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22/03/2025
Le jour où on nous a volé près de 10 Millions en pleine journée en Entreprise.
Un jour, deux personnes viennent se mettre au secrétariat et disent qu'ils veulent faire la commande d'un produit.
Après, l'un d'eux ouvre le sac et met l'arme sur la jeune fille et lui dit : 'Tu m'accompagnes au bureau, là où il y a la caisse. On sait où se trouve la caisse. 'Accompagne-nous.'
Elle monte, sachant déjà qu'elle a l'arme sur la tête.
Elle fait tout pour déjouer en signalant aux autres employés que ce sont des agresseurs.
Donc, les gars marchent tranquillement en plein 11h, l'arme sur la tête.
On ne voit pas l'arme, parce que c'était derrière.
Et elle ne fait qu'avancer jusqu'au bureau.
On arrive dans le bureau de la dame, c'est calme.
Tous les autres sont en train de travailler. Il ne se rendent compte de rien.
On dit : ouvre le coffre-fort.' Elle ouvre. On dit : prend l'argent, tu mets dans le sac.
C'était 3,6 millions dans un premier coffre.
Il y avait de l'argent d'un fournisseur.
Et pendant ce temps, il y a une qui se rend compte qu'il y a les bandits.
'
Elle a pu s'échapper dans le noir et m'appelle de son bureau pour dire : 'Il y a des bandits dans la salle.
Ils sont armés.' Ce jour-là, j'avais une amie notaire qui était dans mon bureau avec un autre monsieur.
Je lui dis : 'Appelons la police. Utilisez vos téléphones. Vous appelez la police.'
Et c'est à ce moment-là qu'on comprend qu'il faut avoir la maîtrise.
J'ai perdu le contrôle. Je ne savais même plus comment déverrouiller mon téléphone.
Mais dès que j'arrive à déverrouiller, je me cache dans les toilettes de mon bureau. Je vois il y avait plusieurs commissaires.I
Je lance un premier. Ça ne sonne pas. Je lance un deuxième, un troisième, ça ne sonne pas.
Le quatrième, je lance. C'est mon ami d'enfance qui est commissaire, avec qui on a fait l'internat.
Je préfère garder son nom ici. Et dès que je lance, je lui dis : 'Il y a des bandits en entreprise.
S'il te plaît, organise pour qu'on vienne nous sauver, pour qu'on ne tue pas des gens ici. S'il te plaît.'
Il m'a donné une réponse qui m'a fait avaler mon cœur. Il me dit : 'Appelle le 15 00.'
Valère BELIAS : Non, froidement, comme ça ?
Je dis : 'On est en train de m'agresser. Je ne peux pas parler fort.'
Il connaît l'usine. C'est mon ami d'enfance.
Je n'ai pas dit que j'ai appelé un inspecteur de police, commissaire.
Quand je raccroche, les bandits sont déjà dans mon bureau. Il est où ?
J'ai eu l'impression que je pouvais bloquer les portes de la do**he vu la distance
Mais les gars m'ont tellement appuyé que j'ai eu un problème au niveau du rein.
C'était très fort. Et ils ont tiré sur moi.
Ah, oui, oui. Sur la main. Ils ont tiré sur la main. J'ai une blessure là, parce que je criais.
J'ai crié : 'Au voleur ! Au voleur ! Et à la fin, j'ai dit : 'Ne tuez personne, s'il vous plaît.
Surtout, ne tuez pas un employé. Si c'est moi, amenez-moi là où vous voulez.
Et je leur dis : 'J'ai suffisamment d'argent dans mon bureau. C'est une manière de détourner, parce que je savais que, selon moi, le commissaire est en train de faire ce qu'il faut.
Donc, je cherchais à perdre le temps. Je leur donne mon téléphone. Ils disent : 'On n'a pas besoin de ton téléphone.
C'est sûr que c'est tracé.
Un d'eux demande les clés de ma voiture. Je lui dis : 'Oui, allons-y. Tu vas nous conduire.'
Je dis : 'Oui, il n'y a pas de souci.' Après il dit : 'Non, non, non. Sa voiture doit avoir le GPS.'
Je dis : 'Oui, mais allons-y là où vous voulez.' Je savais que je perdais le temps.
Mais hélas, on a appelé partout. La gendarmerie, personne n'est venu.
Ils avaient porté le coffre. Ils ont laissé la voiture. Ils sont partis.
4 mois après, ils sont revenus dans la nuit. Ils ont vidé tous les ordinateurs, ils ont volé tout. Ils sont partis.
C'était des 2019. Ça a été un des moments très difficiles.
Valère BELIAS : Mais du coup, quand ils sont partis, ils sont partis avec combien, à peu près, au total ?
Thierry NYAMEN : En espèce, je crois, c'était 4 à 6 millions.
Curieusement, ils ont laissé tous les téléphones. Mais ils ont porté un coffre-fort entier.
Ils sont partis avec. Ils n'ont pas voulu casser sur place, parce que l'autre fille avait dit qu'elle n'avait pas les clés le temps qu'on la menaçait.
Ce sont des situations assez compliquées pour un entrepreneur. Même pour l'équipe sur place, c'est traumatisant.
Et malheureusement, on lance des enquêtes qui ne finissent jamais.
Après ça, je commence à vivre un certain nombre de cauchemars.
Je ne sais pas s'il y a des Camerounais qui croient à la justice. Moi, personnellement, je n'y crois plus.
Parfois, vous appelez un magistrat ou un hiérarchique. C'est lui-même qui te dit : 'Tu sais que notre système est assez compliqué.'
Valère BELIAS : Sans blague !
Thierry NYAMEN : En tout cas, l'entrepreneuriat au Cameroun, nous devons travailler sur plusieurs choses.
Le business n'est plus seulement le business. C'est à dire j'ai fait un bon produit, et je vends. Il y a le relationnel qui peuvent sauver.
Il y a des gens qui peuvent, dans la valeur perçue ou de l'image que tu peux refléter, te protéger.
Et parfois, je ne sais pas si ce sont les prières ou si ce sont les chapelets qui vont sauver un peu les Africains.
C'est dur, parce que c'est des moments où 4 millions, ce n'est pas le bénéfice. 4 millions, c'est l'argent d'un fournisseur qu'il faut aller payer le lendemain.
Et parfois, le fournisseur aussi ne te croit plus, parce que beaucoup ont simulé que non, c'était le vol.
Donc, il faut rembourser un argent pour lequel on n'a pas travaillé.
Sans mentionner que pendant la période de COVID, les ventes, les marges ont diminué pendant qu'on a augmenté le carburant.
27/04/2024
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