela lui servira toujours.
Puis elle nous tourne le dos et, pour bien signifier que l'entretien est terminé, gravit l'escalier situé à sa droite.
Papa et moi restons plantés là, interdits.
Je n'ai même pas la force de pleurer. J'ai l'impression de ne plus exister. Je ne sais même pas comment nous nous retrouvons dans la rue.
Dans ma tête résonnent inlassablement les mêmes mots :
« Huit ans... huit ans... huit ans... »
Peu à peu, j'entends enfin la voix douce et aimante de mon papa. Je finis par comprendre qu'il va se renseigner pour des cours de musique. Il pense que c'est une bonne idée puisque Madame Teychené affirme que cela me servira toujours.
— Tu es d'accord, ma chérie ?
Un tout petit « oui » s'échappe de ma bouche.
Ai-je vraiment dit oui ?

Joëlle et Danielle Besso — Ep*sode 1 : une enfance à deuxJoëlle, ma petite sœur chérie, a toujours voulu faire ce que je...
11/09/2026

Joëlle et Danielle Besso —
Ep*sode 1 : une enfance à deux
Joëlle, ma petite sœur chérie, a toujours voulu faire ce que je faisais.
Et moi, je voulais qu’elle fasse des choses que son âge ne lui permettait pas encore de faire. Je pense que c’était à la fois pour ne pas m’ennuyer, mais aussi pour alimenter sa curiosité et sa soif d’apprendre.
Joëlle a toujours eu cette faculté étonnante de lire une chose une seule fois et de la savoir par cœur. Elle disait qu’elle voyait le livre comme s’il était ouvert devant elle.
Mais rien d’étonnant à ce qu’elle « s’accroche » à moi. Notre sœur et notre frère aînés étaient déjà des adolescents lorsqu’elle est née. Et même s’ils me traînaient quelquefois avec eux, il était hors de question qu’ils mêlent un « bébé » à leurs occupations !
Alors, nous nous sommes rapprochées dès qu’elle a pu marcher et parler.
À cette époque, nous habitions à la campagne, un peu isolées, et nous passions tous nos moments de vacances ensemble, seules dans notre grand parc ombragé ou, les jours de pluie, dans le salon vert.
Le salon vert, Joëlle et moi l’appelions ainsi parce que les fauteuils étaient en velours vert foncé. Nous avions l’impression d’être des princesses lorsque nous allions jouer dans ce grand salon.
Au début, nous faisions simplement la dinette… mais c’était un peu ennuyeux.
Alors, nous avons joué à l’école.
Joëlle avait trois ans. Elle ne savait ni lire ni écrire. Alors je le lui ai appris pour qu’elle puisse jouer avec moi.
Nous installions toutes nos poupées, même Nounours ou la poupée bretonne qui, ces jours-là, descendait de son étagère pour venir faire une élève supplémentaire.
Dans mes vieux cahiers, j’avais découpé des couvertures et des pages, puis je les avais cousues pour en faire de petits cahiers.
J’étais la maîtresse, bien sûr, et nous faisions des devoirs d’écriture et de calcul — faciles !
Joëlle y mettait tout son cœur.
En grandissant, nous avons perfectionné ce jeu… puis nous avons dévié vers la danse.
Et, sans le savoir, nous commencions déjà à construire toute notre vie.

Bonjour,Aujourd’hui, je voudrais vous parler des épaules.En danse classique, il faut les garder basses et ouvertes.Pas s...
09/09/2026

Bonjour,
Aujourd’hui, je voudrais vous parler des épaules.
En danse classique, il faut les garder basses et ouvertes.
Pas seulement par tradition, pour ressembler aux danseurs de l’époque de Louis XIV, qui portaient des costumes et des traînes tellement lourds qu’ils ne pouvaient ni lever les épaules à cause du poids qui reposait sur elles, ni les fermer vers l’avant, car ils n’auraient jamais pu faire suivre leur longue traîne chargée de bijoux.
Mais surtout pour des raisons à la fois esthétiques et techniques.
Des épaules basses favorisent l’allongement de l’arrière du cou et mettent en valeur les ports de bras. Les danseurs ont ainsi ce que l’on appelle parfois un « cou de cygne » : souple, long et mobile. Cela donne un très beau port de tête, beaucoup d’élégance et de prestance.
Des épaules bien placées permettent également d’éviter les crispations à l’avant du cou et les tensions inutiles. Les ports de bras deviennent plus libres et plus amples. Ils semblent alors légers comme l’air, parce qu’ils s’articulent correctement au niveau des omoplates, tandis que les clavicules restent immobiles.
Des épaules ouvertes stabilisent également le haut du corps et nous obligent à engager le dos et le ventre. Elles permettent d’éviter de bloquer la respiration et de contracter les trapèzes, les muscles du cou et même ceux du visage lorsque l’effort devient intense.
En danse classique, la beauté du mouvement naît souvent d'un placement juste.
Je vous souhaite une bonne semaine de recherche ! 🌸

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