30/07/2026
Aujourd'hui, je pars.
On part.
Qu'est-ce que j'aime partir ! Partir pour l'horizon incertain, rempli de tout ce qui deviendra souvenir, expérience, joie, larme, découverte… vie. Un horizon d'émerveillement et d'apprentissage.
Nous devions partir au Cap Nord, en Norvège. En dix minutes, nous avons décidé de partir à l'opposé de tout ce que nous avions projeté. L'aventure est déjà là.
J'ai tellement attendu ce départ. Cette fois, il est parfait. Parfait parce que dans cet instant, il y a tous les ingrédients pour que je touche la plénitude. Je pars avec l'homme que j'aime et avec mes deux piou-piou… tout ce qui rend ma quête, ma respiration et ma vie douces.
Pour la première fois depuis le départ de ma mère, je suis complète.
Maman est partie. Et pour la première fois, elle est pleinement dans mon cœur. Son cœur est dans mon cœur. Nous sommes plus proches que jamais. Rumi a passé sa vie à chercher l'Aimé pour découvrir qu'il était en lui depuis toujours. Ma mère est en moi depuis toujours. J'ai mis vingt-deux ans à le sentir.
Je pars pour fêter mes premières cinquante années et ouvrir une porte merveilleuse vers les cinquante prochaines. Jung écrit que la première moitié de la vie construit le moi ; la seconde le traverse pour trouver le Soi. Il appelle ce passage l'individuation. Devenir entièrement ce que l'on est. Je franchis ce seuil. En marchant. En aimant. En cherchant.
Et pour dire au revoir à maman.
Nous sommes nées le même jour, le même mois, à une minute de différence. J'ai senti dans mon corps et dans ma chair le moment où, à l'autre bout du monde, elle partait. Mon au revoir est resté dans ma gorge. Pendant vingt-deux ans. Petite, je lui disais : « Maman, tu exagères, quand tu seras morte je devrai penser à toi le jour de mon anniversaire… » Ce jour est arrivé.
Le 19 août, à midi, je laisserai partir maman. Et ce sera moi la maman. La plus vieille femme de ma lignée. Celle qui veille.
D'où le « Va vers toi ».
En hébreu, Magdala signifie la tour. Marie-Madeleine était la tour : la première à reconnaître, la dernière à partir, celle dont la voix a été confisquée pendant vingt siècles. L'archétype de la femme qui sait.
Aller vers moi aujourd'hui, me trouver, c'est chercher à travers elle et à travers nos croyances pourquoi, au XXIe siècle, le féminin et la place de la femme restent un sujet. Je cherche à l'intérieur et à l'extérieur. Une quête entre ciel et terre, entre chair et âme.
Je t'emmène.
Un mois sur les traces de Marie-Madeleine. Avec Santiago, Leandro et Christophe. Jusqu'à Chypre… peut-être Magdala.
Delphes, là où il est gravé « Connais-toi toi-même ». Va vers toi. Le Mont Athos et son silence d'hommes, au cœur d'une quête de femme. La Turquie de Rumi, lui qui cherchait l'Aimé partout et a fini par frapper de l'intérieur. La Bulgarie des Bogomiles, dissidents de l'âme qui cherchaient le lien direct entre eux et le ciel. Les Balkans.
C'est le premier post de ce voyage. Pendant un mois, tu marcheras avec nous. Tu verras ce que je vois. Tu liras ce que le chemin m'écrit.
La question que je porte en partant, je l'ai commencée à l'écrire. Marcher pour se retrouver… ou d'abord se trouver ? L'article est en commentaire.
Je t'écris un jeudi parce que je suis née un jeudi, à midi.
Va vers toi.