12/07/2026
Le Kendo est un portail.
Plus qu’un ensemble de techniques et de rites, c’est un chemin de vie. La culture dont il est issu souvent nous fascine. Pour beaucoup d’entre nous, l’appétence pour le Japon a précédé et provoqué notre entrée au Dojo. Alors que la pause estivale s’installe, voici l’heure de cultiver notre esprit, nos connaissances et de partager les œuvres qui nous ont marqués !
Comme le disait Fabien-Sensei : « on ne pratique pas le Kendo depuis son fauteuil, entouré de livres. On ne pratique pas plus le Kendo sans s’instruire. »
Cela étant dit, n’oubliez pas une règle essentielle : faites vos Suburi !
Débutons par un livre rare, dont j’ai la chance de posséder un exemplaire : Les Japonais et le Sabre, de Yoshimura Kenichi, Kyoshi 8e Dan de Kendo (et fondateur du Kendo en France).
Cet ouvrage magnifique est une plongée dans la philosophie du sabre, des préceptes qui entourent cet acier, son tranchant et son maniement. Plus qu’un livre d’art, il explore le rapport entre une nation, son passé, son présent et cet objet qui a traversé les siècles… Jusqu’à nos Dojos. Si vous en croisez un exemplaire et qu’il est abordable, n’hésitez pas, c’est un joyau !
(vous faites vos Suburi, j’espère)
Dojo, le Temple du Sabre, de Pierre Delorme, est à la fois un récit autobiographique et une plongée dans le Japon des années 70.
L’auteur y a fréquenté un Dojo tokyoïte où la rigueur et l’excellence étaient la norme. Son Sensei, un très haut gradé nommé Okada, y est aussi exigeant que doué. Le Français vivra dans ce Dojo une expérience humaine et martiale unique en son genre. Si on peut reprocher à cet ouvrage ses indiscrétions sur l’intimité des autres expatriés (considérations tout à fait dispensables), il n’en reste pas moins une fenêtre ouverte sur une époque, un lieu et un cheminement !
Si la chaleur vous accable et rend la lecture pénible, aucun souci ! Entre deux séries de Suburi, profitez du canapé, d’un ventilateur et regardez donc un film !
Le joueur de Go, 2024, nous plonge dans le Edo de la fin du 19e siècle.
Nous y suivons un samouraï sans maître, mais pas sans passé, dont la technique au Go est impeccable. Monsieur Yanagida, c’est son nom, vit dans une certaine pauvreté avec sa fille Okinu. Tous les deux artisans, ils accumulent les loyers en re**rd. La rencontre de Monsieur Yanagida avec Genbei, un riche marchand d’objets art, déclenche une série d’événements qui va remuer le passé du rônin, et décider de l’avenir de tous les protagonistes.
Le Joueur de Go est un film au rythme lent et doux ; il s’agit certes d’une tragédie, mais c’est avant tout une histoire à hauteur d’humains. Le Go y est un thème fort : c’est à travers sa pratique que Monsieur Yanagida exprime ses valeurs (intégrité et sincérité) et influe sur le monde autour de lui. Deux scènes de duel ponctuent un film sinon très calme. Mais la qualité l’emporte sur la quantité (avec une mention spéciale pour la deuxième de ces scènes).
(partants pour une autre série de Suburi ?)
Le Samouraï du Crépuscule, sorti en 2002, nous plonge dans le quotidien des samouraï « fonctionnaires » de l’ère Edo.
Ces vassaux, autrefois de terribles guerriers, sont dorénavant des administrateurs qui, une fois la journée finie, se retrouvent dans un débit de boissons. Tous, sauf un : Seibei. Mal rémunéré, ce serviteur a deux filles à sa charge, ainsi qu’une mère sénile. Il travaille une parcelle de terre et entretient aussi bien que possible les apparences… Mais ça n’est pas suffisant. Remarqué par un dignitaire pour sa tenue dégradée, il va faire l’objet de davantage de moqueries, jusqu’à ce que les conflits politiques internes à son domaine et les passions amoureuses l’emportent, lui aussi.
Lui aussi tragique, Le Samouraï du Crépuscule est l’opportunité de (re)découvrir les tensions sociales et les agitations d’un monde de guerriers qui sont privés de champ de bataille, tout en étant élevés dans un code strict et un esprit de sacrifice et de gloire. Le personnage principal est particulièrement touchant, dans sa détresse silencieuse, qu’une hygiène déplorable met malgré tout en évidence. Un bijou à ne pas rater !
(et les Suburi, vous en êtes à combien, au juste ?)
Profitez de votre été et au plaisir de vous croiser sur le parquet !