06/10/2026
🥋 L’HISTOIRE DU TAEKWONDO GABONAIS À TRAVERS MON HISTOIRE
🇬🇦 CÔTE-D’IVOIRE & GABON — LA RENCONTRE RETOUR 🇨🇮
📅 Vendredi 25 juillet 1986
Vendredi 25 juillet 1986…
Un simple vendredi pour beaucoup. Mais pour nous, pratiquants de Taekwondo, ce jour allait rester gravé dans nos mémoires.
Et franchement, si le Seigneur avait dit à dementos, le chanteur de a quel niveau, que son fameux vendredi allait devenir pour nous une journée de stress, de pression et d’adrénaline… je pense qu’il n’aurait peut-être jamais chanté cette chanson ! 😂
Et là, je vous parle d’une rencontre qui remonte à 40 ans. Alors, pardonnez-moi si certains détails me manquent. Je ne vais pas aller chercher les informations chez quelqu’un d’autre : je vous raconte une histoire que j’ai vécue. Ce sont mes souvenirs, mes émotions et ce que j’ai gardé de cette époque.
À cette époque, le vendredi chez nous, c’était déjà le début du week-end. Alors, quand on entendait :
— « On va au gymnase Président Bongo ! »
La question venait immédiatement :
— « Il y a quoi là-bas ? »
Et la réponse :
— « Mon frère, parle vite ! C’est le PDG qui organise quelque chose ! » 😂
Pour ceux qui n’étaient pas au Gabon à cette époque, lorsqu’un grand événement était organisé par le PDG, il fallait du monde. Et le public répondait présent. Pour certains, c’était aussi l’occasion de soutenir le « grand camarade » et, pourquoi pas, de bénéficier de quelques avantages. 😅
Mais pour nous, sportifs et pratiquants d’arts martiaux, ce qui comptait surtout, c’était l’événement sportif.
Je ne me souviens même plus si nous avions eu un regroupement particulier de l’équipe ce jour-là. Ce dont je me souviens parfaitement, c’est que nous sommes partis du Club 105 à bord d’un minibus.
Et lorsque nous sommes arrivés au gymnase Président Bongo… 😳
Impossible d’entrer !
Les entrées étaient bloquées. Il y avait du monde partout. Les gens étaient tellement nombreux qu’on avait l’impression que tout Libreville s’était donné rendez-vous là-bas.
Je vous jure que rien qu’en voyant cette foule, j’ai eu des frissons.
Le rythme cardiaque était déjà monté d’un cran.
Et je vais vous dire quelque chose aux pratiquants et surtout aux compétiteurs : si, avant un grand combat, vous ne ressentez absolument rien, il faut peut-être commencer à vous poser des questions ! 😂
Le minibus a finalement pu entrer directement par l’arrière, jusqu’aux vestiaires qui n’étaient pas très loin de l’entrée.
À cette époque, l’entrée était gratuite. Les compétitions et les grands événements sportifs étaient rares. Alors, lorsqu’on avait la chance de pratiquer un art martial et qu’un événement comme celui-là était organisé, on y allait.
Et puis, les disciplines de combat étaient nombreuses : 🥊 boxe, karaté, judo, Taekwondo… et bien d’autres.
Mais surtout, nous étions solidaires.
On venait soutenir le sport. On venait soutenir les sportifs.
Et ça aussi, c’est l’esprit des arts martiaux. 🥋
🇨🇮 L’entrée des Ivoiriens… puis celle des Gabonais 🇬🇦
Les Ivoiriens sont entrés les premiers dans le gymnase. Les athlètes et les dirigeants se sont alignés.
Puis le maître de cérémonie annonce :
« L’équipe militaire du Gabon ! »
En réalité, il s’agissait du Club 105, un club composé de militaires et de civils. À cette époque, nous n’étions même pas encore structurés comme une association telle qu’on l’entend aujourd’hui.
Mais dans mes souvenirs, je n’avais jamais vu autant de monde dans le gymnase Président Bongo.
Je me souviens notamment d’un autre grand événement de karaté autour de Valère Dominique, grand maître de karaté. Mais ce jour-là… franchement, l’ambiance était particulière.
Nous sommes entrés.
Et personnellement…
Je n’étais plus vraiment moi-même.
Il y avait trop de monde !
Cela ressemblait à la rencontre en Côte-d’Ivoire, mais comme on dit chez nous :
« Pardon… là, seul le Seigneur savait ! » 😂
Il n’y avait pratiquement plus de places assises.
Les athlètes étaient installés des deux côtés de la largeur du gymnase.
L’ambiance était électrique.
Et les combats ont commencé.
🥋 Premier combat : Gabon 0 — Côte-d’Ivoire 1
Imbong, du Gabon, entre en scène face à son adversaire ivoirien.
Résultat :
🇨🇮 Côte-d’Ivoire : 1
🇬🇦 Gabon : 0
Moi, je reste concentré.
Cela ne me perturbe pas encore.
Deuxième combat.
Mavioga, pour le Gabon.
Résultat :
🇨🇮 Côte-d’Ivoire : 2
🇬🇦 Gabon : 0
Et là…
Ma concentration commence à changer de nature.
Je commence à comprendre que nous sommes vraiment dans une rencontre difficile.
❤️ Troisième combat : Ongoungou Mathurin
Vient ensuite la troisième catégorie.
Ongoungou Mathurin.
Mon frère d’armes.
Il avait été avec moi en Corée. C’était un fin combattant. Et lui aussi avait encore en mémoire la rencontre en Côte-d’Ivoire.
Quand son nom est appelé, les combattants prennent place sur l’aire de combat.
Mathurin sait qu’il est chez lui.
Je ne peux pas dire ce qui se passait exactement dans sa tête à ce moment-là, mais j’essaie de l’imaginer.
Le combat commence.
Je suis attentif.
Et lorsque le combat se termine, le verdict tombe :
🇨🇮 Côte-d’Ivoire : 2
🇬🇦 Gabon : 1
À ce moment précis, dans ma tête, je ne voulais plus qu’une seule chose :
ÊTRE SUR LE TATAMI.
Et puis…
Le speaker annonce :
« Mavoungou Nestor du Gabon ! »
Il commence à annoncer mon adversaire, mais honnêtement, je n’ai même pas attendu la suite.
J’étais déjà en direction de l’aire de combat.
Je me place devant l’arbitre.
Et là…
Je vous laisse imaginer l’ambiance.
🔥 Le gymnase Président Bongo est en ébullition !
Je remarque alors que mon adversaire, à l’appel de l’arbitre, se met à faire de grands écarts : gauche, droite…
Je regarde.
Je fais demi-tour.
Je retourne dans mon coin.
Devant mon coach, le major Aworet, et le Grand Maître Ollomo, je me mets à mon tour à exécuter :
➡️ grand écart gauche
➡️ grand écart droit
➡️ grand écart facial
Et là…
Le gymnase se lève comme un seul homme !
😂🔥
Je venais de faire monter la température avant même le début du combat.
Et surtout…
Je me suis senti remonté.
Lorsque mon adversaire arrive devant moi, je le regarde droit dans les yeux.
À cet instant, je comprends quelque chose :
Les entraînements sur les palmiers et sur la planche avaient finalement porté leurs fruits.
J’étais prêt.
L’arbitre ordonne le salut.
Nous saluons.
Puis mon adversaire me tend ses deux poings fermés.
Je tends également les miens.
Il veut alors faire comme les boxeurs et frapper ses poings contre les miens, assez fort, probablement pour m’impressionner.
Mais j’avais compris son intention.
Je retire mes mains.
Il frappe dans le vide.
Et là, dans ma tête :
« Bon… j’ai déjà pris un petit avantage psychologique. » 😂
Et finalement, ce n’était pas qu’une impression.
J’avais compris qu’il voulait prendre l’initiative en attaquant le premier.
Erreur.
Parce que ses attaques devenaient prévisibles.
Je retrouvais dans ses mouvements quelque chose qui me rappelait les trois palmiers sur lesquels je m’entraînais et que j’utilisais comme repères pour anticiper les attaques.
À chaque attaque, je trouvais l’ouverture.
À chaque fois, la riposte me donnait l’avantage.
Mais malgré cela…
Nous arrivons jusqu’à la troisième reprise.
Et au terme du combat :
🇨🇮 Côte-d’Ivoire 2 — Gabon 2 🇬🇦
ÉGALITÉ !
Le gymnase est debout.
On aurait dit un match de football de première division !
😂
Je vous laisse choisir les équipes et les joueurs…
🔥 Cinquième catégorie : Guy Serge Messamet
Arrive ensuite le cinquième combat.
Et là…
Guy Serge Messamet.
Le seul combattant gabonais à avoir remporté son combat lors de la rencontre en Côte-d’Ivoire.
À cette époque, la pratique du Taekwondo était encore très liée au milieu militaire, même si nous avions déjà des civils et notamment des élèves.
Nous avions également notre Grand Maître coréen.
Dans les tribunes, il y avait des militaires de différentes unités, des pratiquants d’autres disciplines, des jeunes lycéens… et notamment ceux qui connaissaient le combattant qui allait entrer en scène.
Parce que Guy Serge était aussi élève au Lycée Technique Omar Bongo.
Et lorsqu’on annonce son nom…
La peur avait changé de camp.
Comme on disait en Côte-d’Ivoire :
🌶️ « Gabonais mange pas piment ! »
Mais cette fois-ci, les choses étaient différentes.
Et ce n’était pas pour rien.
Guy Serge est resté, dans mes souvenirs, le seul combattant invaincu de toute sa carrière sur les tatamis.
Respect à toi, vieux frère. 🫡
Le combat se termine.
Le public est en délire.
Et comme lorsque Zidane prenait le ballon au football… 😂
Le tableau affiche :
🇨🇮 Côte-d’Ivoire : 2
🇬🇦 Gabon : 3
Le Gabon prend l’avantage !
🇲🇦 Le sixième combat
Puis arrive Maître Kébat, fraîchement revenu du Maroc 🇲🇦 où il poursuivait ses études.
Il avait également connu de beaux jours dans le Taekwondo marocain.
Sur le tatami, il tient tête à son adversaire ivoirien.
Pour moi, il avait fait le nécessaire pour remporter ce combat.
Mais, à la grande surprise de beaucoup, le maître gabonais décide finalement de donner la victoire à l’Ivoirien, par respect pour Grand Maître Kim, qui était alors le plus haut gradé et l’un des pionniers majeurs du Taekwondo en Afrique.
Je profite d’ailleurs de cette histoire pour tirer mon chapeau à Grand Maître Kim. 🫡
Je l’ai revu bien plus t**d en Côte-d’Ivoire, lors de mon passage de grade Kukkiwon, où il présidait la commission de passage de grade.
Respect, Maître.
Le tableau devient alors :
🇨🇮 Côte-d’Ivoire 3 — Gabon 3 🇬🇦
Égalité parfaite.
Mais comme on dit toujours…
Le malheur n’arrive jamais seul. 😅
Les deux derniers combats tournent finalement en faveur de la Côte-d’Ivoire.
Score final :
🇨🇮 CÔTE-D’IVOIRE 5 — 3 GABON 🇬🇦
Nous avions perdu.
Mais malgré cette défaite, pour nous, cette rencontre restera une magnifique performance, une expérience exceptionnelle et surtout une nouvelle étape dans notre apprentissage.
Parce qu’au-delà du score, il y avait le courage, la fraternité, le dépassement de soi et cette volonté de représenter fièrement notre pays.
Et surtout…
l’histoire ne s’arrête pas ici.
🥋🇬🇦 La suite de l’histoire du Taekwondo gabonais à travers mon histoire continue…
À suivre. 👊🏾