03/10/2026
🏉 AUDIT AD CONSEIL SUR HARCÈLEMENT SE**EL :
LA FFR CONTRAINTE DE COMMUNIQUER CE RAPPORT EXPLOSIF
LE CONSEIL DE PRUD’HOMMES MET LA FFR AU PIED DU MUR
Le 27 novembre 2025, le Conseil de prud’hommes de Longjumeau a rendu une ordonnance en référé intéressante.
Jacques Girardin, ancien directeur médical de la FFR, licencié en juillet 2025, demandait la communication du rapport d’enquête réalisé par le cabinet AD Conseil, rapport sur lequel reposaient plusieurs des griefs formulés contre lui.
La FFR refusait de lui communiquer ce document.
Le Conseil de prud’hommes en a décidé autrement.
Il a ordonné à la Fédération de transmettre l’intégralité du rapport, annexes comprises, dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 100 € par jour de re**rd pendant 90 jours.
[CONSULTER L’ORDONNANCE DU CONSEIL DE PRUD’HOMMES](https://www.doctrine.fr/d/CPH/Longjumeau/2025/UAC12E4ACFC5EC9E90FE6)
Et ce n’est pas un simple détail de procédure puisque le Conseil relève que les principaux griefs reprochés au directeur médical sont liés aux conclusions de cet audit.
Autrement dit : la FFR a utilisé un rapport pour justifier un licenciement, mais refusait que le salarié puisse en obtenir communication pour préparer sa défense.
Le juge des référés a considéré que cette situation justifiait la communication du document.
POURQUOI CE RAPPORT EST-IL AUSSI SENSIBLE ?
Parce que l’audit AD Conseil ne porte pas uniquement sur le comportement de l’ancien kinésithérapeute de l’équipe de France féminine de rugby à 7.
Les faits reprochés au kinésithérapeute n’étaient pas présentés par la FFR comme de simples comportements déplacés.
Dans son communiqué de mai 2025, la Fédération indiquait que le rapport préliminaire d’AD Conseil faisait apparaître des agissements qui « pourraient être qualifiés de harcèlement et d’agression se****le ».
Le kinésithérapeute a été licencié pour faute grave, sans préavis ni indemnité, et les éléments ont été transmis au procureur de la République.
Mais selon les éléments révélés par L’Équipe, il examine également la manière dont les signalements ont été reçus et traités au sein de la FFR.
UN SIGNALEMENT CLASSE SANS SUITE PAR FLORIAN GRILL
Le rapport fait notamment état d’un signalement adressé en août 2024 à Florian Grill et à plusieurs responsables fédéraux.
Selon AD Conseil, ce signalement aurait été traité pendant environ un mois avant d’être classé sans suite.
Le cabinet parle alors de « dysfonctionnement manifeste ».
La FFR conteste cette interprétation et affirme que le dossier était toujours en cours de traitement.
Cette divergence est essentielle car elle signifie que l’audit ne pose pas seulement la question de la responsabilité d’un kinésithérapeute mais aussi celui dysfonctionnement de la Fédération face aux alertes qui lui sont adressées.
UN AUDIT QUI PEUT DONC ÊTRE EMBARRASSANT POUR LA GOUVERNANCE
Le rapport aurait recueilli de nombreux témoignages de joueuses et de membres du staff et décrit un ensemble de dysfonctionnements dans la prévention et le traitement des violences sexistes et se****les.
L’enquête pénale concernant cette affaire est toujours présentée comme étant en cours.
La FFR s’est constituée partie civile mais cette constitution ne règle évidemment pas la question des éventuelles responsabilités qui pourraient apparaître au cours de l’enquête.
Et c’est précisément pourquoi la communication du rapport est importante.
Que contient exactement l’audit ?
Quelles responsabilités identifie-t-il ?
Qui a été informé ?
Quand ?
Quelles décisions ont été prises ?
Et surtout :
pourquoi la FFR ne voulait-elle pas communiquer ce rapport au directeur médical alors qu’elle s’en servait pour fonder une partie de son licenciement ?
UNE ÉTRANGE INVERSION AVEC L’AFFAIRE NOVÈS
Il est intéressant de rappeler qu’en 2020, Florian Grill dénonçait le licenciement de Guy Novès et déclarait que Bernard Laporte l’avait effectué « avec un audit qui n’existait pas ».
Cette fois, l’audit existe
Il a été commandé par la FFR.
Il a servi de fondement à des griefs contre un cadre dirigeant.
Mais la Fédération ne voulait pas le lui communiquer.
C’est finalement la justice prud’homale qui l’a contrainte à le faire.
la transparence que l’on exigeait hier devrait être la même lorsque l’on exerce aujourd’hui le pouvoir ?
LE COÛT POUR LA FÉDÉRATION
Le licenciement de Jacques Girardin intervient dans un contexte où les dépenses liées aux départs des salariés étaient déjà importantes.
Les comptes 2023/2024 faisaient apparaître :
➡️ 115 806 € de ruptures conventionnelles ;
➡️ 28 418 € d’indemnités de licenciement ;
➡️ 210 281 € d’indemnités transactionnelles.
Soit 354 505 €.
Montants antérieurs aux départs et licenciements intervenus ensuite.
Jacques Girardin percevait, selon l’ordonnance prud’homale, une rémunération moyenne de 10 402,70 € bruts par mois sur treize mois, avec notamment un logement de fonction.
Si le licenciement devait faire l’objet d’une procédure au fond, les conséquences financières pourraient donc être significatives.
À ce jour, je ne trouve toutefois pas de décision publique établissant qu’une saisine au fond a été engagée.
ET C’EST LÀ QUE NOTRE ARTICLE DE SEPTEMBRE 2025 PREND UN AUTRE SENS
Le 11 septembre 2025, j’avais publié un article sur les départs annoncés ou envisagés de plusieurs cadres dirigeants.
Depuis, les changements se sont confirmés.
- Florent Lajat, directeur général adjoint, a quitté la FFR fin 2025.
- Le directeur médical, Jacques Girardin, a été licencié.
- Le directeur financier a aussi été licenciés dont suppression
- Seule la Directrice des ressources humaine semble avoir été épargnée par rapport à nos informations.
Cela représente tout de même le licenciement simultané de 3 hauts cadres de la FFR
Alors l’audit AD Conseil était-il uniquement destiné à établir les responsabilités dans l’affaire des signalements, ou a-t-il également accompagné une recomposition plus large de la direction fédérale ?
UN DOSSIER QUI EST LOIN D’ÊTRE TERMINÉ
L’enquête pénale est toujours en cours.
Le contenu de l’audit soulève des questions sur le traitement des signalements.
Le directeur médical a obtenu en référé la communication du document qui a servi de base à plusieurs griefs de son licenciement.
Et une éventuelle saisine au fond du Conseil de prud’hommes pourrait encore ouvrir un nouveau chapitre.
Celui plus sensible de comment la Fédération traite les alertes qui lui sont adressées, la manière dont elle établit les responsabilités et la manière dont elle utilise ensuite ses propres rapports dans ses décisions de gestion.
Et derrière tout cela, il y a une réalité très simple :
c’est avec l’argent des clubs que fonctionne la FFR.
Ils sont donc en droit de savoir.